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Activité : Colloque
Titre : 268 - Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies
Responsable(s) : Stéphanie Benoit-Huneault et Marie-Ève Campbell
Résumé : Ce colloque explorera des expériences de pratiques intersectionnelles au cœur des mouvements et des groupes féministes. Ces pratiques ont-elles contribuées des transformations sociales dans les cercles féministes? Quels bilans pouvons-nous tirer de ces expériences? Est-ce que l’intersectionnalité rencontre des résistances et des défis en tant que pratiques en intervention, dans l’élaboration des stratégies et tactiques militantes? Quelles sont les stratégies proposées pour les contrer? Ces ateliers visent à mettre l’accent de manière très concrète sur l’expérience et les savoirs- faire créés. Ainsi, nous aspirons susciter une réflexion collective et amener les participantEs présentEs à partager leurs propres analyses.

Séance : Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies - Séance 1 - Interventions féministesintersectionnelles : faire face aux violences structurelles
Animatrice :  
Auteure : Catherine Flynn (Université d'Ottawa)
1 - Agir ensemble pour lutter contre la violence structurelle : réflexion autour d’une expérience de pratique intersectionnelle
Alors que l’intersectionnalité est devenue un véritable buzzword dans le champ des études féministes (Davis, 2008), plusieurs questionnements persistent quant à son utilisation afin de rendre visible la parole des femmes marginalisées et l’inclure dans les pratiques sociales. La recherche-action participative (RAP) est apparue une solution pertinente afin de mobiliser les jeunes femmes de la rue dans l'expérimentation de pratiques intersectionnelles. Cette démarche a été réalisée auprès d’un groupe de sept jeunes femmes de la rue de la région de Québec sur le thème de la violence structurelle. Une analyse du processus montrera comment les participantes se sont engagées dans la réflexion sur leur expérience de la violence structurelle et de l’expérimentation de stratégies pour la prévenir, la surmonter ou y résister. Cette démarche intersectionnelle a contribué à ouvrir le dialogue avec différents acteurs afin d'améliorer les conditions de vie de ces jeunes femmes.
Auteure : Maude Chalvin (Regroupement québécois des Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel)
2 - Construire un mouvement pluriel contre les violences sexuelles : l'enjeu intersectionnel dans les CALACS
Selon leur contexte, les femmes sont menacées de différentes formes de violence sexuelle (viol de guerre, mutilation génitale, traite, etc.) et vivent différentes situations de vulnérabilité (isolement, dépendance face à un fournisseur de soin, stigmatisation, etc.) causant de plus grands taux de victimisation chez certains groupes de femmes (pour les femmes autochtones et celles vivant avec un handicap physique ou mental, par exemple). Conséquemment, les femmes déploient différentes stratégies de survivance selon leur contexte (autodéfense ou justice par le fait, recours aux autorités et parcours judiciaire, relation d'aide féministe dans un contexte non-mixte, etc.). Dans leur Déclaration de principes (2010), les Centres d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) reconnaissent qu'« il y a intersection entre le patriarcat et d’autres contextes d’oppression, de discrimination et d’exclusion (…) [qui crée] des inégalités entre les femmes et [s'engagent] à lutter contre celles-ci. » Si le volet de prévention s'est enrichie par la prise en compte de différentes réalités (exotisation des femmes racisées et fétichisme racial, par exemple) et que le volet aide s'articule autour de l'intervention féministe intersectionnelle et tend vers des services culturellement sensibles, qu'en est-il du travail de mobilisation et de défense de droits? Comment construire un mouvement pluriel contre les violences sexuelles? Comment tisser des alliances entre les luttes afin de s'attaquer aux causes de certaines situations de vulnérabilité des femmes face à la violence sexuelle (lois d'immigration ou pauvreté par exemple) sans pour autant noyer une problématique déjà taboue et occultée?
Auteure : Sarah-Maude Le Gresley (UQAM)
3 - Repérage des dimensions intersectionnelles dans les pratiques d'intervention auprès des femmes issues de l'immigration
Dans la réalisation des orientations actuelles des organisations féministes — c’est-à-dire la lutte contre les discriminations multiples, les visées d’inclusion, d’égalité et de solidarités entre les femmes —, les milieux féministes d’intervention expérimentent les perspectives intersectionnelles. Toutefois, la polysémie du terme intersectionnalité entraine une variété de traitement de « l’objet » intersectionnel en intervention (Harper et Kurtzman, 2014). De plus, certains défis sont recensés en intervention auprès des femmes issues de l’immigration, notamment celui de discerner la pluralité et la complexité de leurs oppressions (Rinfret-Reynor, 2013). Ainsi, comment les intervenantes parlent-elles des situations des femmes issues de l’immigration? De quelle manière intègrent-elles les cadres de travail de l’intersectionnalité ? Enfin, la plupart des écrits en travail social proposent des perspectives intersectionnelles prometteuses et spécifiques au domaine de la violence conjugale. De fait, est-il possible d’en repérer dans d’autres secteurs d’intervention, par exemple, dans les centres de femmes? Cette communication présentera les analyses préliminaires touchant les pratiques d’intervention privilégiées par les intervenantes des centres de femmes auprès des femmes issues de l’immigration. Elle sera l’occasion de rendre compte de certaines dimensions intersectionnelles existantes au sein de leurs pratiques.
Séance : Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies - Séance 2 - Expériences de mise en pratique intersectionnelle et résistances au sein de groupes affinitaires et organisations
Animatrice :  
Auteure : Alice Lepetit (Fédération des femmes du Québec)
Le-s co-auteure-s : Cybel Richer-Boivin (Federation des femmes du Québec)
1 - Défis de la mise en pratique de l'approche intersectionnelle au sein de la Fédération des femmes du Québec (FFQ
La FFQ propose d’explorer les enjeux liés à la mise en pratique de l’intersectionnalité dans un espace de militance féministe. À travers quelques exemples, nous poserons un regard critique, en soulignant les bons coups, les erreurs et les obstacles rencontrés, dans notre volonté de transformer nos pratiques, nos stratégies et notre structure démocratique. Par ces exemples, nous souhaitons rendre visible les transformations nécessaires, dans un espace demilitance tel que la FFQ, pour dépasser la notion d’inclusion et viser une réelle remise encause des rapports de pouvoirs.
Auteure : Monique Dauphin (Maison d'Haïti)
Le-s co-auteure-s : Chantal Ismé (CLES)
2 - Résistance à l'approche intersectionnelle: cas de la femme Haïtienne en contexte migratoire
Deux présentations complémentaires qui viendront illustrer les aléas de l'intervention intersectionnelle au quotidien dans la pratique à la Maison d'Haïti. Il s'agira d'abord de présenter à l'aide d'une mise en situation, de manière concrète, les refus de certaines participantes à accepter les propositions d'intervention face à certains problèmes, notamment les violences sexuelles et conjugales. Cette partie viendra mettre en lumière les différents niveaux de barrières tant linguistique, culturelle et identitaire qui obligent à un ajustement constant des meilleures pratiques en cours en la matière au Québec. Nous aborderons également la dynamique créée au sein de l'organisme afin d'optimiser l'approche intersectionnelle maîtrisée à des degrés divers par différent-e-s intervenant-e-s. Nous toucherons également, les réponses des organismes auxquels ces femmes sont référées par rapport aux ajustements requis pour répondre au vécu et à la trajectoire différents de ces dernières. La deuxième partie sera une analyse théorique des pratiques développées en tenant de l'interaction complexe entre les intervenantes de la Maison d'Haïti, les participantes et les organismes de référence spécialisés. Les résistances des femmes face à cette approche d'intervention, qui pourtant met l'accent sur la spécificité de leurs vécus, seront examinées en vue de faire ressortir les éléments de blocage. Ces derniers seront mis en jeu avec le type de collaboration obtenue lors des références à d'autres organismes. Pour finir, nous amènerons des pistes de réflexion sur la concrétude de l'approche intersectionnelle en contexte migratoire et socio-économique défavorisé.
Auteure : Stéphanie Benoit-Huneault (UQAM)
3 - Les groupes affinitaires féministes radicaux à Montréal : analyses et pratiques intersectionnelles sur la maternité
Patricia Hill Collins affirme que « la maternité se situe dans des contextes historiques spécifiques régis par des structures enchevêtrées de race, de classe et de genre [ce que] la théorisation féministe minimise systématiquement » (1994 : 56-57). Plusieurs auteures ont également montré que l'imaginaire féministe qui a sous-tendu le mouvement pour le contrôle des naissances d'abord, pour l'avortement ensuite et pro-choix enfin, est historiquement marqué par la suprématie blanche (Davis, 1980 ; Smith, 2005) et par l'occultation du rapport particulier que les femmes racisées entretiennent à la maternité (Roberts, 1997). Qu'en est-il des groupes affinitaire féministes radicaux non-mixtes qui affirment aller à la racine des oppressions tout en affirmant inclure au sein même de leur définition du féminisme radical une analyse intersectionnelle (Pagé, 2006 : 127)? Comment les pratiques et les cadrages des ces groupes prennent-ils en considération les oppressions de classe, de sexe et de race au moment de s'attaquer aux questions de la maternité et de la reproduction ? C'est à l'aide d'entrevues semi-dirigées (Savoie-Zacj, 2009), d'observations directes (Laperrière, 2009) et d'analyse de contenu (Bardin, 2013) au sein de trois groupes féministes radicaux – le Montreal Sisterhood, la Coalition féministe radicale contre le G20 et Les Sorcières – que nous avons tenté de répondre à ces questions dont nous présenterons les résultats préliminaires.
Séance : Expériences des pratiques intersectionnelles dans les mouvements et groupes féministes : ateliers de réflexion collective autour des défis, résistances et stratégies - Séance 3 - Quand la pratique de l'intersectionnalité s'exprime par les corps et la danse
Animatrice :  
Auteure : Lise Dugas (La Marie Debout)
Le-s co-auteure-s : Geneviève Dauphin-Johnson (Université du Québec à Montréal); Maxime D.-Pomerleau (Artiste et journaliste, interprète en danse intégrée)
1 - Le pouvoir des interventions féministes dansées et de la danse intégrée comme moyens de résistance, de visibilité et de solidarité face au capacitisme
Avec aussi Nasim Lootij Chorégraphe, interprète, Pédagogue en danse Après s’être brièvement présentées, les co-animatrices parlerons de 1- ce qu’est la danse intégrée et 2- ce que sont les interventions féministes dansées au Québec. Lise et Geneviève définiront ensuite ce qu’est le capacitisme et animerons une discussion sur la manière dont le capacitisme peut s’arrimer aux luttes féministes et sur les possibilités de développer des résistances féministes et anti-capacitistes via la danse.
Auteure : Lise Dugas (La Marie Debout)
Le-s co-auteure-s : Geneviève Dauphin-Johnson (Université du Québec à Montréal); Maxime D.-Pomerleau (Artiste et journaliste, interprète en danse intégrée)
2 - Réflexion collective et expérimentation en mouvements
Avec aussi Nasim Lootij Chorégraphe, interprète, Pédagogue en danse L’atelier dansé cherche à être ouvert à tous et toutes! Aucune expérience en danse n’est requise et toutes les formes/capacités/identités corporelles sont les bienvenues! L’atelier cherchera à explorer, corporellement et en mouvement, différentes notions abordées dans le cadre de la première partie de l’atelier. Son déroulement sera grandement influencé par les expériences, les envies et les inspirations des participant.e.s. Entre autres éléments, les co-animatrices proposeront : une période de réchauffement et d’étirement, des exercices exploratoires en groupe et en duo sur musique. L'atelier se conclura par une discussion-retour sur le vécu des participant.e.s.