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axes thématiques

 

Sans être limitatives ni représenter une priorisation, les propositions thématiques suivantes soulèvent différentes questions pouvant être travaillées dans le cadre du CIRFF 2015 :

1. Contribution des recherches féministes de langue française à l’avancement des connaissances

Outre les réflexions relatives à la réception et à la place qui sont réservées aux recherches féministes dans l’espace scientifique, artistique ou militant, il s’agit de se demander comment penser les liens entre théories, créations et pratiques. Quelles sont les résistances à la transmission des savoirs féministes? Comment se manifestent-elles et comment les dépasser? Comment mettre à profit la pluralité des études féministes? Comment les recherches féministes questionnent-elles ou font-elles avancer différents savoirs ou pratiques historiques, culturelles, politiques, économiques et sociales? Quelles sont les spécificités des recherches, des pratiques et des créations féministes dans la francophonie, leurs apports et leurs zones d’ombre? Quels sont les disciplines, domaines et thèmes de recherche à (ré)investir?Qu’est-ce que l’étude des représentations artistiques et culturelles apporte au mouvement? Quels sont les enjeux et les défis associés aux rapports entre les recherches féministes et la société civile, l’État, le gouvernement?

Cet axe suggère également des questions relatives aux convergences et aux divergences qui caractérisent les différents courants de pensée et disciplines dans le champ des études féministes. Quels sont les grands débats, idées et tendances au sein des études féministes francophones? Comment (re)discuter certaines questions misant sur les rapprochements et les points de rencontre, et non sur les divisions? Est-il possible d’envisager des espaces de dialogue malgré des postures théoriques ou pratiques féministes divergentes? Comment aborder de manière créative et constructive les débats, tensions et clivages sans disqualifier les unes ou les autres? Comment penser les différences dans les études féministes selon les disciplines, les domaines, leurs lieux de production?

Enfin, la question de la co-construction des savoirs entre chercheures, intervenantes et militantes mérite une attention particulière. Comment réduire les tensions entre théorie et pratique? Comment établir des liens réciproques entre chercheures et milieux susceptibles de coproduire ou de mobiliser les connaissances issues de partenariats de recherche? Quelles sont les exigences de la coproduction des connaissances? Comment créer des passerelles entre les féministes de différentes disciplines ou de différents milieux? Quelles pratiques de recherche et de création seraient à développer pour, non seulement intéresser les « femmes de la base », mais aussi leur permettre de participer en tant que coproductrices des savoirs et des solutions retenues? Comment promouvoir une participation et des pratiques de recherche qui prennent en compte les réalités des femmes autochtones, issues de groupes racialisés ou de l’immigration? Quelle attention porter aux réalités vécues par les femmes à tous les âges de la vie? Comment les femmes qui vivent avec un handicap, qui sont défavorisées sur le plan économique ou qui subissent des discriminations relativement à la définition de leur identité ou à leur orientation sexuelle contribuent-elles à l’élaboration de nouveaux savoirs dans les féminismes de la francophonie?

2. Changement social, égalité, justice et solidarité dans les contextes du néolibéralisme, du néocolonialisme et de la globalisation

Des contributions analysant d’un point de vue féministe les impacts du néolibéralisme, du néocolonialisme, de la globalisation des marchés ou de la militarisation des sociétés sont sollicitées. Comment de telles recherches remettent-elles en question les divisions et les hiérarchies sociales induites par ces différentes dynamiques de pouvoir et par leur interrelation? Quels en sont les effets sur le quotidien des femmes? Comment mettre au jour les mécanismes par lesquels nos sociétés (re)produisent de l’inclusion et de l’exclusion, en partant du principe que le racisme, le sexisme, l’homophobie et les rapports de domination entre catégories sociales ne peuvent pas être entièrement expliqués s’ils sont étudiés séparément? Comment s’organise la division sexuelle du travail sur les plans local et international?

Par corolaire, quelles sont les analyses et les revendications des femmes qui vivent des expériences de discrimination entrecroisée ou de marginalisation? Comment intégrer dans les perspectives et les problématiques leurs expériences particulières des rapports sociaux de domination? Qu’en est-il du « Nous femmes »lorsque le statut privilégié des unes dépend de l’exploitation des autres? Qui parle au nom de qui? Comment transformer, décoloniser les rapports entre féministes à partir des propositions et des luttes des femmes autochtones et des femmes des Suds, ne sont que quelques-unes des dimensions pouvant être analysées à partir de ces questionnements.

En outre, dans le contexte du 40e anniversaire de Femmes Autochtones du Québec, du 30e anniversaire de l’amendement C-31 de la Loi sur les Indiens et par devoir de mémoire à l’égard des centaines de femmes autochtones assassinées ou portées disparues au cours des dernières décennies au Canada, le Comité scientifique souhaite que le CIRFF constitue un espace privilégié pour penser, créer et agir les féminismes en lien avec la situation, le rôle et le leadership des femmes autochtones. Comment la marge d’autonomie des femmes autochtones du Québec et d’ailleurs se trouve spécifiquement limitée par les impacts du néolibéralisme et des visées de développement territorial des différents États? Comment penser et agir pour la mise en œuvre de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones pour laquelle toutes les femmes, autochtones et non-autochtones, ont un rôle à jouer? Quels sont les approches et les outils de recherche développés par les femmes autochtones? Comment envisagent-elles leur leadership politique?

3. Pratiques féministes, militantisme et mouvement des femmes

Les travaux qui analysent différentes questions relatives aux nouvelles formes de militantisme féministe (médias sociaux, restructuration des solidarités, visibilités, etc.) trouveront ici également leur place. Comment agir sur les solidarités féministes locales et internationales? Quelles sont les nouvelles formes d’engagement des femmes dans la Cité et dans le monde? Quelles pratiques militantes privilégient-elles? Comment les différents mouvements féministes se mobilisent-ils, se mettent-ils en réseau, se consolident-ils? Comment les féministes utilisent-elles Internet et les médias sociaux pour actualiser leurs stratégies de lutte, de résistance, de mobilisation? Quelles représentations des femmes sont privilégiées dans les espaces publics et symboliques? Et plus spécifiquement, quelles représentations des féministes, les groupes militants privilégient-ils dans leur matériel, affiches, communications, rapports, etc.? Comment les médias sociaux participent-ils à la reconduction ou à la reconfiguration des dynamiques de pouvoir, d’inclusion/exclusion des femmes et des groupes marginalisés? Quels sont les défis et les enjeux liés à la multiplication des forums d’échanges et des alliances avec des mouvements sociaux mixtes?

Des travaux portant sur les différentes façons de faire de la recherche féministe et d’en mobiliser les résultats peuvent aussi être accueillis dans cet axe. Comment les chercheures, étudiantes, praticiennes-chercheures, intervenantes et militantes font-elles de la recherche, l’utilisent ou la mobilisent? Après le théâtre et la poésie préconisés comme genres militants dans les années 1970, quels genres littéraires sont aujourd’hui privilégiés? Toutes disciplines artistiques confondues, quels sont les thèmes et les enjeux problématisés par les créatrices? Enfin, quelles artistes retiennent particulièrement l’attention des critiques féministes pour (re)penser le monde?