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Activité : Colloque
Titre : 423 - Développement international: genre, femmes, féminismes
Responsable(s) : Charmain Lévy
Résumé : Depuis les années 1970 les perspectives féministes ont contribué de manière substantielle aux théories et pratiques en développement international. Marginalisées par les grandes théories (de la modernisation, de la dépendance, etc.) jusqu’aux années 1980, les perspectives féministes se répandent à partir des années 1990, se diversifient et sont reprises par les grandes institutions de développement. Pendant cette période, une nouvelle génération de féministes du Sud critique le modèle dominant de développement proposant d’intégrer les femmes. Pendant les décennies 1990 et 2000, plusieurs idées et pratiques ont été intégrées dans les programmes des grands bailleurs de fonds; elles ont constitué le « fonds de commerce » du mainstreaming féministe à l’échelle internationale. Par exemple, des économistes de la Banque Mondiale et certains bailleurs de fonds de pays du Nord ont proposé des solutions de marché ou institutionnelles pour s’attaquer aux inégalités et promouvoir l’empowerment des femmes. De nouvelles pratiques ont émergé au sein des ONG et praticien/nes alternatifs du Sud en milieu urbain et rural. Celles-ci misent plutôt sur le pouvoir d’agir et la capacité changer et de définir de nouvelles idées autour du développement pouvant être appropriées par des femmes de toutes les origines et ancrages.

Séance : Développement international: genre, femmes, féminismes - Séance 1 - État des lieux sur les perspectives féministes en développement international
Animatrice :  
Auteure : Denise Piché (Université Laval)
1 - Participation, empowerment et développement : retour sur des termes toujours à la mode, à la lumière de l’expérience des femmes pauvres des quartiers informels de la périphérie dakaroise
Avec Émilie Pinard École d’architecture, Université Laval Les études du développement sont friandes des nouveaux mots soit pour lancer une nouvelle approche, soit pour remettre au goût du jour de vieilles pratiques. Il en est qui sont cependant très résistants, comme les notions de participation, d’empowerment et de développement, qui se retrouvent au répertoire des mots à la mode déconstruits dans le numéro spécial de la revue Development in Practice de 2007 sur « Buzzwords and fuzzwords : deconstructing development discourse ». Cette présentation « revisitera » ces notions d’un point de vue féministe, et plus particulièrement du point de vue de l’expérience des femmes pauvres des quartiers informels africains : que peuvent signifier ces idées dans et pour leur expérience quotidienne?
Auteure : Marie France Labrecque (Université Laval)
2 - Mettre en pratique l'analyse comparative entre les sexes dans un contexte multidisciplinaire: limites et possibilités
Même s’il y a profusion de publications et de guides sur l’analyse comparative entre les sexes dans le domaine du développement, les expériences menées dans le sillage de cette dynamique sont toujours uniques. Elles le sont à plus forte raison lorsque les différents acteurs et actrices d’un projet, tant les chercheurs, les intervenants que la population avec laquelle ces derniers travaillent, appartiennent à des contextes très différents sur les plans économique, politique, culturel et académique. Les degrés d’intérêt et d’engagement des uns et des autres pour l’analyse comparative entre les sexes et son pendant logique, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes varient considérablement. La question qui se pose dès lors au sein d’un projet promu à partir d’un pays comme le Canada qui adhère au principe de l’égalité entre les femmes et les hommes est comment travailler au sein de l’équipe et avec la population sans bousculer les uns et les autres? C’est à cette question que nous tenterons de répondre en examinant les principes méthodologiques qui ont servi de balises à l’analyse comparative entre les sexes que j’ai supervisée au sein du projet « Accroître la sécurité alimentaire par la pratique de l’agroforesterie au Mali » financé de 2010 à 2014 par le Fonds canadien de recherche sur la sécurité alimentaire internationale.
Auteure : Charmain Levy (UQO)
3 - L’engendrement du développement: Un survol de 20 ans de progrès et défis de théorisation et de pratiques féministes en études de développement international
En 1994, Dagenais et Piché ont publié le recueil de textes « Femmes, Féminisme et développement » pour élucider l’apport de l’analyse et l’action féministe au développement depuis les années 1970. Cette communication s’inspire de cette publication remarquable et vise faire l’état des lieux des apports féministes au développement depuis 20 ans. Notre objectif est d’identifier les principales approches et tendances féministes et reconnaître leurs contributions aux études du développement international. Plusieurs avances féministes ont été identifiées, notamment l’approche de l’économie politique radicale qui questionne le modèle idéologique néolibéral et ses différentes conséquences néfastes sur les femmes du Sud. On emploie une analyse critique et féministe des systèmes de production et échange ainsi que de la gouvernance genrée. La conception de la reproduction sociale comprend la centralité des différents types du travail domestique pour la durabilité de la force du travail. Toujours dans une perspective macro, les écoféministes interrogent les politiques de la modernisation et le paradigme du modernisme. Aujourd’hui nous parlons plutôt des féminismes qui comprennent des analyses à partir de perspectives de race, de religion, d’orientation sexuelle et de classe. L’approche du féminisme postcolonial critiquent l’eurocentrisme des approches précédentes qui avaient tendance à généraliser la subordination des femmes en assumant qu’elles constituaient un groupe uni et cohérent. Au niveau de l’action collective féministe nous observons trois tendances fortes. La première vers l’institutionnalisation qui comprend le féminisme de l’état et la gouvernance genrée au niveau national et international; la seconde comprend les actions autonomistes dans des communautés urbaines et rurales dans le Sud; et la troisième qui est intermédiaire construisant des coalitions et alliances entre différents niveaux et milieux.
Séance : Développement international: genre, femmes, féminismes - Séance 2 - Féminisme, politique, développement et aide humanitaire en Haïti: leçons à tirer
Animatrice : Nathalie Batraville 
Auteure : Ginette Cherubin (Ex-Ministre a la Condition Feminine)
1 - Les femmes haïtiennes dans l’interface : citoyenneté, politique, pouvoir
Il est désormais connu que nombre de femmes haïtiennes se sont imposées, depuis le début du XIXème siècle, comme sujets proactifs du destin d’un peuple libéré du joug de l’esclavage partant d’une épopée sans précédant dans l’histoire. Elles se sont, en effet, impliquées dans les luttes émancipatrices à l’origine de cette révolution spectaculaire qui a rendu au concept « humanité » toute son essence. Paradoxalement, en Haïti, le domaine politique demeure l’un de ceux où les femmes s’engagent le moins. Qu’est-ce qui explique ce freinage après une position avant-gardiste dans les luttes anti-esclavagistes ? Quel est l’état actuel des lieux, notamment en situation post-séisme (2010) ? Peut-on identifier des initiatives porteuses en regard de la participation politique des femmes en Haïti ? Rôle de l’Etat ? des partis politiques ? de la société civile ? du mouvement féministe ? La problématique suscite-t-elle des débats dans la société haïtienne ? Une implication plus significative des femmes dans les sphères politiques induit-elle, dans ces espaces, un féminisme militant porteur de changement social véritable, notamment de la condition féminine en Haïti ? Quelles perspectives dans un contexte de globalisation marqué par le néolibéralisme, le néocolonialisme, une recrudescence latente du racisme et la féminisation de la pauvreté? L’intervention prétend poser la problématique de la participation politique des femmes haïtiennes. Elle analysera la gestion qu’elles font de la trilogie : citoyenneté, politique, pouvoir et identifiera les promesses susceptibles d’en résulter face aux défis sociaux de l’heure.
Auteure : Daniele Magloire (Kay Fanm)
2 - Le mouvement féministe haïtien 5 ans après le séisme
Cette communication envisage de suivre le cheminement du mouvement féministe haïtien 5 ans après le séisme de 2010. Elle sera structurée autour de deux points. Dans un premier temps, la communication campera le mouvement féministe haïtien, en faisant état : de ses origines au cours des années 1930 jusqu’à sa renaissance suite à la chute de la dictature duvaliériste en 1986, tout en tenant compte des avancées, des blocages et des relations avec les mouvement féministes d’ailleurs. Dans un second temps, la communication s’attachera à l’évolution du mouvement féministe, en prenant en compte les nouvelles dynamiques observées dans le pays et qui sont liées au contexte post-séisme. Il sera notamment fait état des difficultés subséquentes d’une part, aux pertes occasionnées par le séisme lui-même et, d’autre part, aux conséquences des nouvelles orientations adoptées par les décideurs internationaux et nationaux. Ces orientions, qui se fondent sur des perceptions et approches réductrices ainsi que sur des mythes, induisent la mise en œuvre d’un certain nombre d’interventions non structurantes et voire dé-structurantes, mettant généralement à l’écart les savoir-faire nationaux et surtout les partis pris féministes. Ces interventions ─à caractère humanitaire ou limité à des petits projets ponctuels de satisfaction des besoins immédiats─ seront mis en vis-à-vis avec les options du mouvement féministe, qui lui privilégie une approche plus holistique, susceptible de favoriser l’autonomisation des femmes, refuse d’être transformé en simple agence d’exécution de projets et entend s’en tenir à lutte pour la transformation des rapports sociaux de sexe.
Auteure : Celia Romulus (Queen's University/ Université de Queen's)
3 - Imaginaires hégémoniques de féminités et masculinité haïtiennes et légitimation de politiques étrangères et internationales
Cette présentation explore les liens entre la construction de discours et de représentations genrés de la femme et de l'homme haïtiens et la légitimation d'orientations adoptées dans le cadre de l'aide publique au développement et humanitaire en Haïti. Cette contribution reposera sur une approche interdisciplinaire empruntant à la littérature postcoloniale, poststructuraliste et féministe dans le but d'identifier certaines dynamiques néocoloniales caractérisant l'exercice de pouvoir que constitue la production de savoir. En adoptant une conceptualisation du pouvoir liée à la biopolitique, certaines politiques visant à contrôler les 'corps' et la 'population haïtienne' dans les limites du territoire ou dans le cadre de dynamiques transnationales seront analysées, ainsi que la production et l'instrumentalisation de différents discours véhiculés par les medias et autres 'leaders' et 'relais' d'opinion, allant des ONG et OI en passant par la presse. L'hypothèse de départ de cette présentation étant que cette production d'imaginaires hégémoniques associant différentes pathologies, types de violences et de criminalité etc. A la population haïtienne, fait partie intégrante d'un exercice de pouvoir contribuant à perpétuer ou à renforcer des circuits d'oppression aux niveaux local et international. L'analyse porte sur le discours généré et véhiculé sur le phénomène dit de l' 'épidémie de viols' après le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti. Soit la génération et l'instrumentalisation d'une rhétorique basée, entre autres, sur la réification des "corps de couleur", de l'exploitation d’images deshumanisantes de femmes du "Sud" victimaires, passives, et soumises et celles d’hommes violents qui pèsent sur les relations entre anciens colonisateur-e-s et colonisé-e-s .
Séance : Développement international: genre, femmes, féminismes - Séance 3 - Féminisme, politique, développement et aide humanitaire en Haïti: leçons à tirer
Animatrice :  
Auteure : Sabine Lamour (Paris 8)
1 - Entre discours et faits: le positionnement paradoxal des femmes dans le processus de reconstruction après le séisme de 2010
Après le séisme du 12 janvier 2010, les slogans des acteurs haïtiens étatiques et non-étatiques, laissaient croire que les femmes haïtiennes seront au centre du processus de reconstruction d’Haïti. En témoigne, la réunion du 28 février 2012 qui les désigne comme les poutres maîtresses de ce processus. Pourtant, par rapport à cette place attribuée aux femmes, un hiatus semble exister entre discours et faits en Haïti : les rapports de pouvoir et notamment de genre contredit le discours et l’idéologie de la centralité des femmes affirmés par les instances. Partant de cette hypothèse, cette communication entend analyser trois faits. Dans un premier temps, elle devra montrer que les femmes sont traditionnellement exclues des sphères décisionnelles, en dépit du discours énoncé. Dans un second temps, elle voudra retracer la part consacrée aux femmes dans le budget national depuis la catastrophe, en attestant le hiatus évoqué plus haut. Dans un troisième temps, à partir des points déjà évoqués, elle mettra en exergue le cadre idéologique qui structure les rapports sociaux de sexe en Haïti rendant problématique la concrétude du discours énoncé. Il nous sera enfin permis de souligner entre discours et faits le positionnement paradoxal des femmes dans la société haïtienne.
Auteure : Denyse Côté (Université du Québec en Outaouais)
2 - « Tabula rasa »: les effets dévastateurs de l’aide humanitaire et du féminisme néocolonial sur le mouvement féministe haïtien
Après cinq ans, les images du séisme qui a frappé au cœur d’Haïti sont encore dans nos têtes. Bien accueilli par les Haïtiens, l’élan de générosité qu’il a provoqué aura mobilisé une somme massive de personnel et d’équipements humanitaires, qui se sont ajoutés à la MINUSTAH et aux ONG internationales déjà présentes en sol haïtien. Bien que nécessaire, ce lourd appareillage international a aussi eu des effets dé-structurants, en particulier sur le mouvement des femmes haïtien. Durement frappées par la catastrophe comme tous leurs compatriotes d’ailleurs, elles ont dès le lendemain malgré tout poursuivi leurs actions de soutien, de prévention et de défense des droits des femmes. Mais elles ont aussi été largement méconnues ou ignorées par les intervenants et par la plupart des dispositifs internationaux pourtant gagnés aux politiques d’égalité de genre. À ceci s’est ajouté d’importants incidents de médiatiques qui ont propagé au sein de la communauté internationale des stéréotypes dévastateurs sur la situation réelle des violences faites aux femmes en Haïti. Héritières d’une riche histoire, les militantes féministes haïtiennes ont dû reconstruire leurs organisations décimées et ce, souvent avec peu soutien et en porte-à-faux avec les organisations internationales. Comment une telle situation a-t-elle pu voir le jour? Comment les groupes de femmes haïtiens ont-ils pu s’en sortir ? Comment pourrait-on réformer les modalités d’intervention humanitaire pour prendre en compte la réalité locale ? Voilà les questions qui seront abordées dans cette communication.
Séance : Développement international: genre, femmes, féminismes - Séance 4 - Féminisme, politique, développement et aide humanitaire en Haïti: leçons à tirer
Animatrice : Isabelle fortin 
Auteure : Sandra Jean-Gilles (Université Quisqueya)
1 - Canaan : formes contemporaines d'urbanisation spontané ou une expression concrète du droit à la terre pour les femmes
Le séisme du 12 janvier 2010 en dépit de ses incalculables dégâts humains, et socio-économiques a aussi produit les déterminants nécessaires à l’exacerbation d’un phénomène urbain de première importance en Haïti, nous faisons référence à la bidonvilisation accélérée. Devant l’immensité du travail que réclamaient les personnes sinistrées logées dans de multiples camps, le gouvernement de l’époque, pressé de fournir des alternatives rapides aux nécessités de trouver de nouveaux espaces résidentiels, va prendre des mesures exceptionnelles en ce qui a trait à l’élargissement de l’espace public de l’État haïtien. Le Nouveau territoire de Canaan est né de cette perspective. L’invasion constatée au niveau de cet espace est une preuve flagrante du déficit de structuration ayant accompagné le processus de relocalisation des sinistré/es. Ce défi d’urbanisation rapide rejoint un autre phénomène marginalisé de ce processus ; les femmes ont été les premières et les seules, à bien maitriser l’opportunité représentée cette mesure en termes d’accès à la terre et aux espacées de résidence dans un contexte urbain difficile. Notre communication mettra en lumière, les enjeux d’accès et d’activation du droit la terre ainsi que les mécanismes qu’elles mettront en œuvre pour la plupart, afin de conserver durablement cet acquis concret mais fragile
Auteure : Pauline Lecarpentier (EHESS-Marseille)
2 - L'adoption de la loi sur la paternité responsable en Haïti
Cinq ans après le tremblement de terre, la réforme sur la "paternité responsable" est théoriquement entrée en application en Haïti. Vaste chantier initié dès les années 2006 par le mouvement féministe haïtien, il s'agissait alors de s'attaquer à la situation des trop nombreux pitit deyo ("enfants en-dehors"), qui en droit comme en pratique sont l'objet -et leur mère avec eux- de nombreuses discriminations. Au cœur de très vifs débats de société avant le tremblement de terre, le projet de loi, profondément amendé, est finalement voté par les députés le 10 mai 2010, et, plus de deux ans plus tard, cette fois-ci presque sans débats et à l'unanimité, par les sénateurs. Cependant, il faudra attendre le 4 juin 2014 pour que le Président de la République, qui empêchait l'entrée en vigueur de la réforme, accepte finalement de promulguer le texte dans le cadre d'une série de concessions négociées avec l'opposition. La "loi sur la paternité, la maternité et la filiation" abroge donc théoriquement les mesures discriminatoires à l'endroit des enfants naturels et adultérins héritées du droit napoléonien. Force est cependant de constater que ce texte de loi pose de nombreux problèmes sur la forme comme sur le fond, illustrant les faiblesses des processus législatifs en Haïti. Il s'agira donc d'étudier dans une perspective de sociologie législative les rapports de force en jeu sur ce sujet encore sensible en Haïti, ainsi que l'évolution du positionnement du pouvoir exécutif -et plus particulièrement du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes.
Auteure : Ryoa Chung (Université de Montréal)
3 - Une perspective féministe sur les vulnérabilité structurelles de santé en contexte de désastre
Dans le cadre de cette présentation, j'exposerai le cadre conceptuel des "vulnérabilités structurelles de santé" qui guident nos recherches actuelles. Dans le contexte plus ciblé des crises humanitaires causées par des "désastres naturels", il sera question de mettre en lumière les recoupements que l'on peut établir avec les perspectives féministes de E. Enarson au sujet de "genre et désastre naturel" afin d'illustrer de quelle manière les "vulnérabilités genrées de santé" sont une illustration percutante des "vulnérabilités structurelles de santé". Cet exposé présentera également les résultats partiels d'une étude de cas portant sur la réponse humanitaire suite au séisme en Haïti qui nous ont aidé à étoffer le cadre conceptuel des vulnérabilités structurelles et genrées de santé dans le contexte d'une catastrophe naturelle. Il y aura lieu de démontrer la nécessité de "dénaturaliser" les désastres naturels à l'aune d'un angle d'analyse plus élargi prenant en considération les facteurs socio-politiques et historiques nous permettant de mieux comprendre l'ampleur des conséquences sociales d'une catastrophe causée par des facteurs naturels. Dans la foulée de cette hypothèse de recherche, nous sommes mieux en mesure d'identifier les vulnérabilités genrées de santé en contexte de crise humanitaire qui pointent en direction d'inégalités structurelles pré-existantes au désastre.