Détail ::::::
Activité : Colloque
Titre : 240 - Transformations du travail, imbrication des rapports de pouvoir et action collective pour le changement social - Atelier 5 - Genre et travail dans les villes africaines
Responsable(s) : Agnès Adjamagbo et Anne Calvès
Résumé : Avec la globalisation et la financiarisation de l’économie ainsi que la ruée néocoloniale et militariste vers les sources d’énergie fossile et les technologies, les transformations dans l’organisation notamment sexuée du travail semblent s’intensifier. Les femmes, en nombre croissant dans les secteurs formel et informel de l’économie mondiale, sont de plus en plus souvent les pourvoyeures principales ou co-pouvoyeures des foyers, dont une part sont devenus transnationaux, tout en demeurant, dans l’immense majorité des cas, responsables du travail domestique non salarié. Leur rapport au travail se trouve ainsi reconfiguré selon diverses formes d’organisation productive et d’exploitation : réseaux de production mondiaux; lean production; sous-traitance, recours au travail informel ou à d’autres formes d’emploi précarisé, à temps partiel et intermittent. Dans ces modèles organisationnels néo et postfordistes, quelles sont les nouvelles modalités de la division sexuelle du travail ? En quoi se démarquent-elles des modalités plus anciennes, héritées des siècles précédents ? Comment cette division sexuelle du travail s’est-elle arrimée dans le passé et s’imbrique-t-elle aujourd’hui avec d’autres divisions sociales (raciale, internationale, etc.) du travail pour renforcer la concurrence au détriment de la solidarité? Quels sont les effets de ces transformations du travail au plan des droits des femmes et au plan de leur santé ? Comment se répercutent-elles sur l’organisation du travail domestique gratuit? Dans les espaces classiques d’action collective à l’égard du travail (mouvements syndical, associatif, militant), existe-t-il des voies d’émancipation à l’égard des nouvelles formes de subordination qui ne secondarisent pas les autres rapports de domination (hétérosexisme, agisme, racisme, etc.) sous-jacents? Et quels sont les nouveaux espaces d’action collective auxquels les femmes participent afin de défendre un ordre social et écologique plus juste où le travail serait partagé de façon égalitaire et aurait systématiquement un sens ? RÉSUMÉ de l'ATELIER : Dans la plupart des pays d’Afrique sub-saharienne l’activité économique des femmes jouent un rôle économique majeur en particulier dans le domaine agricole. En revanche, lorsque l’on exclut le travail non rémunéré exercé à titre d’ des aides familiales, le désavantage des femmes par rapport aux hommes en matière d’emploi est frappant. Dans un contexte marqué par un accès limité des filles à l’instruction, à l’apprentissage et au capital, mais aussi par des normes sociales qui valorisent les activités reproductives et domestiques des femmes et font des hommes les principaux pourvoyeurs de revenus des ménages, les femmes sont en effet marginalisées sur le marché du travail. Elles sont plus enclines que les hommes à travailler sans rémunération, connaissent typiquement des taux de chômage plus élevés sur le marché du travail urbain, et sont souvent cantonnées dans les activités les plus précaires et les moins rémunératrices du secteur informel. Aujourd’hui cependant, avec le renchérissement du coût de la vie, le chômage et la précarisation de l’emploi des chefs de ménage masculins mais aussi la forte progression de la scolarisation des filles et une perception de l’emploi féminin qui change, notamment au sein des classes moyennes, on observe une féminisation croissante du marché de l’emploi dans les villes africaines qui bouscule la division sexuelle du travail et les rapports de genre au sein des familles. Les modèles changent et ce sont ces changements que cet atelier propose de mettre en lumière. Il s'agira, ce faisant, de s'interroger sur les retombées du travail des femmes sur leur statut dans la famille et sur leur contribution aux dépenses des ménages, en considérant le travail au sens large, c'est-à-dire intégrant le travail domestique particulièrement chronophage dans cette partie du monde. La question de la conciliation travail - famille, bien connue des sociétés occidentales mais longtemps ignorée en Afrique sera également traitée. COORDONNATRICES du COLLOQUE : • Louise BOIVIN, professeure au Département de relations industrielles de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) • Aline CHARLES, professeure au Département des sciences historiques de l’Université Laval • Elsa GALERAND, professeure au Département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM)

Séance : Genre et travail dans les villes africaines - Séance 1
Animatrice :  
Auteure : Bilampoa GNOUMOU THIOMBIANO (Université de Ouagadougou)
1 - Activités économiques en milieu urbain Ouest africain : des disparités entre hommes et femmes
La participation des femmes aux activités économiques est un facteur important du développement durable. Dans les pays d’Afrique, avec l'urbanisation croissante et les crises économiques persistantes, les femmes se trouvent de plus en plus au centre des enjeux économiques. Cependant, bien que leur participation aux activités économiques augmente, des inégalités existent entre elles et les hommes dans les différents secteurs économiques. En effet, les femmes n’ont pas les mêmes types d’emplois et elles ne font pas les mêmes carrières que les hommes. Peu qualifiées et peu instruites, les femmes occupent souvent des emplois précaires et peu rentables, particulièrement dans le secteur informel. L’objectif de la communication est d’examiner les activités économiques des femmes en milieu urbain Ouest africain en comparaison avec celles des hommes. Les données utilisées proviennent de l’enquête "activités économiques, partage des ressources et prise en charge des dépenses au sein des ménages urbains (AEMU)" réalisée en 2012 dans le cadre du projet de recherche "Famille, genre et activités en Afrique subsaharienne (FAGEAC)". L'étude tentera de répondre aux questions suivantes. Quelle est la division sexuelle du travail en milieu urbain africain? Quelles sont les transformations du travail féminin dans les villes africaines? Comment ces transformations se répercutent-elles sur les rapports entre les hommes et les femmes?
Auteure : Ayemi Lawani (Université de Montréal)
2 - Trajectoires professionnelles d'entrée dans les sociétés civiles africaines: devenir et être les femmes leaders d'ONG à Cotonou et à Lomé
Cette communication porte sur les trajectoires professionnelles des femmes au sein des sociétés civiles à Cotonou (Bénin) et à Lomé (Togo). Avec la montée en puissance des ONG locales dans la conception et la mise en œuvre des projets de développement, et la mise en avant du concept de « genre et développement », il est devenu pertinent de s’intéresser à l’expérience des femmes professionnelles dans les ONG locales de développement. Dans un premier temps, la communication répondra à la question suivante : quels processus sociaux conduisent des femmes à devenir des actrices de premier plan au sein des organisations non gouvernementales (ONG) dans les deux villes? Il s’agira d’analyser les mutations contextuelles qui ont favorisé la montée des ONG féminines à Cotonou et Lomé, ainsi que les profils biographiques des femmes professionnelles au sein de ces ONG. Dans un second temps, la présentation s’intéressera aux expériences de ces femmes. Comment perçoivent-elles leur champ professionnel? Et, comment ces femmes très actives dans l’espace public concilient-elles responsabilités professionnelles et devoir familial? Y a-t-il des différences générationnelles? Les analyses présentées se basent sur des entretiens de récits de vie recueillis en 2013 au cours d’un terrain de recherche à Cotonou et à Lomé.
Auteure : Anne Calvès (Université de Montréal)
3 - Emploi rémunéré et participation des femmes aux prises de décision au sein des ménages dans les villes africaines
Depuis les années 1990, les sociétés africaines connaissent des transformations sociales et économiques majeures qui ébranlent les facteurs sous-jacents aux inégalités de genre sur le marché de l’emploi. La crise économique, le chômage et la précarisation de l’emploi des chefs de ménage masculins mais aussi la forte progression de la scolarisation des filles et une perception de l’emploi féminin qui change on observe notamment une féminisation croissante du marché de l’emploi dans les villes africaines. L’accès accru des femmes à un revenu d’emploi se traduit-il pour autant par une plus grande participation de ces dernières aux prises de décision au sein des ménages urbains? Telle est la question principale à laquelle cette étude tentera de répondre en mobilisant des données d’enquêtes nationales réalisées entre 2010 et 2012 dans dix pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale. Depuis quelques années, en effet, les Enquêtes Démographiques et de Santé collectent des informations sur l’activité économique des femmes, le contrôle exercé par celles qui travaillent sur leur revenus d’emploi, ainsi que sur la participation des femmes au prises décisions au sein des ménages. Ces données standardisées récente permettent de dresser un portrait comparatif de la participation des femmes au marché de l’emploi rémunéré et de mesurer l’autonomie que cette participation leur confère au sein des ménages dans neuf capitales d’Afrique francophone: Abidjan (Côte d’Ivoire), Bamako (Mali), Brazzaville (Congo), Cotonou (Bénin), Conakry (Guinée), Dakar (Sénégal), Ouagadougou (Burkina Faso), Niamey (Niger) et Yaoundé (Cameroun).
Auteure : Norbert KPADONOU (UCL)
4 - Travail domestique et cycle de vie des couples à Cotonou et à Lomé
En Afrique de l'Ouest, comme dans bien d'autres parties du monde, les femmes assument l'essentiel des travaux domestiques. Dans le même temps, leurs taux d'activité sont très élevés comparés à d'autres parties du continent : plus de 60% des femmes ouest africaines travaillent ; soit trois fois plus qu'en Afrique du Nord par exemple (OCDE, 2011). Ces caractéristiques soulèvent un problème de conciliation travail famille encore insuffisamment considéré par les scientifiques et par les politiques en Afrique de l'Ouest, alors qu'il est depuis longtemps au cœur des débats sur l'emploi et les politiques familiales, dans les pays occidentaux (Régnier-Loilier et Hiron, 2010 ; Vuagniaux, 2007 ; Barrère Maurisson, 2010). Cette communication interrogent les facteurs associées aux partagent inégalitaires des tâches domestiques et des soins aux enfants au sein des ménages dans deux capitales ouest africaines : Cotonou et Lomé. Nous nous intéressons notamment à identifier les facteurs susceptibles de conduire les hommes à s'impliquer dans des tâches encore radicalement considérées comme féminines et à repérer d'éventuelles variations au cours de l'union. Les résultats montrent que si les hommes s'impliquent dans les tâches domestiques dans les premières années du mariage, ils tendent à se désengager à mesure que l'union vieillit. Très peu d'hommes s'impliquent dans les tâches parentales, hormis dans le suivi les devoirs, ce qui reflète souvent un décalage dans le niveau d'éducation des deux parents. Contre toute attente, le niveau d'instruction du couple n'induit pas un partage plus équitable des tâches domestiques entre les conjoints. En revanche, les couples où les deux conjoints exercent une activité sont plus enclins à au partage des tâches ménagères. Enfin, la comparaison internationale permet de relativiser la pertinence d'un modèle côtier habituellement assigné à deux villes (De Vreyer et Roubaud, 2013).
Séance : Colloque 240 - Séance 8
Animatrice :  
Auteure : Bilampoa GNOUMOU THIOMBIANO (Université de Ouagadougou)
1 - Activités économiques en milieu urbain Ouest africain : des disparités entre hommes et femmes
La participation des femmes aux activités économiques est un facteur important du développement durable. Dans les pays d’Afrique, avec l'urbanisation croissante et les crises économiques persistantes, les femmes se trouvent de plus en plus au centre des enjeux économiques. Cependant, bien que leur participation aux activités économiques augmente, des inégalités existent entre elles et les hommes dans les différents secteurs économiques. En effet, les femmes n’ont pas les mêmes types d’emplois et elles ne font pas les mêmes carrières que les hommes. Peu qualifiées et peu instruites, les femmes occupent souvent des emplois précaires et peu rentables, particulièrement dans le secteur informel. L’objectif de la communication est d’examiner les activités économiques des femmes en milieu urbain Ouest africain en comparaison avec celles des hommes. Les données utilisées proviennent de l’enquête "activités économiques, partage des ressources et prise en charge des dépenses au sein des ménages urbains (AEMU)" réalisée en 2012 dans le cadre du projet de recherche "Famille, genre et activités en Afrique subsaharienne (FAGEAC)". L'étude tentera de répondre aux questions suivantes. Quelle est la division sexuelle du travail en milieu urbain africain? Quelles sont les transformations du travail féminin dans les villes africaines? Comment ces transformations se répercutent-elles sur les rapports entre les hommes et les femmes?
Auteure : Ayemi Lawani (Université de Montréal)
2 - Trajectoires professionnelles d'entrée dans les sociétés civiles africaines: devenir et être les femmes leaders d'ONG à Cotonou et à Lomé
Cette communication porte sur les trajectoires professionnelles des femmes au sein des sociétés civiles à Cotonou (Bénin) et à Lomé (Togo). Avec la montée en puissance des ONG locales dans la conception et la mise en œuvre des projets de développement, et la mise en avant du concept de « genre et développement », il est devenu pertinent de s’intéresser à l’expérience des femmes professionnelles dans les ONG locales de développement. Dans un premier temps, la communication répondra à la question suivante : quels processus sociaux conduisent des femmes à devenir des actrices de premier plan au sein des organisations non gouvernementales (ONG) dans les deux villes? Il s’agira d’analyser les mutations contextuelles qui ont favorisé la montée des ONG féminines à Cotonou et Lomé, ainsi que les profils biographiques des femmes professionnelles au sein de ces ONG. Dans un second temps, la présentation s’intéressera aux expériences de ces femmes. Comment perçoivent-elles leur champ professionnel? Et, comment ces femmes très actives dans l’espace public concilient-elles responsabilités professionnelles et devoir familial? Y a-t-il des différences générationnelles? Les analyses présentées se basent sur des entretiens de récits de vie recueillis en 2013 au cours d’un terrain de recherche à Cotonou et à Lomé.
Auteure : Anne Calvès (Université de Montréal)
3 - Emploi rémunéré et participation des femmes aux prises de décision au sein des ménages dans les villes africaines
Depuis les années 1990, les sociétés africaines connaissent des transformations sociales et économiques majeures qui ébranlent les facteurs sous-jacents aux inégalités de genre sur le marché de l’emploi. La crise économique, le chômage et la précarisation de l’emploi des chefs de ménage masculins mais aussi la forte progression de la scolarisation des filles et une perception de l’emploi féminin qui change on observe notamment une féminisation croissante du marché de l’emploi dans les villes africaines. L’accès accru des femmes à un revenu d’emploi se traduit-il pour autant par une plus grande participation de ces dernières aux prises de décision au sein des ménages urbains? Telle est la question principale à laquelle cette étude tentera de répondre en mobilisant des données d’enquêtes nationales réalisées entre 2010 et 2012 dans dix pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique Centrale. Depuis quelques années, en effet, les Enquêtes Démographiques et de Santé collectent des informations sur l’activité économique des femmes, le contrôle exercé par celles qui travaillent sur leur revenus d’emploi, ainsi que sur la participation des femmes au prises décisions au sein des ménages. Ces données standardisées récente permettent de dresser un portrait comparatif de la participation des femmes au marché de l’emploi rémunéré et de mesurer l’autonomie que cette participation leur confère au sein des ménages dans neuf capitales d’Afrique francophone: Abidjan (Côte d’Ivoire), Bamako (Mali), Brazzaville (Congo), Cotonou (Bénin), Conakry (Guinée), Dakar (Sénégal), Ouagadougou (Burkina Faso), Niamey (Niger) et Yaoundé (Cameroun).
Auteure : Norbert KPADONOU (UCL)
4 - Travail domestique et cycle de vie des couples à Cotonou et à Lomé
En Afrique de l'Ouest, comme dans bien d'autres parties du monde, les femmes assument l'essentiel des travaux domestiques. Dans le même temps, leurs taux d'activité sont très élevés comparés à d'autres parties du continent : plus de 60% des femmes ouest africaines travaillent ; soit trois fois plus qu'en Afrique du Nord par exemple (OCDE, 2011). Ces caractéristiques soulèvent un problème de conciliation travail famille encore insuffisamment considéré par les scientifiques et par les politiques en Afrique de l'Ouest, alors qu'il est depuis longtemps au cœur des débats sur l'emploi et les politiques familiales, dans les pays occidentaux (Régnier-Loilier et Hiron, 2010 ; Vuagniaux, 2007 ; Barrère Maurisson, 2010). Cette communication interrogent les facteurs associées aux partagent inégalitaires des tâches domestiques et des soins aux enfants au sein des ménages dans deux capitales ouest africaines : Cotonou et Lomé. Nous nous intéressons notamment à identifier les facteurs susceptibles de conduire les hommes à s'impliquer dans des tâches encore radicalement considérées comme féminines et à repérer d'éventuelles variations au cours de l'union. Les résultats montrent que si les hommes s'impliquent dans les tâches domestiques dans les premières années du mariage, ils tendent à se désengager à mesure que l'union vieillit. Très peu d'hommes s'impliquent dans les tâches parentales, hormis dans le suivi les devoirs, ce qui reflète souvent un décalage dans le niveau d'éducation des deux parents. Contre toute attente, le niveau d'instruction du couple n'induit pas un partage plus équitable des tâches domestiques entre les conjoints. En revanche, les couples où les deux conjoints exercent une activité sont plus enclins à au partage des tâches ménagères. Enfin, la comparaison internationale permet de relativiser la pertinence d'un modèle côtier habituellement assigné à deux villes (De Vreyer et Roubaud, 2013).