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Activité : Colloque
Titre : 500 - Découvrir Françoise Collin dans l’Anthologie québécoise
Responsable(s) : Marie-Blanche Tahon
Résumé : L'organisation de ce colloque a été suscitée par la découverte enthousiaste de jeunes femmes, le plus souvent féministes, des textes de Françoise Collin réunis dans l'Anthologie québécoise, 1977-2000 (Éditions du remue-ménage, 2014). 4 lectrices de longue date y participent également. L'invitation à participer à ce colloque incite chaque femme à exprimer une inspiration puisée dans un des textes qui la stimule dans sa pratique ou dans son travail à elle.

Séance : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 1 - Écrire
Animatrice :  
Auteure : isabelle boisclair (Université de Sherbrooke)
1 - Quand créer c’est penser/agir
Dans cette communication je veux réfléchir d’abord à la portée nécessairement engagée de l’écriture et de l’art – ce que soutenait ardemment Collin –, qui est mode de pensée autant que d’expression. Dans un deuxième temps, et sur cette lancée, j’évoquerai l’asymétrie dans les échanges entre féministes, selon les lieux que nous occupons, asymétrie qui prolonge la dichotomie entre raison/passion, et qui reproduit, au cœur des sciences dites humaines, le clivage traditionnel entre sciences « dures » et sciences « molles ». Or si les critiques féministes (littéraires, artistiques, etc.) se servent abondamment des textes des philosophes, sociologues, historiennes, biologistes féministes dans l’élaboration de leurs commentaires visant à se saisir des œuvres, le contraire n’est pas si fréquent. S’il est vrai que les traditions critiques ont favorisé l’usage d’un lexique spécifique parfois rebutant, les critiques féministes des arts et de la littérature utilisent pourtant, la plupart du temps, un appareil plus enclin à instaurer un dialogue avec la pensée féministe plutôt qu’avec la pensée strictement disciplinaire. Les textes littéraires et les œuvres artistiques recourent à des signes qui se situent hors du territoire rationnel pour exprimer autant des affects que des idées, ce qui est précisément à valoriser d’un point de vue féministe. L’art pense, la critique artistique et littéraire aussi. Et la saisie du symbolique est tout aussi nécessaire que celle des faits dans la compréhension du système de sexe/genre.
Auteure : Chloé Leduc-Bélanger (Corédactrice en chef)
2 - Françoise Collin : « J’écris comme on fait le pain »
À partir de la conception de l’écriture et du rôle de l’écrivain que développe Françoise Collin dans l’Anthologie québécoise, mon intervention explorera les implications d’une prise de parole artistique publique pour les femmes, et comment cette prise de parole est encore teintée par les stéréotypes genrés. J’offrirai en exemple ma propre expérience de l’écriture et partagerai les questionnements que la lecture des textes de Collin a déclenchés chez moi. Je m’interrogerai en particulier sur la conciliation entre l’idéal et l’identité, et sur la façon dont la création peut à la fois servir et trahir ceux-ci.
Auteure : Marie-Ève Marchand-Blais (Critique et libraire)
3 - S’écrire comme acte de résilience féministe : Collin et l’écriture
« S'écrire » : écrire à partir de soi, de ce qui nous construit. « Acte » : être en action et poser un geste déterminé qui aura un impact. « Résilience » : exister malgré des normes qui tentent d'imposer des manières d'être et de penser... À la lecture de Collin, c'est cet état éternel de résilience qui me vient en tête, état qui nous oblige à accepter d'où l'on part, d'où l'on écrit. À partir des mots qui défilent devant moi, je réfléchis à cette sempiternelle question : Qu'est-ce qui, les femmes, nous fait écrire? C'est là que je désire aller, sur cette ligne d'action, avec nos passés et nos avenirs. J'aime à croire que c'est cet espace de l'écriture, ce mouvement de la main sur la papier, des mots qui se forment dans nos pensées, qui permet de se re•construire. De maintes façons, les textes de l' Anthologie québécoise (1977-2000) de Françoise Collin, m'auront convaincue de l'importance de s'immiscer dans l'espace hostile de la pensée littéraire.
Auteure : Chantal Saint-Jarre (Cégep de Saint-Laurent)
4 - L’Anthologie québécoise 1977-2000 : entre mémoire, interlocution et transmission
J’essaierai de faire entendre comment la réflexion de Françoise Collin (notamment : les notions de mémoire, d’interlocution et de transmission) a accompagné mon désir de préparer et de donner, dans un département de français/littérature au niveau collégial, un nouveau cours de littérature centré sur le thème de l’écriture au féminin.
Séance : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 2 - Penser
Animatrice :  
Auteure : Yara El-Ghadban (Université de Montréal)
1 - Relire Arendt avec Collin comme un roman
Collin a découvert Arendt plus tard dans sa carrière et sa pensée. Elle trouve dans sa philosophie inspiration pour repenser le féminisme, et faire la critique d’un féminisme aux accents hégémoniques. La pensée de Arendt, surtout ses théories autour de la violence, de la liberté et de l’action ont été récupérées sous plusieurs angles, mais je soutiens que la fécondité et l’originalité de la lecture féministe que fait Collin d’Arendt provient d’abord du regard d’écrivain que Collin pose sur Arendt la femme, sa vie, sa pensée. Ainsi a-t-elle débusqué les possibilités et les limites de l’idéalisme arendtien surtout les limites de sa conception de l’action, quand elle est inscrite dans la lutte des femmes. Pour Collin l’écrivain, l’idéal de l’écriture, c’est justement la naissance, l’acte de naître, faire naître, inscrire un commencement en se déclinant en mille personnages et entretenir par le biais de la fiction l’altérité qui nous fait humains et rend notre humanité possible à réinventer. Je soutiens que c’est Collin l’écrivain, avant la philosophe du politique qui a comblé un vide dans la pensée d’Arendt : celui de l’esthétique, du genre et de la différence.
Auteure : Julie Daigle (Université d'Ottawa)
2 - : « Moi je ne suis pas féministe ». À l’écoute de la singularité de Simone Weil avec Françoise Collin
Lors d'un colloque organisé à l'École normale supérieure en 1996, Françoise Collin affirmait que la dimension sexuée était complètement absente de l'oeuvre de Simone Weil. Notre intervention a pour ambition de montrer qu'il y aurait, en réalité, une dimension sexuée en filigrane de la philosophie weilienne. Notre pari est que le regard et l'ouverture proposés par Françoise Collin par rapport à la singularité féminine peuvent nous mettre au diapason de la sensibilité féminine inusitée de Simone Weil, malgré sa réticence, voire sa franche opposition, à être associée au féminisme.
Auteure : Marianne Di Croce (Cégep de Saint-Jérôme)
3 - 'Rencontre' avec Françoise Collin : Penser à partir de la tradition philosophique pour mieux la renouveler
Encore aujourd’hui, philosophie et féminisme évoluent plus souvent qu’autrement en parallèle. Alors que la philosophie laisse encore très peu de place aux questions féministes, les études féministes regardent souvent d’un oeil méfiant la tradition philosophique. Il est donc difficile de trouver sa place lorsqu’on est à la fois philosophe et féministe. Or, lire Françoise Collin permet de se sentir enfin « chez soi ». Dans le cadre de cette présentation, j’aimerais montrer en quoi l’oeuvre de Françoise Collin offre un point de rencontre intéressant entre philosophie et féminisme, et en quoi elle constitue un modèle pertinent pour penser autrement la tradition philosophique.
Séance : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 3 - Agir
Animatrice :  
Auteure : Marcelle Dubé (UQAC)
1 - Entre un agir et une pensée plurielle : pérégrinations au cœur de l'œuvre de Françoise Collin
Les écrits et la pensée de Françoise Collin sont entrés dans ma vie, voilà bientôt 20 ans. Inscrite au programme de maîtrise en Intervention sociale à l’UQÀM à l’automne 96, mes intérêts de recherche, portant sur les questions de la pratique démocratique au sein du mouvement des femmes québécois et le devenir sujet dans ces espaces, m’ont conduit à lire plusieurs ouvrages féministes et à découvrir les travaux de Collin. Ma première lecture a été la préface qu’elle signe dans le livre de Diane Lamoureux « Fragments et collages ». J’ai toute de suite aimé les propos de cette auteure. Sa pensée, ses idées, sa plume, tout ce que je lisais me plaisait, me donnait à penser et même faisait écho à des idées plus ou moins précises que je tentais de formuler alors, ou tout simplement validait des hypothèses ou des impressions que j’avais en regard du féminisme et du mouvement qui l’incarnait à ce moment-là. Puis je n’ai cessé de me nourrir de ses écrits, trouvant à chaque fois matière à penser l’époque que nous vivons. Cette communication, fera état du chemin, des temps forts et de quelques questions que ces pérégrinations, au cœur de l'œuvre de Collin, posent encore.
Auteure : Valérie Lefebvre-Faucher (Éditions du remue-ménage)
2 - L'édition féministe en héritage
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Auteure : Chantal Bayard (Université d'Ottawa)
3 - De la maternité biologique à la maternité symbolique : sur la transformation du rapport de transmission intergénérationnelle entre les femmes
Dans « Un héritage sans testament », Collin (1986) s’intéresse à la transmission intergénérationnelle des savoirs entre les femmes et les féministes. Ce passage, de l’une à l’autre, s’effectue dans le cadre d’une relation de réciprocité par laquelle les savoirs sont transmis, reçus, remis en question, rejetés, historicisés, reformulés et acceptés. Ainsi, la transmission est un acte volontaire, nécessitant ouverture et humilité. Dans un premier temps, je présenterai le concept de transmission tel que défini par Collin. Je poursuivrai en discutant la distinction qu’elle opère, dans la transmission des savoirs, entre la maternité biologique et la maternité symbolique. Je terminerai en m’interrogeant sur la pertinence de cette distinction en tentant de répondre à la question suivante : « De la même façon que la maternité symbolique, la maternité biologique peut-elle aspirer à la même réciprocité dans la transmission des savoirs féministes ? »
Auteure : Aurélie Lanctôt (Université McGill)
4 - Françoise Collin : la poursuite d’un rêve de justice
Comme juriste, et comme féministe, comment Françoise Collin nous aide-t-elle à penser la justice ? Comment indexer au vocabulaire juridique les oppressions que le droit libéral choisit d’exclure de son champ d’examen, puisqu’elles se nouent dans l’espace privé des individus ? Les rapports de domination qui s’exercent sur les femmes s’enracinent au plus intime de leur existence et passent sous le radar des considérations des juges et juristes. « Le Droit ne s’occupe pas de ces choses-là », dit-on. Pourtant, pour que les femmes deviennent véritablement « cosujets de la chose commune », le droit se doit de penser l’affranchissement des rapports de domination qui s’exercent sur les femmes dans la sphère privée. Les juristes libéraux peinent à surmonter cet écueil, quoiqu’ils n’hésitent pas à se dire soucieux de l’égalité homme-femme, voire à se réclamer du féminisme. Pourtant, les mots « manquent » au droit pour rendre compte du caractère particulier et problématique du sujet-femme ; qui ne peut être posé de façon indifférenciée du sujet-homme lorsqu’il s’agit de formuler des propositions juridiques. Or, Françoise Collin nous aide à penser l’égalité par la reconnaissance, précisément, du caractère toujours altéré du sujet. Comment cela peut-il se traduire dans les réflexions des juristes ?
Séance : Découvrir Françoise Collin dans l’Anthologie québécoise - Séance 4 - Agir
Animatrice :  
Auteure : Anne Migner-Laurin (Éditions du remue-ménage)
1 - Réconcilier la postmodernité et le féminisme
À la fois tributaire et pourfendeur des grands récits de la modernité, le féminisme se situe à la croisée du moderne et du postmoderne de par son histoire, sa théorie et son action. Dès lors, l’une des choses que nous enseigne Françoise Collin est la nécessité de fuir la stérile logique des contraires afin d’entrevoir le féminisme comme une pensée politique radicale et transmoderne. D’un même élan, elle révèle son ancrage dans l’histoire des idées et donne à voir toute l’ambiguïté et les paradoxes du mouvement, sa polyphonie vitale.
Auteure : Leïla Benhadjoudja (UQAM)
2 - L’actualité de l’« agir transformateur » de Françoise Collin : pour une déconstruction des altérités
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Auteure : Marie-Blanche Tahon (Université d'Ottawa)
3 - La singularité selon Collin
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