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Titre : Femmes, féminismes et mouvements sociaux en Amérique latine - Séance 2 - Revendications féministes et stratégies des femmes dans les mouvements sociaux en Amérique latine
Résumé : -

Auteure : Charmain Levy (UQO)
1 - Le rôle des femmes leaders dans le mouvement d’habitation au Brésil
Les femmes sont le public le plus important au sein du Mouvement populaire pour l’habitation (MPH) au Brésil, et par extension au sein du mouvement pour le droit à la ville. Mais cela ne signifie pas pour autant que l’agenda promu par ces organisations intègre des revendications qui tiennent compte de la signification spécifique du logement pour les femmes. Depuis 2003 cependant, à l’initiative d’une organisation féministe, des organisations du MPH de Sao Paulo ont intégré la question « Femmes et logement » à leur programme de formation. Mettant en lumière les rapports d’inégalités qui perdurent entre les hommes et les femmes et les inégalités dans leur accès à la ville (aux services, aux équipements et infrastructures), et la sous-représentation politique des femmes au sein des instances de démocratie participative, cette initiative a suscité une prise de conscience de l’importance de cet enjeu pour les femmes, chez leurs membres. Cette association, entre un mouvement social et une composante du mouvement féministe, avec l’appui d’un élu, s’est traduite par l’adoption d’une loi qui oblige la municipalité et les organisations paramunicipales à enregistrer le bail des logements publics au nom de la femme (et ce peu importe son statut civil). Cette politique qui vise à octroyer une sécurité aux femmes et à leurs enfants, est considérée au Brésil comme un gain pour les femmes et une avancée en matière de planification urbaine. Par le biais de la recherche que nous avons menée à partir de l’étude de cas de composantes du mouvement populaire pour l’habitation dans le centre-ville de Sao Paulo à partir de 2003.
Auteure : Andrea Martinez (Université d'Ottawa)
2 - Femmes, économie solidaire et processus d'autonomisation : le cas de la coopérative Centro de Saúde Alternativa da Muribeca dans la région métropolitaine de Recife (Brésil)
Au cours des dernières décennies, le mouvement d'économie solidaire a connu une croissance rapide en Amérique Latine, suite à la mise en place de programmes d'ajustement structurel dans des sociétés fragilisées par le processus de mondialisation néolibérale. Bien implanté au Brésil, ce mouvement vise à construire des alternatives socio-économiques au moyen de pratiques politiques altermondialistes, à la fois plus proches des populations défavorisées et plus sensibles aux luttes féministes. Notre communication porte sur les activités solidaires de la coopérative d’agriculture urbaine Centro de Saúde Alternativa da Muribeca, située dans une favela de la région métropolitaine de Recife (localité parmi les plus pauvres du Nord-Est du Brésil). Regroupant des femmes chargées de la culture, de la transformation et de la commercialisation de plantes médicinales, cette coopérative fait partie d'un réseau d’économie solidaire plus vaste mobilisant les communautés locales et les centres de recherche universitaires de la région. Partant d'entretiens semi-structurés individuels, notre propos est double: d'une part, documenter les trajectoires personnelles et les motivations de ces cultivatrices-herboristes en cherchant à comprendre l'impact de la coopérative sur leurs moyens de subsistance et leur « empowerment » économique et relationnel (au sein de leur ménage et dans la communauté); d'autre part, analyser le fonctionnement et les défis du réseau, en particulier si (et dans l'affirmative, comment) celui-ci utilise ses mécanismes d'organisation solidaire pour favoriser des pratiques sociales plus inclusives et équitables.
Auteure : Alejandra Ramírez (Centro de Estudios Superiores Universitarios de la Universidad Mayor de San Simón)
3 - Agentivités citoyennes plurielles des femmes et mouvements sociaux à Cochabamba
En Bolivie, les mouvements sociaux ont joué, sans aucun doute, un rôle important, à la fois en tant que producteurs mais aussi en tant que récepteurs, des plus importants changements qui ont pris place dans le pays depuis les 60 dernières années. En effet, on ne peut nier que les mouvements de paysans, des secteurs urbains, des miniers, des « cocaleros » (producteurs de la feuille de coca) et d'autres, ont été important, à tel point que plusieurs chercheurs ont mis en avant l’idée de la prédominance d’une « politique de la rue » en Bolivie liée à l’action collective. Qu’est ce qui passe dans le cas spécifique des femmes? Dans cette présentation, prenant comme référence la façon dont les femmes exercent et ont exercés leur citoyenneté en Bolivie (ce qu’on appelle ici leurs agentivités citoyennes), nous analyserons les stratégies plurielles que les femmes déploient en utilisant leurs divers différentiels de pouvoir, pour influencer directement ou indirectement sur les mesures publiques qui les concernent ainsi que leurs familles. Concrètement, nous débattrons de l’importance de l’action collective –ou la politique de la rue- en Bolivie du point de vue des femmes. Etant donné que 70% de la population nationale habite dans l’espace urbain, nous prendrons comme référence l’agence citoyenne des femmes urbaines et péri-urbaines dans la région de Cochabamba (la troisième ville en importance dans le pays). Nous organiserons la présentation en trois parties: (a) il s’agira d’un panorama général des formes plurielles d’agentivités citoyennes que les femmes déploient dans l’espace urbain (b) Puis nous analyserons les particularités, potentialités et contradictions qui caractérisent l’agentivité citoyenne collective, en particulier celle des femmes dirigeantes dans les mouvements sociaux, en les différenciant des organisations sociales. (c) Finalement, nous évaluerons l’impact de l’action des femmes dans les mouvements sociaux face à d’autres stratégies qu’elles utilisent quotidiennement dans le déploiement de leur agentivité citoyenne.