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Activité : Atelier
Titre : 385 - Table ronde : Intersectionnalité et sciences sociales : des instruments pour une protection des droits de toutes les femmes enfin efficace ?
Responsable(s) : Céline Husson-Rochcongar, Aline Rivera-Maldonado et Safa Ben Saad
Résumé : Insuffisante, la protection accordée aux femmes par le droit international se présente comme un kaléidoscope d’approches fragmentaires dont les incohérences constituent autant d’obstacles à la mise en œuvre d’une protection efficace de toutes les femmes. Élaborée à travers l’adoption d’instruments internationaux de plus en plus spécialisés, complétant les instruments généralistes, et dont l’application est assurée de manière disparate par divers organes, elle tient davantage de la juxtaposition que de l'organisation. Ces incohérences dans la protection contribuant à en diminuer l’efficacité, cet enchevêtrement reflète l’absence d’une véritable conception de ce que sont les droits des femmes en droit international – ou de ce qu’ils pourraient ou devraient être. En période de restrictions budgétaires, cette absence de vision d’ensemble se fait spécialement dangereuse, car les droits économiques, sociaux et culturels, sur lesquels repose largement la protection des droits des femmes sont les premiers sacrifiés. Le droit se fait donc ici doublement outil de domination, car, derrière la manière dont il prolonge habituellement une domination sociale masculine millénaire, apparaissent explicitement les effets économiques de cette domination. C’est pourquoi la quête d’égalité ne doit pas disparaître derrière la problématique plus étroite de la non-discrimination. Car, fractionnant là où l’égalité devrait réunir, une protection fondée sur ce principe impose de raisonner par catégories... sans pouvoir toutefois tenir réellement compte du fait que chaque femme appartient en réalité à diverses catégories. Amenant à saisir les femmes par groupes, de manière monolithique, cette approche ne sait pas protéger les femmes autochtones pauvres, qu’elle n'envisage qu’alternativement comme autochtones, comme pauvres, voire très imparfaitement comme femmes. Face à cette complexité, l’intersectionnalité permet un décloisonnement des catégories. Cependant, dès lors que ce sont les structures sociales elles-mêmes qui sont à repenser, et pas seulement le droit qui en découle, une réflexion efficace devrait également incorporer les enseignements d'autres sciences sociales.

Séance : Intersectionnalité et sciences sociales : des instruments pour une protection des droits de toutes les femmes enfin efficace ?
Animatrice :  
Auteure : Safa Ben Saad (Université de Toulouse)
1 - De l'universalité à l'harmonisation : repenser les droits des femmes par le droit comparé
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Auteure : Aline Rivera-Maldonado (Université Paris Ouest-Nanterre La Défense)
2 - La lutte pour la survie: Les stratégies (d'auto)protection des droits des femmes face à la pauvreté
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Auteure : Céline Husson-Rochcongar (Université de Picardie Jules Verne)
3 - Droit et intersectionnalité : le choc des cultures ?
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