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Activité : Colloque
Titre : 240 - Transformations du travail, imbrication des rapports de pouvoir et action collective pour le changement social - Atelier 6 - Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe
Responsable(s) : Elsa Galerand et Berthe Lacharité
Résumé : Avec la globalisation et la financiarisation de l’économie ainsi que la ruée néocoloniale et militariste vers les sources d’énergie fossile et les technologies, les transformations dans l’organisation notamment sexuée du travail semblent s’intensifier. Les femmes, en nombre croissant dans les secteurs formel et informel de l’économie mondiale, sont de plus en plus souvent les pourvoyeures principales ou co-pouvoyeures des foyers, dont une part sont devenus transnationaux, tout en demeurant, dans l’immense majorité des cas, responsables du travail domestique non salarié. Leur rapport au travail se trouve ainsi reconfiguré selon diverses formes d’organisation productive et d’exploitation : réseaux de production mondiaux; lean production; sous-traitance, recours au travail informel ou à d’autres formes d’emploi précarisé, à temps partiel et intermittent. Dans ces modèles organisationnels néo et postfordistes, quelles sont les nouvelles modalités de la division sexuelle du travail ? En quoi se démarquent-elles des modalités plus anciennes, héritées des siècles précédents ? Comment cette division sexuelle du travail s’est-elle arrimée dans le passé et s’imbrique-t-elle aujourd’hui avec d’autres divisions sociales (raciale, internationale, etc.) du travail pour renforcer la concurrence au détriment de la solidarité? Quels sont les effets de ces transformations du travail au plan des droits des femmes et au plan de leur santé ? Comment se répercutent-elles sur l’organisation du travail domestique gratuit? Dans les espaces classiques d’action collective à l’égard du travail (mouvements syndical, associatif, militant), existe-t-il des voies d’émancipation à l’égard des nouvelles formes de subordination qui ne secondarisent pas les autres rapports de domination (hétérosexisme, agisme, racisme, etc.) sous-jacents? Et quels sont les nouveaux espaces d’action collective auxquels les femmes participent afin de défendre un ordre social et écologique plus juste où le travail serait partagé de façon égalitaire et aurait systématiquement un sens ? RÉSUMÉ de l'ATELIER : Cet atelier s’intéresse aux renouvellements de la critique et de la combativité féministe sur le front du travail domestique, de ses distributions - entre hommes et femmes mais aussi entre femmes - et des différentes formes d’exploitation ou d’appropriation qu’elles mettent en jeu. Nous sollicitons des contributions autour de trois axes non exclusifs l’un de l’autre. Le premier s’intéresse à l’activité de travail en tant que telle dans ces dimensions objectives et subjectives, au rapport au travail qu’elle induit comme à ce qu’elle produit ; aux instruments de mesure et autres dispositifs méthodologiques qui permettent d’observer cette activité et son « non partage » (Delphy). Les contributions prenant appui sur des enquêtes de terrain seront privilégiées ici. Le second renvoie aux différents découpages possibles de ce travail domestique (gratuit, d’entretien physique et psychique d’autrui, de santé, de care, ou reproductif), aux théorisations du travail et de l’exploitation qu’ils engagent ; aux renouvellements de la réflexion féministe et à la manière dont les débats et lignes de fracture se sont recomposés sur ce thème, depuis les années 70. Le troisième axe est centré sur la question des résistances, des mobilisations collectives, des pratiques militantes et revendicatives : dans quelle mesure l’enjeu que constitue la distribution du travail domestique est-il intégré dans les collectifs militants (syndicats, mouvements féministes, antiracistes et autres… ) ? Comment des luttes s’organisent-elles ou se (ré )organisent-elles sur ce front (pratiques revendicatives et organisationnelles, cibles et alliés) ? COORDONNATRICES du COLLOQUE : • Louise BOIVIN, professeure au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) • Aline CHARLES, professeure au Département des sciences historiques de l’Université Laval • Elsa GALERAND, professeure au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Séance : Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe - Séance 1 - Regards historiques sur les mutations du travail domestique et parental au XXe siècle
Animatrice :  
Auteure : Marie-Laurence Beaumier (Université Laval \ Réseau québécois en études féministes)
1 - Genre et division sexuelle du travail domestique: réflexions sur la construction des expériences parentales en milieu populaire québécois, 1945-1977
Depuis le tournant des années 1970, l'étude des structures de l'économie familiale a fait partie des thématiques centrales des recherches féministes aussi bien en France et aux États-Unis qu'au Québec et au Canada. En croisant les rapports de genre et de classe dans leurs analyses des familles, ces historiennes et sociologues ont défini, conceptualisé et mis en lumière l'importance historique du travail domestique des femmes, et également les effets multiples et structurants du système patriarcal et de la division sexuelle du travail sur la vie et les structures familiales. Cette communication s'inscrit dans cette tradition historiographique et propose d'analyser l'impact de la division sexuelle du travail domestique sur la construction des identités paternelles et maternelles au moment de la transition vers la parentalité. L'analyse reposera principalement sur des entrevues orales réalisées avec des pères et des mères appartenant au milieu populaire et ayant eu des enfants dans la ville de Québec entre 1945 et 1977. La notion de parentalité nous servira ici d'espace pour interroger les dynamiques interactionnelles à l'oeuvre dans la construction et l'évolution des identités paternelles et maternelles. Nous tenterons plus particulièrement de comprendre dans quelle mesure la division sexuelle du travail domestique favorise « le renforcement des identités sexuées » (Véronique Rouyer, 2011) à travers la construction et la modulation des expériences parentales.
Auteure : Marilyne Brisebois (Réquef/Université Laval)
2 - De l’enseignement de la couture comme reflet de la complexification du travail domestique au Québec, 1940-1970
Cette communication se propose d’aborder une institution « où les femmes font, dès leur plus jeune âge, l’apprentissage de la féminité » : l’école. La période retenue, qui va des années 1940 aux années 1970, demeure en histoire de l’éducation des filles encore peu étudiée. L’analyse se base essentiellement sur les archives de l’enseignement ménager, dans les institutions consacrées spécifiquement à cette mission mais aussi ailleurs, disponibles dans le Fonds du Ministère de l’éducation du Québec. À travers l’étude de l’enseignement de la couture, à la fois symbole de la production domestique ainsi qu’habileté permettant d’entrer sur le marché du travail salarié, c’est la reproduction idéologique qui est observée. L’existence de cet enseignement ne signifie toutefois pas qu’une seule conception de ce que devait être et de ce à quoi devait mener cette formation avait cours. En effet, différentes positions coexistent sur le sujet, notamment dans le contexte de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Commission Parent) des années 1960. Cette présentation s’inscrit dans une réflexion sur le travail domestique et sa complexification dans la seconde moitié du XXe siècle québécois, à travers la lunette offerte par l’étude de la couture. Elle se veut une prise de position féministe en histoire, un engagement pour l’étude de cette forme spécifique que prend la division sexuelle du travail pour les femmes.
Auteure : Catherine Charron (Université Laval)
3 - « La vie, elle me ramenait là tout le temps » : Récits de travail domestique rémunéré, Québec, XXe siècle
Depuis l’époque industrielle, les métiers domestiques sont parmi les moins convoités, bien que les plus accessibles aux femmes, qui quittent ces emplois dès qu’elles peuvent accéder à d’autres horizons professionnels. Dans le dernier tiers du XXe siècle, l’émergence d’un « archipel de petits métiers féminins » (Mozère) non qualifiés se nourrit et alimente à la fois le phénomène de la précarisation de l’emploi, réactualisant l’héritage séculaire des savoir-faire féminins naturalisés et d’un rapport de travail informel et personnalisé. L’approche biographique nous permet de saisir non seulement les mécanismes socio-historiques de refoulement d’un certain nombre de femmes vers des emplois domestiques ou associés au care au cours des dernières décennies du XXe siècle au Québec, mais également les ambiguïtés, au cœur de la mise en récit du travail domestique rémunéré, des différents ancrages identitaires découlant du rapport des femmes de milieu populaire au domestique, au salariat et à la famille. Une approche qui donne une nouvelle mesure de l’invisibilité de ces activités situées à l’interface des sphères marchande et familiale, interrogeant les nouvelles formes de « délégation » (Kergoat) du travail autour des clivages de genre, de classe et de race, et renouvelant des questionnements déjà anciens en histoire des femmes autour de la division sexuelle du travail.
Séance : Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe - Séance 1 - Comment observer, mesurer et rendre compte du travail domestique, de sa distribution et de son exploitation ?
Animatrice :  
Auteure : Isabelle Courcy (Université d'Ottawa)
Le-s co-auteure-s : Catherine Boucher (UQÀM); Geneviève Laroche (UQÀM)
1 - Besoins spéciaux, répartition spéciale ? Appréhender le travail domestique de parents d’enfants autistes et les mécanismes de son non partage au sein du couple
Avec: Catherine des Rivières-Pigeon, Professeure Université du Québec à Montréal Avoir un enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) semble aujourd’hui constituer une réalité familiale relativement fréquente. Les dernières données populationnelles indiquent à cet effet une prévalence d’un enfant sur 68 (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, 2014). Au Québec, ce sont généralement les mères qui effectuent la majeure partie du travail lié au soin, à la stimulation et à l’éducation de ces enfants. Si la distribution asymétrique marquée qui s’observe dans ces familles a été déjà été décrite dans le cadre de recherches antérieures (Courcy, 2014; Courcy et des Rivières-Pigeon, 2013), les mécanismes qui sous-tendent cette répartition et les facteurs susceptibles de la modifier sont moins connus. La communication proposée vise à présenter une recherche que nous avons menée auprès de quinze familles d’enfants ayant un TSA au Québec. Cette recherche avait pour objectif d’analyser de façon exhaustive et approfondie les tâches domestiques accomplies par ces parents (treize mères et neuf pères) afin de mieux comprendre les dynamiques sous-jacentes au (non) partage du travail domestique au sein de ces familles. Un dispositif méthodologique original a été élaboré afin d’appréhender, dans ses multiples dimensions (matérielles, cognitives et émotives), le travail domestique des participantes et des participants. Les résultats obtenus permettent une meilleure conceptualisation du travail qui est effectué par ses parents, des enjeux de sa « bonne » réalisation et des mécanismes qui sous-tendent son (non) partage. Ces résultats seront présentés plus en détail tout comme les pistes de réponses qu’ils nous permettent d’avancer pour mieux soutenir les familles d’enfants présentant un TSA et ainsi favoriser une répartition plus équitable du travail domestique entre les hommes et les femmes.
Auteure : Marianne Modak (HeTS&S - Vaud, eesp, Lausanne)
2 - « Contre la dst ? L’usage du « partage » du travail dans le couple comme « action de reconnaissance » du « parent non statutaire »
Un double mouvement caractérise, pour le dire vite, la famille contemporaine : de contractualisation, de dénaturalisation et de politisation de la famille sous le coup des revendications féministes ; de reconduction de la division sexuelle du travail et de l’antagonisme de sexe au sein du couple par le système de genre. Bref, dans la famille contemporaine, les relations sont à la fois de solidarité et inscrites dans un rapport social (Combes) et la gageure est de « démêler les confusions scientifiquement entretenues entre rapport social de sexe et rapport conjugal » (Devreux). J’aimerais examiner le problème de la reconnaissance du rôle parental du « parent non statutaire » en montrant que celle-ci se joue dans cette double composante du couple. Ma communication va présenter les résultats d’une étude qualitative[2] par trois vagues successives d’entretiens conduits auprès d’une vingtaine de couples vivant en familles hétérosexuelles recomposées et homoparentales et dont la caractéristique principale est qu’un des conjoint·e n’est pas, légalement, le parent de l’enfant avec lequel il ou elle vit. L’analyse des résultats va porter sur les « actions » de reconnaissance de la parentalité « non statutaire » et notamment sur le « partage » du travail dans le couple, sachant que parmi les socles de légitimation de la filiation (socles juridique, biologique et domestique) le travail de soin, d’élevage et d’éducation de l’enfant ne compte pas à un double titre : dans la loi qui, en Suisse ne reconnaît pas de statut au tiers (mais une obligation d’entretien) et dans l’économie capitaliste qui relègue le travail domestique et de care dans le privé et l’invisibilité. Tout ceci est bien connu. Je montrerai que l’exercice d’une parentalité socialement non légitime est toléré au premier chef dans la mesure où a pu être négociée dans le couple et son environnement, la reconnaissance du parent non statutaire sur la base, notamment, du « partage » du travail (domestique et salarié) dans lequel le parent non statutaire est conduit à jouer différents rôles (substitution, interchangeabilité, subsidiarité, appropriation). Nos résultats indiquent que l’antagonisme de sexe peut être affaibli ou renforcé par la réalisation de l’objectif supérieur que se donne le couple conjugal : sa transformation, partielle ou totale en couple parental.
Auteure : Rose-Myrlie Joseph (Université Paris 7 et Université de Lausanne)
3 - Jouer le travail, déjouer les rapports sociaux : apports et limites du sociodrame dans l’analyse du travail des femmes
Les relations de travail se présentent comme le théâtre des rapports sociaux qui s’y expriment dans toute leur violence. Dans ma recherche sur l’articulation des rapports sociaux, je propose à des groupes de femmes de mimer les relations de travail en utilisant le sociodrame. Des femmes en Haïti et en France ont ainsi joué des scènes de ménage autour du partage des tâches, ce qui a permis de discuter de la division sexuelle du travail. Elles ont aussi joué, dans le service domestique, les relations entre les femmes patronnes qui externalisent le travail domestique et les femmes migrantes pauvres et racisées que les patronnes emploient. Cela ouvre alors la discussion sur les divisions sociale, raciale et internationale du travail. Le sociodrame comme « jeu de rôle » permet ainsi d’aborder les rapports sociaux en observant et en jouant les relations de travail. Et en cela, il devient, plus qu’un « jeu drôle », un véritable outil de discussion et d’analyse. Mais ces actrices, prises à la fois dans leur rôle social habituel et dans le rôle qu’elles interprètent, arrivent-elles vraiment à appréhender les rapports sociaux dans leur articulation? Quels sont les apports et limites du sociodrame dans l’analyse du travail des femmes?
Séance : Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe - Séance 3 - Politiques publiques, précarisation du travail salarié et stratégies des femmes envers le temps travaillé rémunéré et non rémunéré
Animatrice :  
Auteure : Annabelle Seery (Université de Montréal)
1 - Travail domestique et discours du mouvement des femmes québécois : qu’en pensent les jeunes féministes?
Au sein du mouvement des femmes québécois, on a vu se développer au courant des années 1970 un discours de libération des femmes par le travail rémunéré : en occupant un emploi à l’extérieur du foyer, les femmes se libèreraient de leur dépendance économique vis-à-vis de leurs conjoints. Bien qu’elle ait été fortement contestée au cours des années 1970 comme depuis, cette conception de l’émancipation continue de marquer nombre de discours féministes au Québec. Parallèlement, l’assignation au travail domestique, encore majoritairement féminin, est perçue comme faisant obstacle à la pleine égalité entre les femmes et les hommes. Quelles sont les réflexions des plus jeunes féministes sur ces questions? Cette communication s’appuie sur des entretiens semi-directifs réalisés avec 29 femmes âgées entre 23 et 36 ans s’identifiant comme féministes et ayant un lien d’appartenance avec un lieu de militance féministe au Québec. Elle montre que leur rapport au travail, tant domestique que rémunéré, les poussent à réouvrir le débat au sein du mouvement sur la question du travail domestique. Cette réactualisation des réflexions aurait comme toile de fond un marché du travail précarisé et exigeant, de même que des rapports familiaux tendant davantage vers l’égalité que ce que le contexte des années 1970 offrait. Tout en saluant les luttes de leurs prédécesseures qui ont mené, entre autres, aux congés parentaux et aux services de garde actuels, elles veulent dépasser l’approche de la conciliation famille-travail telle qu’on la connaît depuis plusieurs années.
Auteure : Suzy Bossard (Université Lille 1, Clersé)
2 - L’ambivalence de la demande de travail d'emploi à temps partiel des femmes précaires employées dans les services aux personnes
Dans un contexte de non-reconnaissance salariale (précarité des conditions d’emploi, absence de formation, faiblesse des salaires) du travail de care et ou de services aux personnes rémunéré, la demande de travail à temps partiel (Kergoat 2012 [1984][1] ; Angeloff 2000[2]) se révèle ambivalente. D’un coté, elle signale une résistance des femmes précaires à l’exploitation salariale (vendre sa force de travail à quel(s) prix ?) et à la vie domestique exclusive ; de l’autre, elle leur permet de tenir le travail domestico-parental auquel elles sont assignées et d'obtenir un revenu salarial. L’analyse proposée ici montre l’intérêt de penser ensemble travail professionnel et travail domestique (Galerand et Kergoat 2008[3]). Cette communication s’appuie sur une recherche en cours qui s’intéresse aux conditions d’emploi et de travail des Auxiliaires de vie scolaire (AVS), personnel précaire de l’Éducation nationale au service des enfants en situation de handicap, à l’aune des rapports sociaux (de sexe, de classe, d’âge et de race). Nous utiliserons des matériaux provenant de l’observation des 87 entretiens d’embauche et dossiers de candidatures, et des entretiens semi-directifs avec 30 AVS permettant de retracer leurs trajectoires pour rendre compte de la dimension paradoxale de la demande d'emploi à temps partiel pour ces femmes précaires, entre émancipation et reproduction du travail de care.
Auteure : Marie-Hélène Deshaies (Université Laval)
3 - Permanences et variations dans le partage de la responsabilité des soins : une analyse de discours des politiques publiques québécoises de soutien aux personnes âgées
La question des soins à apporter aux personnes dépendantes et vulnérables a toujours constitué une préoccupation importante pour les femmes compte tenu des rôles spécifiques qui leur ont été traditionnellement assignés au sein de la famille et de la société. Les transformations sociales, démographiques et économiques des dernières décennies ont contribué à redessiner les contours de cette question d’une façon toute particulière et ont favorisé l’émergence de tensions nouvelles : 1) inégalités professionnelles et économiques pour les femmes liées notamment à la persistance d’une division traditionnelle des soins dans la sphère familiale; 2) accès insuffisant aux soins pour les femmes vulnérables et dépendantes dans un contexte de réduction des services offerts par l’État; 3) déplacement d’une partie des tâches de soins vers des travailleuses à statut précaire. À travers les débats, discussions et prises de position entourant l’adoption de politiques publiques à l’égard des personnes âgées se profilent différents positionnements quant au rôle des femmes et des hommes et quant à celui de l’État, du marché, de la famille et du tiers secteur dans le financement, la prestation et la régulation des soins à apporter aux personnes dépendantes et vulnérables. L’objectif est ici de mieux comprendre comment ces discours ont, dans le contexte québécois des dernières décennies, contribué à (re)définir le problème du partage de la responsabilité des soins, à diminuer ou accroître les inégalités, à maintenir ou transformer les rapports sociaux de sexe.
Séance : Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe - Séance 4 - Débats théoriques et renouvellements de la critique féministe de l’économie politique
Animatrice :  
Auteure : Aurélie DAMAMME (Université Paris 8)
1 - Perspective du care et handicap : de quelle autonomie parle-t-on ?
A partir d’enquêtes menées auprès de pourvoyeur-e-s de care dans la sphère domestique mais aussi d’hommes et de femmes en situation de handicap au sein de mouvements organisés depuis 2006, je chercherai à montrer les tensions en jeu autour de la conceptualisation du travail et des relations d’aide et de soin. La perspective du care développée par Joan Tronto (2009) propose de considérer le care dans sa double dimension de travail et de disposition en soulignant la centralité des rapports de pouvoir entre les différents protagonistes tout au long du processus. Critiquée par les auteurs des disability studies pour sa minorisation de ceux qui sont qualifiés de « destinataires », la perspective du care rend visible une difficulté centrale : celle de la qualification de l’autonomie et de ce qui est censé être son envers, la dépendance, et par voie de conséquence, celle des conditions de sa réalisation. Comment s’entendre sur la qualification des tâches qui favorisent l’objectif d’autonomie de la personne dite destinataire ? Quelles sont ensuite les conditions de réalisation du care qui permettent de ne pas dominer les pourvoyeuses du care (en particulier professionnelles mais aussi dans la sphère domestique) ? A l’heure de la forte marchandisation des services d’aide à la personne, et en s’inspirant des critiques féministes des disability studies (Morris, 1993), la définition de l’autonomie des personnes en situation de handicap mérite d’être interrogée pour ne pas reproduire les biais d’une approche généralement conçue sur le modèle de l’homme blanc avec un handicap physique, ni faire abstraction des rapports de pouvoir en jeu dans les relations avec les autres protagonistes.
Auteure : Jeanne Ollivier-Gobeil (UQÀM)
Le-s co-auteure-s : Martin Gallié (UQAM)
2 - Travail non libre et travail domestique : étude de cas des travailleuses domestiques résidantes à Montréal
Cette proposition de communication s’appuie sur une recherche pluridisciplinaire menée en collaboration avec PINAY qui porte sur les conditions de vie, de travail et de lutte des travailleuses domestiques résidantes à Montréal. Elle consiste à défendre l’hypothèse selon laquelle cette fraction de classe est soumise à une forme de travail « non libre ». Après avoir brièvement présenté le programme des aides familiales résidantes (PAFR), nous reviendrons sur les concepts de « travail non libre » (Miles, 1987 ; Moulier-Boutang, 1996 ; Botte, 2005 ; Le Baron, 2013) et de « formes transitionnelles d’exploitation » (Guillaumin, 1978) puis nous examinerons les rares recherches qui appliquent ces concepts au travail domestique, salarié ou non (Fudge et Strauss, 2014 ; Delphy, 2013). Dans un second temps, à partir de l’enquête menée auprès de 33 travailleuses domestiques résidantes, nous tenterons de mettre en évidence les caractéristiques du régime spécifique d’exploitation des travailleuses domestiques en terme de temps de travail, de privation des droits à la liberté et à la vie privée. Finalement, nous reviendrons sur le problème du « non partage » (Delphy, 2006) du travail domestique entre hommes et femmes, mais aussi entre femmes. Cette communication tentera ainsi de s’emparer des débats, anciens et actuels, sur la place du travail domestique pour la critique de l’économie politique (Delphy, 2013) et du droit du travail.
Auteure : Vanessa L'écuyer (UQAM)
3 - Travail gratuit et non-libre: la prison Tanguay comme forme d'actualisation du rapport social d'appropriation des femmes?
Par la problématisation du travail domestique, la critique féministe de la définition du travail a débouché sur un élargissement de la définition de ce concept. Ainsi, le travail social total (Hirata et Zarifian, 2000) désigne non seulement le travail prescrit, salarié, professionnel, mais aussi le travail gratuit, domestique, de soin et de soutien (Barrère-Maurisson, 1984). C'est dans cette perspective que nous souhaitons discuter de l’organisation du travail effectué par les femmes incarcérées à la prison Tanguay (Goffman, 1961, Juteau et Laurin-Frenette, 1997). Il s'agira de s'interroger sur l'organisation de l'ensemble des activités de travail qui ont lieu à l'intérieur de l'institution carcérale, suivant les contraintes qui lui sont propres, ainsi qu'à l'extérieur, dans les trajectoires de vie des femmes incarcérées, ainsi que sur les liens entretenus avec l'extérieur lors de l'incarcération. Nous soutiendrons que les femmes incarcérées constituent une fraction particulière de travailleuses. Leurs activités de travail ne sont pas comparables à celles des femmes n'évoluant que dans les univers domestique et/ou salarié. Une des caractéristiques du travail qu'elles effectuent à l'intérieur de l'institution carcérale est d'être non-libre et pratiquement gratuit. Nous souhaitons discuter de l'hypothèse selon laquelle le corps et le travail des femmes serait d'ores et déjà insérés dans un rapport d'appropriation collective d'abord, comme classe de sexe, et individuelle, dans bien des cas, dans la société dite libre. Dans cette perspective l’incarcération viendrait donc moduler cette appropriation. Nous croyons que le travail des femmes incarcérées pourrait correspondre à une forme paradigmatique permettant de prolonger la critique féministe de l'exploitation et l'analyse du rapport d'appropriation.
Séance : Travail domestique, exploitation et renouvellements de la critique féministe - Séance 5 - Pratiques de résistance, militantes et revendicatives autour du travail domestique : vers un état des lieux
Animatrice :  
Auteure : Louise Toupin (UQAM)
1 - Une lutte féministe oubliée : le salaire au travail ménager, 1972-1977. Parcours d’une pensée et son incarnation dans l’action
Question de réinscrire dans l’histoire des idées et du mouvement féministes un chapitre évanoui, tout en offrant un arrière-plan historique à de nombreux débats actuels entourant la question de la reproduction sociale, la communication entend témoigner d’un courant de pensée, qui était aussi un mouvement actif dans plusieurs pays durant la décennie 1970, et qui s’est incarné dans la lutte autour du salaire au travail ménager. Issu d’un livre phare de Mariarosa Dalla Costa et de Selma James, Le pouvoir des femmes et la subversion sociale (Genève, Librairie Adversaire, 1973), les idées et les stratégies d’action de ce courant du féminisme recouvraient beaucoup plus que l’ensemble des tâches matérielles englobées communément sous l’étiquette de « travail ménager » ou « domestique », et se déployaient bien au-delà de l’objectif de sa rémunération salariale. Il s’agissait de faire émerger la problématique de la reproduction même des sociétés. Ce mouvement s’est voulu transnational, ce qui était une première dans cette « seconde vague » du féminisme. Autre fait inusité à l’époque : la grande diversité de ses militantes, dont certaines ont pu former leurs propres groupes, sur leurs propres bases, à l’intérieur du même réseau. Ces dernières ont pu ainsi développer des analyses, qu’on qualifierait aujourd’hui d’« intersectionnelles », à partir de leurs positions respectives de lesbiennes, de femmes racisées, d’assistées sociales, de serveuses, d’infirmières ou de mères, le tout dans la perspective du salaire au travail ménager. Ces divers groupes étaient actifs dans plusieurs champs de luttes où, chaque fois, étaient établis des liens avec le travail invisible et gratuit des femmes. La communication entend évoquer ce que fut ce mouvement, sa pensée et ses luttes, depuis son origine (1972) jusqu’à on apogée (1977), moment où il constituait un réseau, appelé Collectif féministe international, qualifié par certaines d’ « embryon d’internationale des femmes ».
Auteure : Laetitia Carreras (Centre de Contact Suisses-Immigrés)
2 - Travailleuses domestiques sans autorisation de séjour: revendications et paradoxes d'une lutte pour la régularisation
A travers cette communication, nous aborderons certaines revendications et paradoxes de la campagne nationale « Aucune employée de maison n'est illégale », lancée au mois de mars 2013 en Suisse. Dès l'émergence, au début des années 2000, des mouvements de travailleuses et de travailleurs sans statut légal, ainsi que de différents collectifs de soutien en Suisse, la question du travail domestique a été centrale. En effet, dans les cantons urbains, la majorité des migrant-e-s sans statut légal est constituée de femmes qui travaillent dans le secteur de l'économie domestique. Cette campagne revendique un réel accès aux assurances sociales de base et aux tribunaux du travail dans toute la Suisse sans risque d'expulsion, ainsi que la régularisation des personnes sans statut légal, avec une attention particulière à celles qui travaillent dans le secteur de l’économie domestique. L'implication de travailleuses domestiques sans statut légal, ainsi que les différentes actions menées par les réseaux locaux, ont contribué à rendre visible cette réalité. Par ailleurs, le cadre législatif migratoire en Suisse dévoile la manière dont celui-ci entérine les divisions sexuelle, internationale et sociale du travail et procède à un véritable « marquage du corps social » (Guillaumin) en assignant les migrantes à des secteurs d’activité bien précis. La délicate articulation des revendications entre le court, le moyen et le long terme sera abordée à travers les problématiques de la régularisation et des risques d’assignation.
Auteure : Jules Falquet (CEDREF-LCSP Université Paris Diderot)
3 - Le « dés-amalgamage conjugal » en contexte néolibéral : libération ou nouvelles formes d’appropriation ?
Ma communication analysera les nouvelles modalités néolibérales du travail des femmes. Pensant particulièrement à celles qu’Ehrenreich et Hochschild ont baptisées les « femmes globales » (les bonnes d’enfants, les femmes de ménage et les « travailleuses du sexe », 2003), on s’interrogera sur la « professionalisation » ou « mise sur le marché » des activités que Paola Tabet a qualifiées d’« amalgame conjugal » (2004), à savoir un ensemble d’activités que les épouses fournissent en bloc et sans mesure à l’époux en échange d’un entretien en nature —travail domestique, procréatif, sexuel et émotionnel. S’agit-il pour les femmes d’une possibilité de se libérer de l’appropriation individuelle dans l’institution familiale, grâce à une entrée —même partielle— sur le marché du travail ? Ou, plutôt, dans la perspective de Guillaumin (1992), de nouvelles formes d’appropriation (collective) des femmes —et si oui, de quelles femmes et comment ? J’analyserai dans une perspective d’imbrication des rapports sociaux de sexe, « race » et classe, qui pratique le désamalgamage et dans quelles conditions. Le poids des travailleuses racialisées, prolétarisées, migrantes illégalisées ou des travailleuses de pays du Sud exerçant à distance (loueuses d’utérus transnationales, cyber-travailleuses du sexe par exemple), attire l’attention sur les conditions institutionnelles et légales d’exercice de ces activités, ainsi que sur les diverses formes de violences et de persuasion qui sont mises en oeuvre pour amener certains segments de la population mondiale à les réaliser au plus bas coût possible, permettant cependant d’importants bénéfices pour de nombreux intermédiaires.
Séance : Colloque 240 - Séance 9 - Débats pluriels théoriques et renouvèlements de la critique féministe de l'économie politique
Animatrice :  
Auteure : Aurélie DAMAMME (Université Paris 8)
1 - Perspective du care et handicap : de quelle autonomie parle-t-on ?
A partir d’enquêtes menées auprès de pourvoyeur-e-s de care dans la sphère domestique mais aussi d’hommes et de femmes en situation de handicap au sein de mouvements organisés depuis 2006, je chercherai à montrer les tensions en jeu autour de la conceptualisation du travail et des relations d’aide et de soin. La perspective du care développée par Joan Tronto (2009) propose de considérer le care dans sa double dimension de travail et de disposition en soulignant la centralité des rapports de pouvoir entre les différents protagonistes tout au long du processus. Critiquée par les auteurs des disability studies pour sa minorisation de ceux qui sont qualifiés de « destinataires », la perspective du care rend visible une difficulté centrale : celle de la qualification de l’autonomie et de ce qui est censé être son envers, la dépendance, et par voie de conséquence, celle des conditions de sa réalisation. Comment s’entendre sur la qualification des tâches qui favorisent l’objectif d’autonomie de la personne dite destinataire ? Quelles sont ensuite les conditions de réalisation du care qui permettent de ne pas dominer les pourvoyeuses du care (en particulier professionnelles mais aussi dans la sphère domestique) ? A l’heure de la forte marchandisation des services d’aide à la personne, et en s’inspirant des critiques féministes des disability studies (Morris, 1993), la définition de l’autonomie des personnes en situation de handicap mérite d’être interrogée pour ne pas reproduire les biais d’une approche généralement conçue sur le modèle de l’homme blanc avec un handicap physique, ni faire abstraction des rapports de pouvoir en jeu dans les relations avec les autres protagonistes.
Auteure : Jeanne Ollivier-Gobeil (UQÀM)
Le-s co-auteure-s : Martin Gallié (UQAM)
2 - Travail non libre et travail domestique : étude de cas des travailleuses domestiques résidantes à Montréal
Cette proposition de communication s’appuie sur une recherche pluridisciplinaire menée en collaboration avec PINAY qui porte sur les conditions de vie, de travail et de lutte des travailleuses domestiques résidantes à Montréal. Elle consiste à défendre l’hypothèse selon laquelle cette fraction de classe est soumise à une forme de travail « non libre ». Après avoir brièvement présenté le programme des aides familiales résidantes (PAFR), nous reviendrons sur les concepts de « travail non libre » (Miles, 1987 ; Moulier-Boutang, 1996 ; Botte, 2005 ; Le Baron, 2013) et de « formes transitionnelles d’exploitation » (Guillaumin, 1978) puis nous examinerons les rares recherches qui appliquent ces concepts au travail domestique, salarié ou non (Fudge et Strauss, 2014 ; Delphy, 2013). Dans un second temps, à partir de l’enquête menée auprès de 33 travailleuses domestiques résidantes, nous tenterons de mettre en évidence les caractéristiques du régime spécifique d’exploitation des travailleuses domestiques en terme de temps de travail, de privation des droits à la liberté et à la vie privée. Finalement, nous reviendrons sur le problème du « non partage » (Delphy, 2006) du travail domestique entre hommes et femmes, mais aussi entre femmes. Cette communication tentera ainsi de s’emparer des débats, anciens et actuels, sur la place du travail domestique pour la critique de l’économie politique (Delphy, 2013) et du droit du travail.
Auteure : Vanessa L'écuyer (UQAM)
3 - Travail gratuit et non-libre: la prison Tanguay comme forme d'actualisation du rapport social d'appropriation des femmes?
Par la problématisation du travail domestique, la critique féministe de la définition du travail a débouché sur un élargissement de la définition de ce concept. Ainsi, le travail social total (Hirata et Zarifian, 2000) désigne non seulement le travail prescrit, salarié, professionnel, mais aussi le travail gratuit, domestique, de soin et de soutien (Barrère-Maurisson, 1984). C'est dans cette perspective que nous souhaitons discuter de l’organisation du travail effectué par les femmes incarcérées à la prison Tanguay (Goffman, 1961, Juteau et Laurin-Frenette, 1997). Il s'agira de s'interroger sur l'organisation de l'ensemble des activités de travail qui ont lieu à l'intérieur de l'institution carcérale, suivant les contraintes qui lui sont propres, ainsi qu'à l'extérieur, dans les trajectoires de vie des femmes incarcérées, ainsi que sur les liens entretenus avec l'extérieur lors de l'incarcération. Nous soutiendrons que les femmes incarcérées constituent une fraction particulière de travailleuses. Leurs activités de travail ne sont pas comparables à celles des femmes n'évoluant que dans les univers domestique et/ou salarié. Une des caractéristiques du travail qu'elles effectuent à l'intérieur de l'institution carcérale est d'être non-libre et pratiquement gratuit. Nous souhaitons discuter de l'hypothèse selon laquelle le corps et le travail des femmes serait d'ores et déjà insérés dans un rapport d'appropriation collective d'abord, comme classe de sexe, et individuelle, dans bien des cas, dans la société dite libre. Dans cette perspective l’incarcération viendrait donc moduler cette appropriation. Nous croyons que le travail des femmes incarcérées pourrait correspondre à une forme paradigmatique permettant de prolonger la critique féministe de l'exploitation et l'analyse du rapport d'appropriation.
Séance : Colloque 240- Séance 10 - Pratiques de résistances, militantes et revendicatives autour du travail domestique: vers un état des lieux
Animatrice :  
Auteure : Louise Toupin (UQAM)
1 - Une lutte féministe oubliée : le salaire au travail ménager, 1972-1977. Parcours d’une pensée et son incarnation dans l’action
Question de réinscrire dans l’histoire des idées et du mouvement féministes un chapitre évanoui, tout en offrant un arrière-plan historique à de nombreux débats actuels entourant la question de la reproduction sociale, la communication entend témoigner d’un courant de pensée, qui était aussi un mouvement actif dans plusieurs pays durant la décennie 1970, et qui s’est incarné dans la lutte autour du salaire au travail ménager. Issu d’un livre phare de Mariarosa Dalla Costa et de Selma James, Le pouvoir des femmes et la subversion sociale (Genève, Librairie Adversaire, 1973), les idées et les stratégies d’action de ce courant du féminisme recouvraient beaucoup plus que l’ensemble des tâches matérielles englobées communément sous l’étiquette de « travail ménager » ou « domestique », et se déployaient bien au-delà de l’objectif de sa rémunération salariale. Il s’agissait de faire émerger la problématique de la reproduction même des sociétés. Ce mouvement s’est voulu transnational, ce qui était une première dans cette « seconde vague » du féminisme. Autre fait inusité à l’époque : la grande diversité de ses militantes, dont certaines ont pu former leurs propres groupes, sur leurs propres bases, à l’intérieur du même réseau. Ces dernières ont pu ainsi développer des analyses, qu’on qualifierait aujourd’hui d’« intersectionnelles », à partir de leurs positions respectives de lesbiennes, de femmes racisées, d’assistées sociales, de serveuses, d’infirmières ou de mères, le tout dans la perspective du salaire au travail ménager. Ces divers groupes étaient actifs dans plusieurs champs de luttes où, chaque fois, étaient établis des liens avec le travail invisible et gratuit des femmes. La communication entend évoquer ce que fut ce mouvement, sa pensée et ses luttes, depuis son origine (1972) jusqu’à on apogée (1977), moment où il constituait un réseau, appelé Collectif féministe international, qualifié par certaines d’ « embryon d’internationale des femmes ».
Auteure : Laetitia Carreras (Centre de Contact Suisses-Immigrés)
2 - Travailleuses domestiques sans autorisation de séjour: revendications et paradoxes d'une lutte pour la régularisation
A travers cette communication, nous aborderons certaines revendications et paradoxes de la campagne nationale « Aucune employée de maison n'est illégale », lancée au mois de mars 2013 en Suisse. Dès l'émergence, au début des années 2000, des mouvements de travailleuses et de travailleurs sans statut légal, ainsi que de différents collectifs de soutien en Suisse, la question du travail domestique a été centrale. En effet, dans les cantons urbains, la majorité des migrant-e-s sans statut légal est constituée de femmes qui travaillent dans le secteur de l'économie domestique. Cette campagne revendique un réel accès aux assurances sociales de base et aux tribunaux du travail dans toute la Suisse sans risque d'expulsion, ainsi que la régularisation des personnes sans statut légal, avec une attention particulière à celles qui travaillent dans le secteur de l’économie domestique. L'implication de travailleuses domestiques sans statut légal, ainsi que les différentes actions menées par les réseaux locaux, ont contribué à rendre visible cette réalité. Par ailleurs, le cadre législatif migratoire en Suisse dévoile la manière dont celui-ci entérine les divisions sexuelle, internationale et sociale du travail et procède à un véritable « marquage du corps social » (Guillaumin) en assignant les migrantes à des secteurs d’activité bien précis. La délicate articulation des revendications entre le court, le moyen et le long terme sera abordée à travers les problématiques de la régularisation et des risques d’assignation.
Auteure : Jules Falquet (CEDREF-LCSP Université Paris Diderot)
3 - Le « dés-amalgamage conjugal » en contexte néolibéral : libération ou nouvelles formes d’appropriation ?
Ma communication analysera les nouvelles modalités néolibérales du travail des femmes. Pensant particulièrement à celles qu’Ehrenreich et Hochschild ont baptisées les « femmes globales » (les bonnes d’enfants, les femmes de ménage et les « travailleuses du sexe », 2003), on s’interrogera sur la « professionalisation » ou « mise sur le marché » des activités que Paola Tabet a qualifiées d’« amalgame conjugal » (2004), à savoir un ensemble d’activités que les épouses fournissent en bloc et sans mesure à l’époux en échange d’un entretien en nature —travail domestique, procréatif, sexuel et émotionnel. S’agit-il pour les femmes d’une possibilité de se libérer de l’appropriation individuelle dans l’institution familiale, grâce à une entrée —même partielle— sur le marché du travail ? Ou, plutôt, dans la perspective de Guillaumin (1992), de nouvelles formes d’appropriation (collective) des femmes —et si oui, de quelles femmes et comment ? J’analyserai dans une perspective d’imbrication des rapports sociaux de sexe, « race » et classe, qui pratique le désamalgamage et dans quelles conditions. Le poids des travailleuses racialisées, prolétarisées, migrantes illégalisées ou des travailleuses de pays du Sud exerçant à distance (loueuses d’utérus transnationales, cyber-travailleuses du sexe par exemple), attire l’attention sur les conditions institutionnelles et légales d’exercice de ces activités, ainsi que sur les diverses formes de violences et de persuasion qui sont mises en oeuvre pour amener certains segments de la population mondiale à les réaliser au plus bas coût possible, permettant cependant d’importants bénéfices pour de nombreux intermédiaires.
Séance : Colloque 240- Séance 11 - Politiques publiques, précarisation du travail salarié et stratégies des femmes envers le temps travaillé rémunéré et non rémunéré
Animatrice :  
Auteure : Annabelle Seery (Université de Montréal)
1 - Travail domestique et discours du mouvement des femmes québécois : qu’en pensent les jeunes féministes?
Au sein du mouvement des femmes québécois, on a vu se développer au courant des années 1970 un discours de libération des femmes par le travail rémunéré : en occupant un emploi à l’extérieur du foyer, les femmes se libèreraient de leur dépendance économique vis-à-vis de leurs conjoints. Bien qu’elle ait été fortement contestée au cours des années 1970 comme depuis, cette conception de l’émancipation continue de marquer nombre de discours féministes au Québec. Parallèlement, l’assignation au travail domestique, encore majoritairement féminin, est perçue comme faisant obstacle à la pleine égalité entre les femmes et les hommes. Quelles sont les réflexions des plus jeunes féministes sur ces questions? Cette communication s’appuie sur des entretiens semi-directifs réalisés avec 29 femmes âgées entre 23 et 36 ans s’identifiant comme féministes et ayant un lien d’appartenance avec un lieu de militance féministe au Québec. Elle montre que leur rapport au travail, tant domestique que rémunéré, les poussent à réouvrir le débat au sein du mouvement sur la question du travail domestique. Cette réactualisation des réflexions aurait comme toile de fond un marché du travail précarisé et exigeant, de même que des rapports familiaux tendant davantage vers l’égalité que ce que le contexte des années 1970 offrait. Tout en saluant les luttes de leurs prédécesseures qui ont mené, entre autres, aux congés parentaux et aux services de garde actuels, elles veulent dépasser l’approche de la conciliation famille-travail telle qu’on la connaît depuis plusieurs années.
Auteure : Suzy Bossard (Université Lille 1, Clersé)
2 - L’ambivalence de la demande de travail d'emploi à temps partiel des femmes précaires employées dans les services aux personnes
Dans un contexte de non-reconnaissance salariale (précarité des conditions d’emploi, absence de formation, faiblesse des salaires) du travail de care et ou de services aux personnes rémunéré, la demande de travail à temps partiel (Kergoat 2012 [1984][1] ; Angeloff 2000[2]) se révèle ambivalente. D’un coté, elle signale une résistance des femmes précaires à l’exploitation salariale (vendre sa force de travail à quel(s) prix ?) et à la vie domestique exclusive ; de l’autre, elle leur permet de tenir le travail domestico-parental auquel elles sont assignées et d'obtenir un revenu salarial. L’analyse proposée ici montre l’intérêt de penser ensemble travail professionnel et travail domestique (Galerand et Kergoat 2008[3]). Cette communication s’appuie sur une recherche en cours qui s’intéresse aux conditions d’emploi et de travail des Auxiliaires de vie scolaire (AVS), personnel précaire de l’Éducation nationale au service des enfants en situation de handicap, à l’aune des rapports sociaux (de sexe, de classe, d’âge et de race). Nous utiliserons des matériaux provenant de l’observation des 87 entretiens d’embauche et dossiers de candidatures, et des entretiens semi-directifs avec 30 AVS permettant de retracer leurs trajectoires pour rendre compte de la dimension paradoxale de la demande d'emploi à temps partiel pour ces femmes précaires, entre émancipation et reproduction du travail de care.
Auteure : Marie-Hélène Deshaies (Université Laval)
3 - Permanences et variations dans le partage de la responsabilité des soins : une analyse de discours des politiques publiques québécoises de soutien aux personnes âgées
La question des soins à apporter aux personnes dépendantes et vulnérables a toujours constitué une préoccupation importante pour les femmes compte tenu des rôles spécifiques qui leur ont été traditionnellement assignés au sein de la famille et de la société. Les transformations sociales, démographiques et économiques des dernières décennies ont contribué à redessiner les contours de cette question d’une façon toute particulière et ont favorisé l’émergence de tensions nouvelles : 1) inégalités professionnelles et économiques pour les femmes liées notamment à la persistance d’une division traditionnelle des soins dans la sphère familiale; 2) accès insuffisant aux soins pour les femmes vulnérables et dépendantes dans un contexte de réduction des services offerts par l’État; 3) déplacement d’une partie des tâches de soins vers des travailleuses à statut précaire. À travers les débats, discussions et prises de position entourant l’adoption de politiques publiques à l’égard des personnes âgées se profilent différents positionnements quant au rôle des femmes et des hommes et quant à celui de l’État, du marché, de la famille et du tiers secteur dans le financement, la prestation et la régulation des soins à apporter aux personnes dépendantes et vulnérables. L’objectif est ici de mieux comprendre comment ces discours ont, dans le contexte québécois des dernières décennies, contribué à (re)définir le problème du partage de la responsabilité des soins, à diminuer ou accroître les inégalités, à maintenir ou transformer les rapports sociaux de sexe.
Séance : Colloque 240 - Séance 12 - Regards historiques sur les mutations du travail domestique et parental au XXe siècle
Animatrice :  
Auteure : Marie-Laurence Beaumier (Université Laval \ Réseau québécois en études féministes)
1 - Genre et division sexuelle du travail domestique: réflexions sur la construction des expériences parentales en milieu populaire québécois, 1945-1977
Depuis le tournant des années 1970, l'étude des structures de l'économie familiale a fait partie des thématiques centrales des recherches féministes aussi bien en France et aux États-Unis qu'au Québec et au Canada. En croisant les rapports de genre et de classe dans leurs analyses des familles, ces historiennes et sociologues ont défini, conceptualisé et mis en lumière l'importance historique du travail domestique des femmes, et également les effets multiples et structurants du système patriarcal et de la division sexuelle du travail sur la vie et les structures familiales. Cette communication s'inscrit dans cette tradition historiographique et propose d'analyser l'impact de la division sexuelle du travail domestique sur la construction des identités paternelles et maternelles au moment de la transition vers la parentalité. L'analyse reposera principalement sur des entrevues orales réalisées avec des pères et des mères appartenant au milieu populaire et ayant eu des enfants dans la ville de Québec entre 1945 et 1977. La notion de parentalité nous servira ici d'espace pour interroger les dynamiques interactionnelles à l'oeuvre dans la construction et l'évolution des identités paternelles et maternelles. Nous tenterons plus particulièrement de comprendre dans quelle mesure la division sexuelle du travail domestique favorise « le renforcement des identités sexuées » (Véronique Rouyer, 2011) à travers la construction et la modulation des expériences parentales.
Auteure : Marilyne Brisebois (Réquef/Université Laval)
2 - De l’enseignement de la couture comme reflet de la complexification du travail domestique au Québec, 1940-1970
Cette communication se propose d’aborder une institution « où les femmes font, dès leur plus jeune âge, l’apprentissage de la féminité » : l’école. La période retenue, qui va des années 1940 aux années 1970, demeure en histoire de l’éducation des filles encore peu étudiée. L’analyse se base essentiellement sur les archives de l’enseignement ménager, dans les institutions consacrées spécifiquement à cette mission mais aussi ailleurs, disponibles dans le Fonds du Ministère de l’éducation du Québec. À travers l’étude de l’enseignement de la couture, à la fois symbole de la production domestique ainsi qu’habileté permettant d’entrer sur le marché du travail salarié, c’est la reproduction idéologique qui est observée. L’existence de cet enseignement ne signifie toutefois pas qu’une seule conception de ce que devait être et de ce à quoi devait mener cette formation avait cours. En effet, différentes positions coexistent sur le sujet, notamment dans le contexte de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Commission Parent) des années 1960. Cette présentation s’inscrit dans une réflexion sur le travail domestique et sa complexification dans la seconde moitié du XXe siècle québécois, à travers la lunette offerte par l’étude de la couture. Elle se veut une prise de position féministe en histoire, un engagement pour l’étude de cette forme spécifique que prend la division sexuelle du travail pour les femmes.
Auteure : Catherine Charron (Université Laval)
3 - « La vie, elle me ramenait là tout le temps » : Récits de travail domestique rémunéré, Québec, XXe siècle
Depuis l’époque industrielle, les métiers domestiques sont parmi les moins convoités, bien que les plus accessibles aux femmes, qui quittent ces emplois dès qu’elles peuvent accéder à d’autres horizons professionnels. Dans le dernier tiers du XXe siècle, l’émergence d’un « archipel de petits métiers féminins » (Mozère) non qualifiés se nourrit et alimente à la fois le phénomène de la précarisation de l’emploi, réactualisant l’héritage séculaire des savoir-faire féminins naturalisés et d’un rapport de travail informel et personnalisé. L’approche biographique nous permet de saisir non seulement les mécanismes socio-historiques de refoulement d’un certain nombre de femmes vers des emplois domestiques ou associés au care au cours des dernières décennies du XXe siècle au Québec, mais également les ambiguïtés, au cœur de la mise en récit du travail domestique rémunéré, des différents ancrages identitaires découlant du rapport des femmes de milieu populaire au domestique, au salariat et à la famille. Une approche qui donne une nouvelle mesure de l’invisibilité de ces activités situées à l’interface des sphères marchande et familiale, interrogeant les nouvelles formes de « délégation » (Kergoat) du travail autour des clivages de genre, de classe et de race, et renouvelant des questionnements déjà anciens en histoire des femmes autour de la division sexuelle du travail.
Séance : Colloque 240 - Séance 13 - Comment observer, mesurer et rendre compte du travail domestique, de sa distribution et de son exploitation?
Animatrice :  
Auteure : Isabelle Courcy (Université d'Ottawa)
Le-s co-auteure-s : Catherine Boucher (UQÀM); Geneviève Laroche (UQÀM)
1 - Besoins spéciaux, répartition spéciale ? Appréhender le travail domestique de parents d’enfants autistes et les mécanismes de son non partage au sein du couple
Avec: Catherine des Rivières-Pigeon, Professeure Université du Québec à Montréal Avoir un enfant présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA) semble aujourd’hui constituer une réalité familiale relativement fréquente. Les dernières données populationnelles indiquent à cet effet une prévalence d’un enfant sur 68 (Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, 2014). Au Québec, ce sont généralement les mères qui effectuent la majeure partie du travail lié au soin, à la stimulation et à l’éducation de ces enfants. Si la distribution asymétrique marquée qui s’observe dans ces familles a été déjà été décrite dans le cadre de recherches antérieures (Courcy, 2014; Courcy et des Rivières-Pigeon, 2013), les mécanismes qui sous-tendent cette répartition et les facteurs susceptibles de la modifier sont moins connus. La communication proposée vise à présenter une recherche que nous avons menée auprès de quinze familles d’enfants ayant un TSA au Québec. Cette recherche avait pour objectif d’analyser de façon exhaustive et approfondie les tâches domestiques accomplies par ces parents (treize mères et neuf pères) afin de mieux comprendre les dynamiques sous-jacentes au (non) partage du travail domestique au sein de ces familles. Un dispositif méthodologique original a été élaboré afin d’appréhender, dans ses multiples dimensions (matérielles, cognitives et émotives), le travail domestique des participantes et des participants. Les résultats obtenus permettent une meilleure conceptualisation du travail qui est effectué par ses parents, des enjeux de sa « bonne » réalisation et des mécanismes qui sous-tendent son (non) partage. Ces résultats seront présentés plus en détail tout comme les pistes de réponses qu’ils nous permettent d’avancer pour mieux soutenir les familles d’enfants présentant un TSA et ainsi favoriser une répartition plus équitable du travail domestique entre les hommes et les femmes.
Auteure : Marianne Modak (HeTS&S - Vaud, eesp, Lausanne)
2 - « Contre la dst ? L’usage du « partage » du travail dans le couple comme « action de reconnaissance » du « parent non statutaire »
Un double mouvement caractérise, pour le dire vite, la famille contemporaine : de contractualisation, de dénaturalisation et de politisation de la famille sous le coup des revendications féministes ; de reconduction de la division sexuelle du travail et de l’antagonisme de sexe au sein du couple par le système de genre. Bref, dans la famille contemporaine, les relations sont à la fois de solidarité et inscrites dans un rapport social (Combes) et la gageure est de « démêler les confusions scientifiquement entretenues entre rapport social de sexe et rapport conjugal » (Devreux). J’aimerais examiner le problème de la reconnaissance du rôle parental du « parent non statutaire » en montrant que celle-ci se joue dans cette double composante du couple. Ma communication va présenter les résultats d’une étude qualitative[2] par trois vagues successives d’entretiens conduits auprès d’une vingtaine de couples vivant en familles hétérosexuelles recomposées et homoparentales et dont la caractéristique principale est qu’un des conjoint·e n’est pas, légalement, le parent de l’enfant avec lequel il ou elle vit. L’analyse des résultats va porter sur les « actions » de reconnaissance de la parentalité « non statutaire » et notamment sur le « partage » du travail dans le couple, sachant que parmi les socles de légitimation de la filiation (socles juridique, biologique et domestique) le travail de soin, d’élevage et d’éducation de l’enfant ne compte pas à un double titre : dans la loi qui, en Suisse ne reconnaît pas de statut au tiers (mais une obligation d’entretien) et dans l’économie capitaliste qui relègue le travail domestique et de care dans le privé et l’invisibilité. Tout ceci est bien connu. Je montrerai que l’exercice d’une parentalité socialement non légitime est toléré au premier chef dans la mesure où a pu être négociée dans le couple et son environnement, la reconnaissance du parent non statutaire sur la base, notamment, du « partage » du travail (domestique et salarié) dans lequel le parent non statutaire est conduit à jouer différents rôles (substitution, interchangeabilité, subsidiarité, appropriation). Nos résultats indiquent que l’antagonisme de sexe peut être affaibli ou renforcé par la réalisation de l’objectif supérieur que se donne le couple conjugal : sa transformation, partielle ou totale en couple parental.
Auteure : Rose-Myrlie Joseph (Université Paris 7 et Université de Lausanne)
3 - Jouer le travail, déjouer les rapports sociaux : apports et limites du sociodrame dans l’analyse du travail des femmes
Les relations de travail se présentent comme le théâtre des rapports sociaux qui s’y expriment dans toute leur violence. Dans ma recherche sur l’articulation des rapports sociaux, je propose à des groupes de femmes de mimer les relations de travail en utilisant le sociodrame. Des femmes en Haïti et en France ont ainsi joué des scènes de ménage autour du partage des tâches, ce qui a permis de discuter de la division sexuelle du travail. Elles ont aussi joué, dans le service domestique, les relations entre les femmes patronnes qui externalisent le travail domestique et les femmes migrantes pauvres et racisées que les patronnes emploient. Cela ouvre alors la discussion sur les divisions sociale, raciale et internationale du travail. Le sociodrame comme « jeu de rôle » permet ainsi d’aborder les rapports sociaux en observant et en jouant les relations de travail. Et en cela, il devient, plus qu’un « jeu drôle », un véritable outil de discussion et d’analyse. Mais ces actrices, prises à la fois dans leur rôle social habituel et dans le rôle qu’elles interprètent, arrivent-elles vraiment à appréhender les rapports sociaux dans leur articulation? Quels sont les apports et limites du sociodrame dans l’analyse du travail des femmes?