Détail ::::::
Activité : Atelier
Titre : 325 - Les droits sexuels et reproductifs
Responsable(s) : Arlette Gautier, Fatou Diop Sall et Chrystelle Grenier-Torres
Résumé : Au début des années 1970, les féministes blacks et latinas ont réussi à faire adjoindre aux revendications pour le droit à l’avortement, le refus des stérilisations forcées et le droit à accoucher dans de bonnes conditions, soient les droits reproductifs . 20 ans plus tard, les militantes de nombreux pays en développement ont réussi à faire accepter par 179 chefs d’état lors de la conférence du Caire le droit à « l’accès à tous les services de santé reproductive… et le droit de prendre les décisions reproductives, en étant libre de toute discrimination, violence et coercition, comme il est exprimé dans les documents sur les droits humains... » . Encore 20 ans plus tard, les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : certes la mortalité maternelle a baissé, mais l’accès même à la planification familiale a stagné et des stérilisations ont continué à être imposées . Néanmoins, l’objectif d’avoir des enfants, quand l’on veut, si l’on veut, et dans de bonnes conditions ne reste-t-il pas vital et sa réalisation n’est-elle pas toujours liée à des considérations de classe et de race ? Les recherches sur les politiques publiques de santé de la reproduction et leur application à l’échelon local, peuvent-elles produire des connaissances pour agir sur la prise en charge des nécessités et choix des femmes et des hommes dans leur diversité? Les communications répondront à ces questions de façon empirique et/ou théorique, en prenant en compte l’ensemble des droits sexuels et reproductifs.

Séance : Les droits sexuels et reproductifs
Animatrice :  
Auteure : Fatou Diop SALL (GESTES Université Gaston Berger)
1 - Droits sexuels et reproductifs : l’expérience des Sénégalaises rurales
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Auteure : Arlette Gautier (UBO)
2 - Les stérilisations contraintes ont-elles diminué ?
Les mouvements pour les droits reproductifs ont permis de reconnaitre les stérilisations forcées comme des atteintes comme les droits fondamentaux des femmes. Le programme d’action de la conférence internationale sur la population et le développement qui s’est tenu en 1994 au Caire énonce d’ailleurs que : « Les pouvoirs publics, à tous les niveaux, sont instamment invités à mettre en place des systèmes de surveillance et d’évaluation des services de planification familiale d’utilisation facile en vue de détecter, de prévenir et de combattre tout abus de la part de ceux qui les gèrent et qui les fournissent et d’assurer une amélioration constante de la qualité de ces services » (7.17). Cependant ces systèmes n’ont pas été mis en place et aucun suivi n’est effectué, malgré certains scandales retentissants comme les stérilisations forcées au Pérou par le gouvernement Fujimori. D’ailleurs, la stérilisation féminine reste la méthode la plus pratiquée et cela dans des proportions contraires aux propositions du PAC, voire excessives dans un quart des pays au début 2000 . L’objectif de cette communication est donc de tenter de mesurer les évolutions et de préciser quand il y a excès de stérilisation, cela en se servant des données de la division de la population de l’ONU (World contraceptive patterns, 2013).
Auteure : Nora Le Jean (UNFPA Niger)
3 - Rapports de genre et changement social à travers l'expérience relationnelle et sexuelle préconjugale au Niger.
Dans un contexte où la procréation et la contraception restent réservées aux couples « légalement mariés », où chacun est responsabilisé dans la « sauvegarde, [ …] la protection et […] la promotion de la santé de la reproduction » de son entourage (loi SR du 24 mai 2006) et où 77% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, les premières expériences relationnelles et sexuelles des jeunes célibataires sont très encadrées. Les relations tissées par les jeunes sont des espaces d’influence réciproque, où les règles se négocient et déterminent la maitrise du pouvoir. Cette période contribue à construire les masculinités ou les féminités et cristallise des rapports de genre inégalitaires, qui compliquent l’accès des femmes à certains de leurs droits, entre autres celui de décider de leurs vies reproductives et de la maitrise de leurs corps. L’objectif de cette communication est de présenter certains des processus cristallisant ces rapports de genre inégalitaires qui composent des obstacles à l’expression et à la satisfaction des droits sexuels et reproductifs des femmes mais aussi d’évoquer les pistes d’un changement déjà visible.