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Titre : L’intersectionnalité en action : méthodes et pratiques pour le renouvellement de projets féministes émancipatoires - Séance 3
Résumé : -

Auteure : Erica Siddall (Université d'Ottawa)
1 - La violence familiale à l’égard des femmes autochtones : interventions privilégiées par des intervenants non-autochtones
La violence familiale à l’égard des femmes autochtones au Canada est une problématique qui affecte non seulement les victimes, mais aussi l’ensemble de leurs familles, communautés et nation. Nos travaux de maitrise se sont intéressés aux modalités théoriques et pratiques des interventions privilégiées auprès des femmes autochtones subissant de la violence conjugale/familiale. Dans le cadre de cette communication, nous présenterons les résultats de cette recherche qualitative, menée auprès de huit intervenants non-autochtones d’Ottawa qui travaillent avec les femmes et les familles autochtones victime de violence familiale/conjugale. Plus précisément, nous verrons comment les intervenants non-autochtones définissent la violence familiale contre les femmes en milieu autochtone et de quelle façon ils élaborent leurs plans d’intervention pour répondre à leurs besoins. Par la suite, les difficultés qui surgissent du fait que ces intervenants appartiennent à la culture dominante seront identifiées ainsi que les stratégies mises en place pour faire face à cette situation complexe. Nous partagerons en conclusion nos réflexions sur les enjeux et défis de l’intervention auprès des femmes autochtones aux prises à l’intersection de divers rapports de pouvoir et de domination.
Auteure : Geneviève Pagé (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Rosa Pires (UQAM)
2 - Perceptions et compréhensions de l’intersectionnalité auprès des membres de la Fédération des femmes du Québec
Depuis déjà plusieurs années, la Fédération des femmes du Québec tente d’intégrer une approche prenant en compte l’intersection des oppressions. Toutefois, cette approche ne fait pas l’unanimité dans le mouvement et cause tensions et remous dans les débats actuels. Dans un contexte où plusieurs tentatives de vulgarisation et de formation ont été réalisées, la persistance d’une incompréhension ou d’une résistance a obligé la FFQ à retourner vers sa base. Ainsi, une recherche combinant questionnaires et entretiens collectifs (focus groups), analyse quantitative et qualitative, a été entreprise afin de dresser le portrait des perceptions et compréhensions de l’approche de l’intersection des oppressions parmi les membres de la FFQ. Cette présentation offrira donc une analyse des perceptions et compréhension de l’approche de l’intersection des oppressions, identifiant les lacunes et les résistances.
Auteure : Dominique Angers-Trottier (Uqam)
3 - Histoires des « Bindi Girls of Montreal » : l’approche narrative de groupe ancrée dans l’intersectionnalité
Cette communication vise à présenter une démarche d’intervention réalisée dans le cadre d’un essai/stage à la maîtrise en travail social. L’expérience a été réalisée à l’intérieur d’un projet concernant la violence vécue par les jeunes femmes sud-asiatiques au nom de « l’honneur » visant à accroître la sensibilisation concernant cette violence. Si la littérature en travail social concernant la violence liée à « l’honneur » se fait rare, il est reconnu que l’intervention auprès des femmes des communautés ethnoculturelles qui subissent de la violence occulte certaines oppressions avec lesquelles elles doivent composer. Ainsi, les narratifs qui circulent dans l’espace public à propos de la violence liée à « l’honneur » ne reflètent pas nécessairement les réalités de ces jeunes femmes. Pour faire suite à ces considérations, nous avons choisi de développer une intervention employant une approche narrative de groupe ancrée dans l’intersectionnalité visant à créer un espace sécuritaire où les participantes pourraient échanger à propos de leurs réalités et des pressions vécues au quotidien. Il sera question de présenter notre intervention qui a favorisé l’émergence de narratifs alternatifs concernant la réalité des jeunes femmes sud-asiatiques. Cette expérience a démontré la pertinence d’un cadre intersectionnnel afin de créer des espaces alternatifs où les femmes des communautés ethnoculturelles peuvent élaborer d’autres narratifs.