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Activité : Colloque
Titre : 412 - S’engager sur le web Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le mouvement des femmes: pratiques et enjeux
Responsable(s) : Sylvie Jochems et Audrey Bernard
Résumé : Les grandes mobilisations des dernières années ont, sans contredit, permises de rendre visibles les usages des technologies de l’information et de communication par différents mouvements sociaux. Ces usages ont révélé de nouveaux discours sur les potentialités, les sens et les formes de ces usages des TIC pour les femmes et les actrices du mouvement des femmes. Mais visibles, ces usages ne sont toutefois pas sans soulever des questions sur leur pertinence et sur les enjeux politiques et éthiques qu’ils révèlent. Quels sont les usages des TIC que font les femmes, féministes et groupes de femmes ? Que révèlent ces usages des technologies de l’information et de communication (TIC) ? Quels sont les rapports des femmes et des féministes aux technologies? Comment en parlent-elles? Assisterions-nous à un changement paradigmatique dans le mouvement des femmes/féministe que révèleraient les usages des TIC et du web ? Qu’est-ce que la cyberviolence? Quelles sont les interventions et actions collectives expérimentées ou à mettre de l’avant? Quels défis soulèvent l’expressivisme et les témoignages sur le web?; Quelles pratiques d’engagement social et politiques sur le web/médiées par les TIC seraient les plus prometteuses pour le mouvement des femmes?; Assistons-nous à l’individualisation des pratiques d’engagement ou les usages des TIC et du web renouvelleraient-ils le sens et les formes de l’engagement notamment féministe? Comment se positionner face: aux phénomènes des méta-données? des actions de dénonciation d’agression sexuelle sur le web? ; Quelles questions éthiques soumettre à discussion dans les organisations féministes?; Quelle démarche éthique à entreprendre sur les usages des TIC et du web par les actrices du mouvement des femmes? Ce colloque accueille les propositions de communication qui proviennent non seulement du milieu de la recherche, mais aussi de milieux de pratiques d’intervention sociale et d’engagement social. C’est ce qui fera sa richesse.

Séance : S'engager sur le web : Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le mouvement des femmes: pratiques et enjeux - Séance 3 - Violences et technologies numériques: pratiques et interventions sociales
Animatrice :  
Auteure : Sylvie Jochems (LabCMO-UQAM)
Le-s co-auteure-s : Élizabeth Harper (UQÀM); Myriam Dubé (Université du Québec à Montréal)
1 - Violence médiée par les TIC chez les filles et les jeunes femmes: une étude de besoins pour les pratiques communautaires au Québec
Recherche faite avec: Dupuis, Rachel et Vallée, Carol-Anne, étudiantes à la maitrise École de travail social UQAM Bernard, Audrey agente de recherche et de formation et Guberman, Nancy à Relais-Femmes Beauchemin, Audrey, coordonnatrice Bureau de consultation jeunesse Isabelle Brise Bois directrice de Justice Alternative du Suroît Dubien, Jacynthe coordonnatrice D’Main de femmes La violence médiée par les TIC, le plus souvent appelée “cyberintimidation” ou “cyberviolence”, est de plus en plus présente dans les discours médiatiques, institutionnels et communautaires. Cela indique que différents acteurs de la société participent actuellement à la construction sociale de ce « nouveau » problème social. Or, bien que quelques chercheur.e.s travaillent déjà sur le problème social et scolaire de la « cyberintimidation», force est de constater qu'encore trop peu de connaissances scientifiques sont particulièrement axées sur les besoins (pour et exprimés par) des filles et des jeunes femmes concernées par cette forme de violence, et qui plus est, connaissances qui alimentent l'intervention sociale spécifiquement en milieux communautaires et francophones du Québec. Initié par Relais-femmes, le projet de recherche « Prévenir et contrer la violence médiée par les TIC chez les filles et les jeunes femmes » veut produire une revue des besoins des filles et des jeunes femmes confrontées à la « cyberviolence » pour ensuite effectuer un travail de concertation sur le terrain à l’aide de pratiques prometteuses. Il s’agit, entre autres, de comprendre quelle est l’expérience des filles et jeunes femmes concernées par la violence dans leurs usages des TIC: quelles sont les conséquences pour elles et leurs proches, leurs stratégies pour contrer ces violences et les obstacles qu’elles rencontrent lorsqu’elles tentent de se protéger? Quels sont leurs besoins en terme d’intervention sociale ? Quelles sont les intentions et stratégies d’« agresseur.e.s » qui font usage des TIC ? Que font les intervenant.e.s et leurs proches lorsqu’ils/elles prennent connaissance de telles situations?
Auteure : Mélissa Roussel (Université du Québec à Montréal)
2 - Nous voyez-vous? Pratiques sociales médiatisées sur le web de deux groupes de femmes haïtiens pour contrer les violences post-séisme envers les femmes
Que sait-on des problèmes sociaux qui sont apparus ou amplifiés suite au séisme de 2010 en Haïti, notamment concernant les violences faites aux femmes ? La contribution de notre recherche est de décrire les pratiques sociales médiatisées des groupes de femmes Kay Fanm et SOFA dans l'espace public qu'est le web, dans le but de contrer l'injustice sociale (Fraser, 2004) que sont les violences faites aux femmes en contexte post-séisme en Haïti, à des fins de transformations sociales. L'analyse d'une cartographie des outils web répertoriés et des textes qui y sont diffusés met en évidence que les groupes à l'étude utilisent des outils du web 1.0 et 2.0 pour rendre visible un discours (à des fins de reconnaissance) et que les ressources communicationnelles doivent être disponibles et accessibles (à des fins de redistribution) pour tous. En somme, cette communication scientifique souligne la pertinence à s'intéresser aux pratiques médiatisées sur le web pour contrer des injustices sociales si des acteurs souhaitent développer et améliorer leurs pratiques.
Séance : S'engager sur le web : Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le mouvement des femmes: pratiques et enjeux - Séance 1 - Pratiques citoyennes médiées par les TIC : analyses féministes du renouvellement de l’engagement social et de la participation politique
Animatrice :  
Auteure : Sylvie Jochems (LabCMO-UQAM)
Le-s co-auteure-s : Laurence Lagouarde (Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)); Blanche Paradis (Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec;)
1 - Soigner ses TIC communautaires: mythes, usages et enjeux des praTIC de groupes de femmes du Québec
Avec: Blanche Paradis, du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec Redoutées, mystifiées, en même temps objets de fascination, les TIC sont devenues incontournables pour les groupes de femmes et familles. Contrairement à la grande partie de la population, ces groupes ont très peu développé les usages des TIC dans leurs pratiques sociales (des « praTIC »). Par ailleurs, les offres de formation à contenus prédéterminés qui leur sont adressées ne répondent pas à leurs besoins d’analyse et de développement de leurs pratiques et services. Le projet « Soigner ses TIC communautaires : mythe, enjeux et usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) » est une démarche de formation en quatre temps, qui a eu lieu dans plusieurs régions du Québec, portant sur l’usage des TIC par des groupes de femmes et familles et les enjeux sociaux, économiques, éthiques et politiques qui les entourent. Tout au long du projet, les participantes se sont approprié plusieurs outils de travail collaboratif et elles ont formulé des recommandations sur les usages des TIC dans leurs milieux de pratique. Plusieurs retombées sont maintenant en cours et concernent notamment les questions éthiques de ces usages des TIC en action communautaire chez les groupes de femmes et familles du Québec.
Auteure : valérie DEVILLARD (Université Panthéon-Assas Paris 2)
2 - Quel genre de web ? Vers de nouvelles formes de militantisme féministe. Valérie Devillard, Professeure – IFP/Université Panthéon-Assas, Paris 2
Depuis la fin des années 1990, le débat public sur la prostitution connaît en France, une « intensification spectaculaire » (Mathieu, 2007 ). L’examen par l’Assemblée Nationale, en décembre 2013, d’une proposition de loi « renforçant la lutte contre le ‘système prostitutionnel’ » est ainsi l’aboutissement d’une croisade morale. Ne faisant pas l’unanimité au sein des féministes françaises, cette toute dernière campagne abolitionniste permet d’estimer quelles sont les forces de convergence et surtout de divergence d’évaluer l’existence d’une nouvelle vague militante féministe sur internet. En France, les recherches sur les usages politiques et genrés du web sont relativement peu développées (Jouët, 2011). De surcroît, celles-ci souffrent d’un double biais. Elles abordent les relations entre genre, internet et politique de manière restrictive. De surcroît, ces recherches autour du genre numérique privilégient les usagers jugés « ordinaires » de l’internet au risque de les évaluer à l’aune du modèle normatif des pratiques dominantes et (donc) « masculines » du web. La communication tente de dépasser ces obstacles en se concentrant sur les usages féministes militants du web en France, un champ encore peu exploré malgré l’essor des recherche sur les liens entre féminisme et médias (Blandin et Méadel, 2009). A la croisée d’un questionnement propre à l’activisme sur internet (Granjon, 2001 ; Granjon et Cardon, 2010) et à la sociologie des problèmes publics et des études féministes, il s’agira de se demander si le web transforme l’engagement féministe et si le féminisme transforme le militantisme sur internet.
Auteure : Joelle Palmieri (Laboratoire les Afriques dans le monde)
3 - Société numérique colonialitaire : les TIC analysées selon une posture féministe
L’analyse des usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) par les organisations de femmes ou féministes est bien étudiée dans le monde. On entend souvent parler de « fracture numérique de genre », de mouvement « Genre et TIC », éventuellement de cyberféminisme, dans tous les cas de questions d’accès aux infrastructures et de capacités à utiliser les outils de la « société de l’information » par « les » femmes. Cette contribution se propose davantage d’analyser les impacts des usages des TIC sur les dominations avec une approche critique féministe. Le terrain africain mobilisé – l’Afrique du Sud et le Sénégal – force cette option – l’analyse critique – tout autant que l’analyse réflexive parce qu'il oblige à ne pas plaquer des a priori théoriques empruntés à l'Occident ou à d'autres lieux, dont l’Amérique Latine. Nous verrons qu’il est également nécessaire d’engager une analyse institutionnelle afin d'éliminer les effets des institutionnalisations croisées du genre et des TIC sur les actions des organisations. Nous pourrons ainsi redéfinir les concepts tels que la colonialité du pouvoir ou la subalternité dans des contextes mixtes africains et numériques. Nous pourrons ainsi identifier les contours de la société numérique colonialitaire, forme mondialisée, contemporaine, accélérée et excessive du contexte des relations sociales dans lesquelles les actions politiques des organisations se situent. Toutefois, la comparaison, la recherche de similitudes et de singularités internes et externes, permettront d'isoler pourquoi les TIC dépolitisent le réel autant qu'elles peuvent créer des opportunités de transgression des rapports de domination (classe, race, genre). Aussi nous conclurons que rassembler des connaissances et les méthodologies de recherche adaptées afin d’analyser ces opportunités peut dessiner les bases d'une nouvelle épistémologie féministe.
Auteure : Ghada Touir (Chaire sur les usages des technologies et Labcmo)
4 - Les usages engagés du Web social : vers un nouveau
Les développements récents des technologies numériques contribuent à la transformation des pratiques citoyennes de participation et d’action. En raison de leurs particularités, notamment leur capacité d’instaurer un champ de communication plus ouvert et plus « participatif », l’Internet et le Web social renouvellent les formes contemporaines de participation et d’action sociale des citoyennes et des citoyens, par exemple dans le domaine de la résolution de problèmes sociaux et environnementaux (les changements climatiques et le réchauffement de la planète, la biodiversité, etc.). En prolongement de notre expérience de recherche sur l’action civique de participation à la société civile canadienne et québécoise à l’égard des problèmes environnementaux, dans le contexte du Web social, cette communication se veut une réflexion sur le sujet et propose un portrait de la scène québécoise sur l'engagement numérique pour l'environnement. Elle vise ainsi à prendre part aux débats actuels sur les usages des technologies du Web dit « social » ou « participatif » (dont les blogues et sites des réseaux sociaux) et les pratiques citoyennes de participation et d’action en intégrant une dimension jusque-là peu abordée par les recherches, celle du genre. Dans quelle mesure peut-on parler de l’émergence de nouvelles formes d’engagement citoyen sur Internet, en particulier en matière d’environnement, et quel rôle y joue la dimension de genre? À en croire les résultats des sondages pancanadiens et les travaux sur l’engagement au féminin (Murphy, 2010; Lalanne et Lapeyre, 2009; Quéniart & Lamoureux, 2002), les femmes sont plus engagées socialement et politiquement, notamment sur l’environnement, que les hommes. Serait-ce aussi le cas en ligne?
Séance : S'engager sur le web : Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le mouvement des femmes: pratiques et enjeux - Séance 2 - Pratiques citoyennes médiées par les TIC : analyses féministes du renouvellement de l’engagement social et de la participation politique
Animatrice :  
Auteure : Catherine-Emmanuelle Delisle (femmesansenfant.com)
1 - L'importance des réseaux sociaux au coeur d'une prise de parole pour les femmes sans enfant.
Je m appelle Catherine-Emmanuelle Delisle et je suis l auteure qu b coise, la cr atrice et r dactrice du blogue Femme sans enfant . Mon blogue, en ligne sur la toile depuis novembre 2012, a t lanc dans le but de rallier et d informer les femmes sans enfants par circonstances de la vie ou par choix. Mon d sir de briser mon isolement et d changer avec des femmes n ayant pas d enfant m a pouss e prendre parole par l entremise d internet. D j , plusieurs femmes qu b coises connues ou non du grand public ont accept de se confier moi sur ce sujet d licat lors d entrevues. Depuis janvier 2014, on discute davantage des vies des femmes sans enfant et mes apparitions m diatiques se multiplient surtout au Qu bec et au Canada. Mon blogue est d ailleurs en nomination pour les Canadian Blog Awards . Toutefois, faire appara tre les femmes sans enfant au c ur de la soci t actuelle demeure encore un d fi quotidien dans un monde o la femme-m re est glorifi e. Si pour certaines, les m dias sociaux peuvent s av rer source de souffrances, ils jouent un r le crucial et d terminant dans mon action pour faire voluer les mentalit s de la soci t , un clic la fois. J aimerais laborer lors de ma pr sentation sur les raisons de la cr ation de mon blogue comme outil d actualisation pour moi et pour les femmes francophones sans enfant travers le monde. Dans un deuxi me temps, je souhaiterais aborder le r le d terminant des m dias sociaux comme outil puissant de changement social et de prise de parole, accessible et rassembleur. Catherine-Emmanuelle Delisle http //femmesansenfant.com 1420 Garneau St-Bruno-de-Montarville J3V
Auteure : Véronica Gomes (UQAM)
2 - Exploration des expressions actuelles du féminisme québécois dans ses modes de diffusion, ses pratiques et ses nouvelles représentations. Le cas du blogue Je suisféministe.com
Ma communication se voudra une présentation de certaines dimensions de mon mémoire de maîtrise en sociologie, avec concentration féministe qui a pour sujet les jeunes femmes qui utilisent aujourd’hui les blogues en tant que nouveaux moyens de diffusion du féminisme. Je m’intéresse plus particulièrement aux représentations et au sens que donnent les jeunes femmes à leur participation au blogue Je suis féministe.com. L’invisibilisation actuelle des féminismes par les médias de masse me pousse à tenter de démontrer que les féminismes actuels (qu’on peut même associer à la troisième vague) sont bels et bien actifs au Québec. À l’ère numérique, il convient de s’attarder aux pratiques féministes des temps présents dont font partie les blogues. Les blogues pourraient devenir incontournables pour la compréhension des féminismes du temps présent et représenter des voies importantes de communication et de débats du mouvement des femmes. Je suis féministe est un blogue qui émerge du désir de briser l’isolement des jeunes féministes francophones et de leur donner une plate-forme où elles peuvent s’exprimer de manière libre. À l’aide d’une méthodologie qualitative non participative (entrevues semi-directives, focus groupes, analyse qualitative thématique), je rencontrerai les principales actrices du blogue, ainsi que d’autres plus occasionnelles, afin de répondre aux questions suivantes: Qui sont-elles ? Pourquoi bloguent-elles ? À qui s’adressent-elles ? Pour dire quoi? Si possible, une analyse du profil des blogueuses ainsi que du contenu des billets sera produite. Ce sont les résultats de cette analyse (encore en cours) que je me propose de présenter dans cette communication.
Auteure : Geneviève Szczepanik (Chercheure indépendante)
3 - Discours féministes, individualisme et « idéologie » du choix : une analyse de discours sur des blogues féministes
La communication se propose d’analyser des discours féministes mobilisant les questions du choix et de la liberté de choisir des femmes. Plusieurs auteures (McRobbie, 2008; Baker, 2008) ont noté l’omniprésence de la notion de choix dans les discours sociaux contemporains, situés au croisement du féminisme et de l’idéologie néolibérale, un phénomène qu’elles ont nommé l’« idéologie », la « politique » ou la « rhétorique » du choix. Cette « idéologie » du choix agit en quelque sorte comme une boîte noire qui rend invisibles les différentes contraintes qui balisent la vie des femmes, présentant au contraire les femmes comme des individues libres qui ont la capacité de faire des choix et qui en sont responsables. Plusieurs auteures féministes (Whelehan, 2001; Hausman, 2008) notent en ce sens que les discours sur le choix et la liberté de choisir des femmes font implicitement référence à certaines catégories de femmes uniquement : celles qui ont socialement, économiquement et politiquement le plus de possibilités de choisir, soit les femmes blanches, jeunes, éduquées, de classes socioéconomiques privilégiées. Cette communication s’appuie sur ma recherche doctorale qui s'est intéressée à la mobilisation de la notion de choix sur des blogues féministes. La recherche est basée une analyse qualitative et inductive d’un échantillon de 33 blogues féministes. Elle fait ressortir la prégnance de cette « idéologie » du choix et examine quelques-unes de ses implications pour la reproduction des rapports de sexe, de race et de classe, ainsi que pour les luttes féministes.