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Activité : Colloque
Titre : 371 - Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains
Responsable(s) : Geneviève Pagé, Anastasie Amboulé-Abath et Ève-Marie Lampron
Résumé : Plus de vingt ans après la parution des premiers ouvrages sur la pédagogie féministe, qu’en est-il des pratiques et théories de cette pédagogie dans la francophonie? Ce colloque mettra en dialogue des praticiennes et des théoriciennes de la pédagogie féministe en provenance de différents milieux d’apprentissage (enseignement scolaire, universitaire et éducation populaire) et de différents pays (Canada, France, Suisse) afin de réfléchir aux théories, pratiques en cours et aux nouveaux défis que posent l’intégration d’une pédagogie alternative ancrée dans la déconstruction des rapports sociaux de sexe. Ce colloque, initié par le Chantier sur la pédagogie féministe du RéQEF, regroupe les activités suivantes

Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Table ronde 1 : Faire éclater les logiques institutionnelles, une nécessité pour la pédagogie féministe?
Animatrice :  
Auteure : JOELLE MAGAR-BRAEUNER (Université Paris 8 et UQAM)
1 - Première intervention
A partir d’observations et d’entretiens réalisés dans des établissements scolaires français, ainsi que d’une expérience de formatrice auprès des professionnel.e.s de l’éducation, il s’agira d’identifier les questions que pose à l’institution scolaire la perspective d’une remise en question des rapports sociaux de sexe. Le bouleversement des frontières généré entre le personnel et le professionnel, l’intime et le public, l’émotionnel et le rationnel, déstabilise les acteurs et les actrices de l’école et les conduit à interroger non seulement leurs pratiques professionnelles mais aussi leur parcours personnel. Si, du sein même de l’institution, des oppositions fortes (dont il conviendra de reconnaître les formes) à la remise en cause de l’ordre du genre se font entendre, des marges de manœuvre sont néanmoins possibles. Comment dès lors, et à partir de quelles ressources, favoriser la construction de postures individuelle et collective, susceptibles de renforcer le pouvoir d’agir? Quels sont, à l’échelle d’un établissement, les dispositifs à considérer pour témoigner du postulat de l’égalité? Enfin, de quels outils théoriques peut-on se saisir pour gagner en cohérence et éviter la simple reconfiguration des rapports de domination?
Auteure : Muriel SALLE (Université Lyon 1)
2 - Le genre à l'œuvre dans la formation des enseignant-e-s en France
En France, l’institutionnalisation des problématiques de genre à l’université en général, et plus récemment dans le cadre de la formation des enseignant-e-s du primaire comme du secondaire, a connu des progrès significatifs. Dans le contexte politique récent, qu’il faudra expliciter, le Ministère de l’Education nationale a imposé la formation systématique des enseignant-e-s à ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « culture de l’égalité filles/garçons », un syntagme qui méritera également qu’on l’interroge. Bien sûr, la réflexion sur les questions de genre en éducation n’est pas nouvelle. Mais les évolutions récentes de la formation des enseignant-e-s, qui incombe désormais aux Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE), a permis de faire évoluer la prise en compte des questions de genre en éducation. Comment ces problématiques se sont-elles intégrées au curriculum des enseignant-e-s et futur-e-s enseignant-e-s ? Quels leviers peut-on activer pour gagner en efficacité ? Quelles résistances rencontre-t-on ? C’est à l’ensemble de ces questions que l’on tâchera d’apporter des éléments de réponse, à la lumière de notre expérience toute récente de l’année universitaire qui vient de s’écouler.
Auteure : Farinaz Fassa (Université de Lausanne)
3 - Pour pallier la cécité au genre des autorités scolaires
Malgré une volonté affirmée par la Conférence des directeurs de l’instruction publique en 1993, l’éducation à l’égalité entre les sexes reste plus que marginale dans les programmes scolaires. Les enseignant.e.s déclarent pourtant des pratiques actives dans ce domaine, mais elles restent souvent ponctuelles. Sur la base des résultats de la recherche menée dans le cadre du programme national de recherche consacré à l’égalité (Comment l’égalité s’enseigne-t-elle à l'école) , cette communication examinera la situation en Suisse romande. Partant des raisons qui limitent les discussions dans le cadre scolaire sur cette question, elle insistera sur ce qui peut permettre aux enseignant.e.s de sensibiliser leurs élèves à l’égalité entre les sexes
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Panel 2 : Les étudiant.e.s nous parlent : comment penser, créer et agir dans la construction des savoirs en études féministes?
Animatrice :  
Auteure : Eve-Marie Lampron (UQAM)
1 - De ‘mon expérience’ à ‘nos savoirs’ dans l’enseignement des méthodologies féministes
Cette communication se veut une réflexion issue d’une expérience concrète et répétée d’enseignement des méthodologies dans une perspective féministe. Elle ciblera plus particulièrement l’apport de la pédagogie interactive (et féministe) dans cette perspective. Cette stratégie d’enseignement, d’une part, est plus que nécessaire afin de susciter l’intérêt des étudiant-e-s et de déconstruire leur perception préalable de la méthodologie, considérée de prime abord comme une matière aride, voire rébarbative. D’autre part, la pédagogie interactive permet de laisser une large place à l’expression des expériences estudiantines, ces expériences étant de plusieurs ordres. Tout d’abord, au niveau des compétences méthodologiques en sciences humaines et sociales, les étudiant-e-s jouent le rôle indirect de co-enseignant-e-s dans le cadre des travaux d’équipe. Ceux-ci et celles-ci ayant des parcours variés, leurs expériences méthodologiques antérieures, lorsque combinées dans le cadre d’un projet de session porteur, les amènent à créer un « tout » cohérent, interdisciplinaire et argumenté. Ensuite, les expériences militantes et/ou interpersonnelles des étudiant-e-s sont plus que pertinentes dans l’apprentissage des méthodologies dans une perspective féministe, et ce, au-delà de l’exemple plus manifeste de l’enseignement de l’épistémologie du positionnement situé (standpoint theory). Divers écueils et stratégies visant à dépasser certains problèmes communément identifiés (monopolisation du temps de parole en classe par une minorité ; valorisation collective de certaines expériences plutôt que d’autres, etc.) seront également explorés. La communication se conclura par une réflexion sur la concordance entre les principes professés et leur application concrète par l’ensemble du groupe-cours, incluant l’enseignante elle-même.
Auteure : Rebecca Beauvais (UQAM)
2 - « Des contenus et des matières féministes : réflexions et pratiques à l’Institut de recherches et d’études féministes
Cette communication fait suite à la communication « Des contenus et des matières féministes » préparée et présentée par Thérèse St-Gelais et moi-même dans le cadre du colloque « Les femmes en sciences humaines : étudier, enseigner, travailler, militer », 20 mars 2014. Quels sont les fondements des apprentissages proposés et comment ceux-ci renouvellent-ils les pratiques, étaient les questions que nous nous étions posées alors. Elles serviront ainsi de point de départ à cette nouvelle présentation. Dans un premier temps, je reviendrai sur les résultats d’une démarche menée dans le cadre des projets d’intégration à l’UQAM, qui visait à réfléchir aux enseignements offerts par l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) dans le cadre des programmes de certificat et de concentration de premier cycle. Le projet visait principalement à harmoniser les objectifs, les modalités méthodologiques et d’évaluation et à faire une recension des contenus offerts aux étudiant-es et ce, en consultant les étudiants-es à ce sujet par la mise en place de «focus groups». Je pourrai ainsi répondre sommairement aux questions suivantes : qu’est-ce qui se fait en études féministes à l’UQAM ? Et qu’est-ce qu’en pensent certaines étudiants-es ? Dans un deuxième temps, j’aborderai l’expérience spécifique de l’enseignement de l’atelier de synthèse en études féministes. Je dresserai un portrait de cette expérience en questionnant le rapport au savoir en études féministes et entre apprenant-e et enseignant-e. De quoi parle-t-on ? Comment en parle-t-on ? Quels savoirs peuvent être construits dans le cadre d’un atelier synthèse ? Quels sont les rôles de chacun-e ? Comment permettre la diversité des postures et l’interdisciplinarité ?
Auteure : Myriam Zaidi (Concordia University)
3 - Résistance à une pédagogie féministe blanche : femmes racisées et la (dé)construction des savoirs
Dans le cadre de cette communication, nous aborderons le rôle de la subjectivité des femmes racisées dans les études et organisations féministes. En traitant le personnel comme politique, le partage d'expériences de femmes racisées devient une résistance aux savoirs dominants. Sachant que la reconnaissance et la valorisation des expériences des étudiantes racisées sont essentielles dans une société ne cesse de marginaliser les réalités auxquelles font face les femmes racisées, quel espace offrons-nous aux étudiantes racisées? Qui parle, et qui écoute? Pouvons-nous assumer que les espaces dans les études et organisations féministes sont sûrs, ou même prêts à nous entendre? Plusieurs défis se posent aux femmes racisées qui se trouvent souvent dans des milieux dominés par des féministes blanches. Dans ces milieux, lorsque le privilège blanc est contesté par des femmes racisées à travers la divulgation de leurs expériences, ces femmes font face à des inconforts qui se traduisent en frustrations et reproches. Lors de ces ces situations, la subjectivité nous rend vulnérables. Or, plusieurs enseignantes, étudiantes et militantes racisées perçoivent cette vulnérabilité comme force. En tant qu'étudiante militante racisée, je partagerai mon expérience de vulnérabilité dans les milieux féministes dominés par des femmes blanches. Enfin, j'aborderai les implications d'une résistance au privilège et savoirs blancs même lorsqu'elle peut nous mettre dans une position de vulnérabilité.
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Midi-pédago 1 : Usages des pratiques pédagogiques féministes dans le processus de déconstruction des rapports de domination chez les étudiantes et les étudiants : enjeux et actions
Animatrice : Anastasie Amboule Abath 
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Midi-pédago 2 : Les TIC, un appui ou une barrière à la pédagogie féministe?
Animatrice : Michèle Spieler 
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Midi-pédago 3 : Écriture équitable, écriture non discriminatoire, écriture épicène : quels sont les choix possibles? Quand, pourquoi et comment?
Animatrice : louise lafortune 
Séance : Midi-Pédagos 1
Animatrice :  
Séance : Midi-Pédagos 2
Animatrice :  
Séance : Midi-Pédagos 3
Animatrice :  
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Table ronde 2 : Expérimenter les pédagogies féministes en théorie et en pratiques : qelles avancées dans les 20 dernièeres années ?
Animatrice :  
Auteure : Claudie Solar (Retraitée)
1 - Réflexion sur la Toile de l’équité
Depuis les années 1990, je travaille sur les pratiques équitables en pédagogie. Après avoir produit le document multimédia En toute égalité et publié Dentelle de pédagogies féministes présentant une recension des écrits sur ce thème, j’ai développé un modèle, la Toile de l’équité, proposant quatre axes d’intervention pour structurer les modalités d’intervention dans une perspective féministe. J’ai aussi convié des québécoises à un colloque sur la pédagogie féministe, ce qui a donné lieu à la publication du livre intitulé Pédagogie et Équité. La Toile de l’équité a été utilisée dans diverses activités de coopération internationale en Amérique (Mexique, Salvador, Brésil) et en Afrique (Algérie, Guinée, Maroc, Tunisie). Ces interventions permettent de revoir le modèle et de le nuancer dans son application.
Auteure : Soline Blanchard (Université Toulouse Jean Jaurès et CNRS/EHESS/ENS)
2 - Les journées « Transmission »... et après ?
Les 27 et 28 mai 2005, se sont déroulées les journées d'études « Transmission : savoirs féministes et pratiques pédagogiques » à l'Université Paris Diderot. Cette manifestation se donnait pour objectif de « créer un cadre de rencontre […] entre personnes qui transmettent ces savoirs, pour en permettre une meilleure diffusion et une plus grande visibilité et acquérir, grâce à l’échange et au débat collectif, un savoir-faire pratique pour poursuivre cette transmission ». À l'invitation des organisatrices de cette table-ronde, nous nous proposons de revenir sur cette expérience et sur ses prolongements. Tout d'abord, il s'agira de présenter la genèse, le contenu et les prolongements directs de cette initiative collective portée par des membres du CEDREF et de l'association EFiGiES. Ensuite, sans prétendre parler au nom d'un quelconque collectif, il s'agira de montrer comment cette expérience a irrigué nos trajectoires d'apprenties enseignantes chercheuses, et comment nous avons cherché à prolonger les réflexions portées lors de ces journées d'études. Nous avons ainsi participé à plusieurs initiatives, formelles ou informelles, en « petits » ou « grands collectifs », dans un cadre universitaire ou extra universitaire. Enfin, il s'agira de mettre en lumière certaines difficultés ressenties pour créer et pérenniser les espaces collectifs d'échange sur la transmission et la pédagogie féministe, et pour faire de ces questions une priorité dans nos quotidiens professionnels.
Auteure : Collet Isabelle (Université de Genève)
4 - Pourquoi est-il si difficile de mettre en place une pédagogie de l’équité en Suisse (ou en France) ?
La question de l’orientation sexuée est un sujet particulièrement décourageant pour les chercheuses féministes. Quand on regarde à l’échelle européenne francophone, on constate une remarquable stabilité de la plupart des indicateurs depuis environ quinze ans. En particulier dans les sciences et techniques, un sentiment de lassitude se fait sentir assorti d’un désengagement : les nombreuses mesures incitatives, les subventions, l’énergie déployée au niveau européen a permis finalement de se rapprocher de quelques pourcents seulement d’une parité encore lointaine. Après avoir réfléchi pendant quinze ans à la division socio-sexuée des savoirs en utilisant le concept de Nicole Mosconi, j’ai voulu faire un tour d’horizon des mesures en faveur de la mixité dans les études supérieures en Suisse. Globalement inspirées par la culture anglo-saxonne, beaucoup de mesures proposent des stratégies de renforcement des femmes pendant des temps plus ou moins longs de non-mixité. Néanmoins, ces mesures sont catégoriquement rejetées par beaucoup d’élèves ou d’étudiantes… qui éventuellement en bénéficient tout de même.
Séance : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Panel 1 : La pédagogie féministe : sens et mise en action pédagogique
Animatrice :