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Titre : Matérialité(s) des corps - Séance 4
Résumé : -

Auteure : Nathalie Grandjean (Université de Namur)
1 - Savoirs situés et nouvelles frontières des corps
Une des particularités de certains savoirs féministes est de s’ancrer dans la prise de conscience collective et critique d’une domination patriarcale et hétéronormative. Ces savoirs, politisés, peuvent alors se revendiquer d’une épistémologie du positionnement (Rose, 1994 ; Harding, 1986 ; Harstock, 1998) : objectifs tout en se déclarant non- neutres, ils se veulent également situés (Haraway, 1988), c’est-à-dire encorporés et partiels. Si ces modes de production de savoirs féministes permettent de gagner en objectivité « comme rationalité positionnée », qu’en est-il à proprement parler des matérialités des corps ? Comment peut-on repenser ces matérialités à l’aune de ces nouvelles épistémologies ? Les matérialités des corps se débattent d’abord entre deux limites : les théories féministes du positionnement qui récusent tant le déterminisme biologique que le pur constructivisme social. Les corps ne sont ni des entités biologiques figées par des déterminants sexués, ni de pures productions discursives académiques. Politiser les corps leur fait échapper à tout essentialisme (biologique et discursif) ; car les processus d’encorporations doivent être lus par-delà le biologique et le discursif. Les corps ne sont plus considérés comme des objets de connaissance passive, mais comme des axes générateurs et signifiants actifs, comme des « acteurs matériels- sémiotiques » (Haraway, 1988). Dès lors, les frontières des corps doivent être reconsidérées en partant de ces matérialités sémiotiques : cela implique de les penser sous un mode relationnel, en quittant les pratiques d’individuation de la pensée occidentale.