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Titre : Table ronde : L’éducation à la sexualité des adolescentes
Résumé : -

Auteure : Catherine Plouffe Jetté (YWCA Québec)
1 - Oser donner la parole aux filles
L’éducation à la sexualité ne peut se faire sans consulter celles à qui on s’adresse : les adolescentes. Trop souvent, les histoires sensationnalistes véhiculées dans les médias sur la sexualité des jeunes amènent de nombreux adultes à oublier que l’âge de la première relation sexuelle demeure stable depuis de nombreuses années. Cela entraine des peurs chez de nombreux intervenants, qui hésitent donc à aborder la sexualité avec les jeunes de peur de leur « donner des idées ». Je m’inspirerai des échanges que j’ai eus avec des adolescentes dans le cadre d’une étude de réception de L’ABC des filles, de même que lors d’animation au Centre filles de la YWCA Québec, pour aborder la question des rapports égalitaires et des relations amoureuses saines avec les adolescentes. J’insisterai sur l’importance d’une approche centrée sur les filles, leurs vécus et leurs expériences. J’aborderai aussi les avantages des programmes non mixtes, surtout lorsqu’on aborde les inégalités et les expériences personnelles. Au moment de remettre au programme l’éducation à la sexualité au Québec, il m’apparaît primordial de concevoir un curriculum en partenariat avec les jeunes, qui sont très au fait de leurs besoins et de leur développement. Oser donner la parole aux filles à propos de leur sexualité, c’est enfin leur donner le pouvoir de changer les choses pour le mieux!
Auteure : Caroline Caron (Université du Québec en Outaouais)
2 - Recherche féministe, adolescentes et sexualité : une relation ambiguë
Cette communication cible un problème récurrent dans la recherche féministe sur la sexualité adolescente : le traitement de la sexualité en termes de dangerosité, de risque et de maladie. Cette relation négative à la sexualité occulte le désir féminin et crée un contexte favorable à la condamnation des diverses modalités d’expression de la sexualité chez les adolescentes. Quelles sont les conséquences de ce problème ? Et pourquoi tant de tabous autour du plaisir et du désir féminins ? Même en adoptant une approche inclusive des voix des adolescentes, le risque demeure présent de nier le statut de sujet sexuel des adolescentes et de verser dans la moralisation ou la pathologisation. Or, cette incapacité de traiter la sexualité en termes positifs ne se pose-t-elle pas en contradiction au projet d’émancipation porté par le féminisme ? En soulevant le caractère ambigu de la relation entre féminisme, sexualité et adolescence, cette intervention vise moins la polémique que l’identification des malaises, des inconforts, des dilemmes et des ambivalences qui jalonnent la réalisation de travaux féministes sur des thématiques liées à la sexualité. Seront ainsi posés quelques points de repères pour réfléchir à la difficile question des interlocuteurs (et des moyens) qui devraient ou qui pourraient être au cœur des programmes d’éducation sexuelle.
Auteure : Geneviève Dumont (Conseil du statut de la femme)
3 - Vie amoureuse et sexuelle des adolescentes au Québec : un avis sur la question
En 2008, le Conseil du statut de la femme publiait Le sexe dans les médias: obstacle aux rapports égalitaires, un avis dans lequel il faisait une série de recommandations au gouvernement concernant la sexualisation de l’espace public. Aujourd’hui, le Conseil revient avec la présentation d’un nouvel avis portant cette fois sur la vie amoureuse et sexuelle des adolescentes de 12 à 18 ans. À cette occasion, des jeunes filles ont été rencontrées pour partager avec nous leurs points de vue. Avec elles, nous nous sommes interrogées sur différentes questions touchant entre autres, l’hypersexualisation, le consentement, le rôle des pairs et des parents dans l’éducation à la sexualité, le double standard de sexe, la violence dans les relations amoureuses. En filigrane du discours des adolescentes, nous avons aussi cherché à mieux cerner leur vision des rapports égalitaires en matière de sexualité et de relations amoureuses. Enfin, dans la perspective où de nouveaux apprentissages d’éducation à la sexualité seront bientôt implantés dans les écoles, nous voulions identifier des pistes sur le plan des contenus et de l’accompagnement en cette matière. Cette communication vise à ouvrir la discussion à partir de la parole des adolescentes, du témoignage d’experts et de la revue de littérature sur le sujet.
Auteure : Simone Viger (Fondation filles d'action)
4 - Donner la parole aux adolescentes – Pourquoi et comment?
Soyons honnêtes : les filles et les jeunes femmes ont des désirs sexuels et sont curieuses. Cela ne changera pas et il n’y a aucune raison pour que ça change ! La sexualité est un aspect important de leur santé mentale et émotionnelle. Pourtant, plusieurs facteurs font obstacle à la santé sexuelle des filles et des jeunes femmes, tels que les normes sociales et de genres irréalistes, les stigmatisations, l’accès ou le manque d’accès à de l’information et à des ressources et les peurs et inquiétudes reliées à la sexualité des filles et des jeunes femmes. Mais qu’en pensent les principales intéressées? À Filles d’action, nous considérons qu’il faut commencer par écouter les filles et les jeunes femmes si nous souhaitons qu’elles abordent leur santé sexuelle de façon positive. C’est pourquoi nous : • Basons sur une approche d’éducation populaire et reconnaissons que les filles et les jeunes femmes sont les expertes de leurs expériences, de leur corps, de leurs désirs et de leurs besoins; • Créons des espaces réservés aux filles et aux jeunes femmes où l’ouverture, la confiance et le respect de la diversité sont mis de l’avant; • Suscitons les questionnements, les échanges et le passage à l’action afin qu’elles deviennent des agentes de changements dans leurs relations, leurs écoles et leurs communautés. En bref, les filles et les jeunes femmes sont les mieux placées pour savoir ce dont elles ont besoin quand il est question de leur vie sexuelle et elles ont besoin d’être soutenues!