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Activité : Colloque
Titre : 337 - Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux, médiatiques et politiques
Responsable(s) : Line Chamberland et Christelle Lebreton
Résumé : Ce colloque vise à offrir une exploration multidisciplinaire de thèmes actuels concernant les enjeux vécus par les femmes de la diversité sexuelle, particulièrement les lesbiennes, sur le plan de la recherche, mais aussi des enjeux politiques rencontrés sur le terrain, notamment par les militantes œuvrant dans le milieu communautaire. Malgré des avancées importantes sur le plan des droits et l’acquisition d’une légitimité certaine, les femmes de la diversité sexuelle sont encore l’objet de discriminations. Les luttes lesbiennes ont contribué à ouvrir des espaces de liberté aux femmes en investissant des domaines réservés aux hommes, en remettant en question un modèle unique de féminité reposant sur les stéréotypes sexuels et genrés, et en dénonçant les différentes formes de contrôle du corps des femmes. Des recherches féministes récentes participent à ces luttes, en donnant à voir les réalités vécues par les femmes de la diversité sexuelle. L’ambition de ce colloque est de contribuer à produire des analyses empiriques et théoriques des expériences et des besoins des femmes de la diversité sexuelle pour favoriser ainsi une meilleure représentation de toutes les femmes. Un second objectif est de participer au rapprochement entre recherche et militantisme, au décloisonnement des savoirs scientifiques et des savoirs issus de la pratique.

Séance : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 1 - Construction identitaire, représentations et visibilité des lesbiennes
Animatrice :  
Auteure : Salima Amari (Université Paris 8)
1 - Mécanismes d'identification lesbienne et intersectionnalité en France
À travers l’analyse de vingt récits de vie de lesbiennes d’origine maghrébine en France, cette communication a pour objectif de décrire les mécanismes qui participent à la construction de soi à travers l’apprentissage du lesbianisme. En l’absence de modèles et de groupes de référence qui leur permettent de s’identifier en tant que lesbiennes maghrébines ou d’ascendance maghrébines, comment ces enquêtées s’autodéfinissent-­‐elles ? Comment arrivent-­‐ elles à trouver un équilibre entre leurs aspirations personnelles et les attentes familiales ? L’intersectionnalité des rapports sociaux dans ces cas peut produire certaines injonctions hétéro-­‐ et homo-­‐normatives paradoxales (contrainte à l’hétréosexualité et au coming par exemple). Cependant malgré tous les obstacles, les lesbiennes maghrébines et d’ascendance maghrébine arrivent à (se) construire des carrières homosexuelles inédites. Elles (ré)inventent en permanence des façons d’être lesbiennes à « leurs façons », c’est-­‐à-­‐dire en s’adaptant à leur environnement socio-­‐familial.
Auteure : MADELEINE BEGUE (UQAM)
2 - - Étudier la construction de l'identité sexuelle dans un territoire francophone postcolonial : quelques réflexions épistémologiques a postériori
Étudier la construction de l'identité sexuelle dans un territoire francophone postcolonial quelques réflexions épistémologiques a post riori. Je compte aborder au cours de ma présentation quelques aspects de la recherche féministe tels que le point de vue situé de la chercheure, les questions de catégorisations raciales en France, la prise en compte de l'autre dans sa langue. Certains participent, mon sens, la construction de savoirs scientifiques et de changement social alors que d'autres s'avèrent tre des freins l'émergence de connaissances sur des groupes sociaux définis. Mon travail de recherche sur la construction identitaire sexuelle de personnes qui se reconnaissent comme homosexuel.le.s ou bisexuel.le.s La Réunion sert d'ancrage ma réflexion. Il s'agit d'une étude qualitative, sexologique et féministe qui s'appuie sur un échantillonnage non probabiliste, avec un recrutement en boule de neige. En cherchant à comprendre comment se construit l'identité sexuelle sur ce territoire francophone postcolonial, l'étude menée a mis en évidence la nécessité de s'arrêter sur a) le point de vue situé en tant que Réunionnaise blanche en questionnement sur ma propre identité sexuelle, b) la proposition d'entrevue en créole réunionnais et les contraintes liées la traduction, c) il apparaît que la démarche de recherche en tant que telle ouvre un espace de verbalisation, de mise en mots d'un indicible sociétal rendu possible du fait même d'une proximit liée à l'appartenance d'une même culture, et en dernier lieu d) les disparités reliées l'accès à certains savoirs qui renforcent non seulement la stigmatisation mais aussi la scission entre femmes.
Auteure : Tara Chanady (université de montréal)
3 - Représentations lesbiennes à la télévision populaire nord-­‐américaine: Quelles identités représentées pour quel public?
Les représentations explicites de l’homosexualité féminine ont longtemps été absentes des médias de masse. Les premières « storylines » lesbiennes à la télévision étasunienne et canadienne n’ont commencées à se développer de façon substantive que dans les années 1990. Bien qu’encore souvent contraintes par des standards hétéronormatifs et présentées comme un facteur choc destiné à séduire l’audience, les histoires mettant en scène des personnages lesbiens prennent progressivement des directions variées qui témoignent d’un certain changement social. Avec l’expansion d’internet qui favorise des espaces et des forums de discussion pour partager et discuter de ces images, ces représentations peuvent devenir un point de repère, d’identification et de comparaison pour les femmes lesbiennes, queer et bisexuelles qui interprètent leurs sentiments et leurs expériences. En me penchant sur les façons dont ces représentations populaires sont reçues et perçues par un public lesbien au travers d’étude de blogs, de sites et d’autres espaces médiatiques, je tenterai dans cette présentation d’analyser 3 l’importance de ces images, ainsi que les problèmes engendrées par certaines représentations populaires. Je chercherai en somme à apporter une réponse aux questions suivantes: Quelles identités lesbiennes sont représentées pour quel public, et quelles significations acquièrent ces images auprès d’un public lesbien?
Séance : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 2 - Construction identitaire, représentations et visibilité des lesbiennes
Animatrice :  
Auteure : Marie-Dominique Duval (Université de Sherbrooke)
1 - Le couple féminin dans l’espace public en Estrie
Au Québec, les recherches font de plus en plus état des différentes réalités des minorités sexuelles. Cependant, bien que le sujet soit davantage exploré depuis quelques années, les recherches portant exclusivement sur le lesbianisme et la bisexualité sont encore peu nombreuses. De plus, elles se concentrent généralement sur les grands centres urbains de la province; le réalités en région demeurent alors peu connues. Puisque le vécu des lesbiennes et bisexuelles en région comporte plusieurs facettes non explorées dans le milieu académique, je me suis interrogée sur leur vécu en tant que couple. Si, comme plusieurs recherches le démontrent, vivre son homosexualité en région est plus ardu qu’en milieu urbain, qu’en est-­‐il de la relation dans un couple de même sexe, chez les femmes? Ont-­‐elles l’impression de vivre une double discrimination, liée à la fois à leur orientation sexuelle et à leur genre ? Comment se comportent-­‐elles dans l’espace public ? Cette communication portera sur l’étude du vécu social des couples féminins en Estrie, formés de femmes de 18 à 30 ans. Je présenterai l’état actuel de ma recherche, qui s’inscrit dans le cadre de mon projet de maîtrise en communication, ainsi que les résultats recueillis au moment du colloque, grâce à des entretiens semi-­‐dirigés avec des couples féminins. Ceux-­‐ci nous éclaireront sur le vécu des couples féminins lorsqu’ils évoluent dans l’espace public, en Estrie. Ma recherche se base essentiellement sur les performance theories et sur les interpersonal communication theories.
Auteure : Christelle lebreton (Université du Québec à Montréal)
2 - Aménagements identitaires des adolescentes lesbiennes québécoises dans le milieu scolaire.
Cette analyse féministe matérialiste a pour objectif de documenter l’expérience complexe de la sexualité des jeunes lesbiennes québécoises à l’adolescence. Les entretiens ont permis d’identifier les éléments qui concourent à la formation de l’identité sexuelle lesbienne. Lorsqu’elles font face à l’émergence de leurs sentiments et désirs lesbiens, les jeunes femmes sont-­‐elles en mesure de les reconnaître? Quel sens leur donnent-­‐elles? Répondre à ces questions permet de saisir la complexité qui marque l’autoreconnaissance de leur lesbianisme. Cette complexité découle notamment de la non-­‐linéarité du processus de formation de l’identité sexuelle. Nos analyses proposent de comprendre les aménagements identitaires mis en oeuvre par les jeunes lesbiennes en les inscrivant dans l’environnement socioculturel, en lien avec contraintes structurelles hétéropatriarcales. L’adolescence ressort comme un moment crucial de la construction identitaire de ces jeunes femmes, où la consolidation de leur identité de sexe/genre est étroitement reliée à la socialisation à l’hétérosexualité. La présomption de leur propre hétérosexualité, l’invisibilité du lesbianisme et les contraintes entourant l’engagement dans la sexualité des adolescentes renforcent les injonctions à l’hétérosexualité et participent au développement d’un sentiment de déviance chez les jeunes lesbiennes, qui s’accompagne de conséquences négatives sur leur santé physique et psychologique tout au long de l’adolescence.
Auteure : xue yang (south china agricultural university)
3 - Le « traumatisme » lesbien à Canton
Les études sur les lesbiennes occupent une position précaire, voire marginalisée, tant dans les études féministes que dans les études gaies et lesbiennes ou queer. Cette communication explore les significations du « traumatisme » lesbien au sein d’un contexte non occidental. Plus spécifiquement, elle interroge les « désordres mentaux » qui affectent les lesbiennes appartenant à différentes classes sociales à Canton, capitale de la province du Guangdong située dans le sud de la République populaire de Chine. Menée au sein des espaces de rencontres, de contestation et de discipline étatique que sont les bars lesbiens, les rassemblements de lesbiennes et les rapports de la police locale, l’analyse s’inscrit dans le débat actuel concernant l’invisibilité des lesbiennes -­‐ un phénomène qui reste largement sous-­‐terrain dans le contexte chinois, contrairement à la différence de l’homosexualité masculine. Elle montre que les lesbiennes de Canton sont plus susceptibles d’êtres victimes de pauvreté, d’être au chômage et de commettre des actes de suicide dans un contexte où la définition du genre demeure fixe et binaire. L’analyse suggère qu’à Canton, l’invisibilité des lesbiennes s’étiquette en termes de désordre mental, ce qui conduit notamment à une criminalisation de la condition lesbienne. Cette dernière peut dès lors elle-­‐même s’analyser en retour comme un « traumatisme ».
Séance : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 3 - Militance lesbienne
Animatrice :  
Auteure : Tania Lejbowicz (SOS homophobie)
1 - Visibilité des lesbiennes et lesbophobie: un état des lieux de la situation française
SOS homophobie, association française de lutte contre les LGBTphobies, déplore depuis plus de 20 ans le manque de témoignages de lesbophobie. Pour mieux identifier cette violence bien particulière et ainsi mieux lutter contre, nous avons conduit en 2013 une enquête nationale sur la visibilité des lesbiennes et la lesbophobie à laquelle 7 126 femmes ont participé. A travers un questionnaire diffusé principalement sur internet nous avons voulu répondre à deux questions: quelle(s) visibilité(s) ont les lesbiennes aujourd’hui en France ? Comment se manifeste la lesbophobie dans ce pays ? Pour répondre à ces interrogations, nous nous sommes attaché-­‐e-­‐s à quatre types de visibilité : par la parole, par les gestes, par l’engagement associatif et culturel et enfin par le look. Nous verrons notamment que quel que soit le type de visibilité étudié, les répondantes font état d’un contrôle plus ou moins prononcé de leur visibilité. Ce phénomène amène une majeure partie d’entre elles à s’invisibiliser en tant que lesbienne par peur des réactions hostiles. Nous verrons en outre que près de six répondantes sur dix ont vécu au moins un acte lesbophobe au cours des deux années précédant l’enquête. L’espace public est le premier contexte où ces violences se déroulent (45 % des témoignages) devant entre autres la famille (14 %), le travail (11 %) et le milieu scolaire (8 %). Enfin, grâce à la construction d’un score de visibilité, nous expliquerons le lien entre visibilité et lesbophobie que nous avons pu mettre en évidence.
Auteure : Monia Lachheb (Institut supérieur du sport et de l'éducation physique - Tunis)
2 - Le lesbianisme dans le mouvement féministe tunisien. Quelle Posture ?
La nouvelle constitution tunisienne, promulguée le 26 janvier 2014, réserve tout le chapitre II pour les droits et les libertés. L'article 21 mentionne que Les citoyens et les citoyennes, sont gaux en droits et devoirs. Ils sont gaux devant la loi sans discrimination aucune. Dans ce contexte, les luttes des activistes, et, principalement des organisations féministes, pour préserver les acquis de la femme tunisienne ont t d'un grand apport. Cependant, l'homosexualité demeure controversée et tiraillée entre les préceptes de l'islam et les requêtes des droits de l'Homme. L'article 230 du code pénal tunisien, n'évoquant que la sodomie, mentionne qu'elle est passible pour une peine allant jusqu'à trois ans. Plusieurs travaux montrent les tensions et les alliances entre les mouvements féministes et les mouvements LGBT (Collin, 2003 Chauvin, 2005). Certains se sont intéressés la solidarité entre les femmes hétérosexuelles et lesbiennes dans la lutte pour les droits des femmes (Brossard, 2006). D'autres se sont penchés sur le positionnement des lesbiennes dans le mouvement féministe (Chamberland, 2002). La présente contribution s'interroge sur la reconnaissance des droits des lesbiennes et les modes de leur intégration dans le projet du mouvement féministe tunisien. Quel est le regard des féministes sur la question du lesbianisme Quelles sont les apports du mouvement féministe tunisien pour la cause lesbienne Selon une approche socio-anthropologique, l'étude repose sur une enquête par entretiens semi-directifs avec un groupe de femmes engagées et actives dans des associations féministes. L'analyse, de type qualitatif, tente de rendre compte des représentations des féministes relatives au lesbianisme et aux revendications des femmes définies
Auteure : Julie Podmore (John Abbott College)
3 - Le droit à la ville « gouine » : la géographie politique des marches « dyke » à Montréal
En août 2012, Montréal a témoigné ses deux premières marches « dyke ». La première, « la marche des gouines radicales », a été organisée par les jeunes militantes des mouvements populaires, surtout les queers anticapitalistes, les queers radicaux et les « queers of color ». La deuxième, « la marche des femmes LGBT », a été proposée par Fierté Montréal, l’organisme qui présente le défilé de la « gay pride » chaque année. Lancés vingt ans après celles des autres grandes métropoles de l’Amérique du Nord, ces premières marches dykes de Montréal ont soulevé des questions de la politique spatiale LGBTQ en ville et les politiques de genre dans le mouvement de la fierté LGBTQ. L’objectif de cette analyse est de comparer les moyens que ces deux groupes de militantes ont employés en demandant le droit à la ville « dyke ». S’appuyant sur les rapports des médias et l'observation participante, je compare les différentes manières dont ces deux groupes d’activistes ont défini leur propre mouvement, ont réalisé la marche dyke et ont occupé les espaces publics de la ville. La pratique spatiale de chaque marche semble souligner que les politiques lesbiennes montréalaises actuelles sont multiples et qu’elles ont un rapport complexe avec les mouvements et les espaces LGBTQ de la ville.
Séance : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 4 - Militance lesbienne
Animatrice :  
Auteure : jacqueline julien (Bagdam Espace lesbien)
1 - F to Lez : le grand dé-­‐genrement, et comment le faire savoir aux filles
Non, les lesbiennes ne sont pas une communauté sexuelle. Mais le corps leur est capital. Pourtant ces lesbiennes qui ne « sont pas des femmes », qui politisent le grand dé-­‐genrement de leurs corps-­‐à-­‐corps, sont menacées d'inconsistance. Pourtant ces lesbiennes pour qui le lesbien ne se borne pas au féminin, sont toujours à ce jour minorées dans leur face-­‐à-­‐face (passionné) – qui passe pour impasse. Sont soupçonnées d’incarner un néo-­‐Arcadisme saphique, vintage forcément, où, sous couvert de lesbien, se réessentialiserait en abyme l’énergie renouvelable, obstinée de la sexuation femme. La riposte des dominants en tous genres a donc été de ringardiser at large ce corps neo-­‐wittiguien, taxé de dépassé voire suspect. Lesbienne = arnaque conceptuelle ? Incise : en régime de domination masculine, où nous sommes, il se trouve que la véritable, effrayante arnaque subie par les femmes, EST le régime dit hétérosexuel. Comment, lesbiennes, pourrions-­‐nous rendre aux filles la conscience de leur braquage en tant que génitalisées de ce régime ? Comment leur donner l’idée de ce corps/à/corps lesbien comme pensée, projet révolutionnaire d’élucidation ? Il aura fallu une obstination. Une pyramide de résistances au marquage. Année.s après année.s. Un groupe d'action à Toulouse en France, Bagdam Espace lesbien, s'y essaie depuis 1989. L'une de ses fondatrices évoque le cursus de cette démarche de dé-­‐marquage : être promotrices de ce grand dérangement lesbien, en OPA de dé-­‐genrement, et au centre-­‐ville, et cela de l'ère du papier à celle du 2.0.
Auteure : LINE CHAMBERLAND (UQAM)
2 - Témoignages de militantes sur les luttes lesbiennes au Québec (1970-­‐ 2014) : regards sur les enjeux passés et actuels
Les luttes lesbiennes au Québec n’ont fait l’objet que de rares travaux historiques. Les sources écrites et orales demeurent peu nombreuses et leur collecte, déficiente. Entre mai 2013 et octobre 2014, 14 récits de militantes de diverses générations, à la fois actrices et témoins de ces luttes, ont été recueillis à l’aide d’entrevues semi-­‐dirigées dans le cadre de la recherche InterReconnaissance, un projet qui vise à cerner l’apport du mouvement communautaire et des luttes sociales à la société québécoise dans divers secteurs touchant des groupes minorisés, dont les minorités sexuelles. Cette communication s’intéresse aux propos concernant les enjeux autour desquelles des lesbiennes se sont mobilisées et se mobilisent encore : isolement et invisibilité sociale, discriminations et craintes de la stigmatisation, obtention de droits relatifs aux couples et aux familles lesboparentales, absence de reconnaissance de leurs réalités et manque de services adaptés, pour ne nommer que les plus présents. L’analyse fait ressortir des lectures différentes des motifs des luttes lesbiennes selon les générations et les ancrages militants. Comme tout récit mémoriel, ces relectures du passé sont filtrés par la mémoire et font appel à des référents contemporains qui en assurent la lisibilité. Elles constituent des traces partielles et partiales, mais néanmoins essentielles, des luttes lesbiennes.