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Activité : Colloque
Titre : 368 - Déconstruire et construire les frontières des féminismes
Responsable(s) : Dr. Cristina Castellano
Résumé : Dans cette table ronde nous mettrons en avant l’hétérogénéité des féminismes, récusant du même coup l’idée que le féminisme français serait fondateur. Il y eut en effet des mouvements féministes se pensant comme pluriels et privilégiant un devenir lui aussi pluriel. Pour penser la situation d’aujourd’hui, il faut décentrer les points de vue et déconstruire les généalogies. On se situera sur le terrain des luttes féministes pour penser la circulation des idées faisant l’analyse qu’elle se fait, selon les normes du nouvel ordre international de la mondialisation. Les organisations internationales font la promotion sur la scène mondiale d’un féminisme institutionnel par la diffusion de modèles occidentaux qui passent pour universels et sont imposés au mépris des luttes locales dont elles contribuent parfois à diminuer l’influence. Cette table ronde sera donc une invitation à repenser l’usage de concepts diffusés de façon incantatoire par ce féminisme institutionnel : droit à l’égalité, agency, intersectionnalité, empowernment. Nous mettrons en résonance les points de vues de contextes latino-américains et européens, prenant en compte la diversité des terrains. Le public sera invité à favoriser ces questionnements.

Séance : Déconstruire et construire les frontières des féminismes
Animatrice :  
Auteure : Miriam Grossi (UFSC- Federal University of Santa Catarina)
1 - Circulation de savoirs féministes entre la France et le Brésil
Dans cette communication nous analyserons comment se produit la circulation de concepts et de théories féministes entre la France et le Brésil. Il s´agit d´un intense dialogue qui se fait régulièrement depuis les années 1970 par la présence de chercheuses féministes brésiliennes en France et françaises au Brésil. Communication qui se produit par des projets institutionnels d´échanges universitaires, conférences, colloques, traductions, directions de thèses, etc. Nous mettrons en avant l’hétérogénéité de ce dialogue, marqué par une pluralité d’échanges entre plusieurs féminismes théoriques: francophones, anglophones, latino-américain, brésiliens et autres. De même, nous réfléchirons sur l´impact des mouvements féministes, des agences internationales et des politiques d´Etat dans les deux contextes – français et brésilien - de production de savoirs et d´actions féministes.
Auteure : FELIPE FERNANDES (Universidade Federal da Bahia)
2 - Les usages de la théorie féministe et queer francophone au Brésil
Dans notre communication nous analyserons les usages des théories féministes et queer francophones dans deux écoles doctorales d’ Études Féministes et de Genre: le Programme d’ Études sur les Femmes, Féminismes et Genre à Bahia (UFBA) et le Program Interdisciplinaire en Sciences Humaines (domaine des Études de Genre) à Santa Catarina (UFSC). Les deux programs ont été fondés dans les années 2000 et suivent une orientation interdisciplinaire que est en train de s’imposer comme modèle de post-graduation au Brésil. Ensemble, les deux programs ont produit plus d’une centaine de thèses dans lesquelles ont peu voir l’influence de plusieurs champs théoriques: anglophone, francophone, latino-américain, brésilien. Dans cette communication nous mettront l’accent sur les différentes théories francophones et nous montreront l’hétérogénéité des féminismes académiques au Brésil.
Auteure : Cristina Castellano (Université de Guadalajara)
4 - Féminismes visuelles en Amérique Latine : luttes et épistémologies de la vision
Au vingtième siècle, et malgré les grandes révolutions scientifiques et technologiques, des nombreuses études de genre(s) se sont concentrées sur le problème de l’identité, de la reconnaissance et de l’altérité. Nous avons trouvé le point de vue situé qui nous a permis de briser le délire de l’objectivité et nous avons théorisé pour construire des discours et des mouvements sociaux afin de nous distinguer de l’autre dominante : affirmer la différence au nom de l’égalité (depuis l’essentialisme des femmes face aux hommes) ; s’affirmer pour construire d’utopies sociales et politiques queer face à l’hétéro-normativité ; s’affirmer pour dénoncer les épistémicides du savoir euro-américain face aux savoirs postcoloniaux et subalternes. Mais, à l’heure actuelle où les réseaux sociaux et le féminisme 2.0 facilite la transmission des luttes de genres, comment se construisent et/ou se déconstruisent les frontières des féminismes ? Est-ce que la transformation du système d’appartenance unilatérale fondé sur la base des identités, devient de plus en plus perméable en raison des appartenances multiples, en raison de l’entrée/sortie des alliances féministes. Assistons-nous à un relativisme des luttes et de sa transmission qui passe surtout par l’outil audiovisuel, ou bien à une nouvelle configuration de l’organisation de la lutte féministe?