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Titre : Les féministes face aux antiféministes - Séance 1 - Atelier-Panel
Résumé : -

Auteure : Mélissa Blais (Université du Québec à Montréal (UQAM)/IREF/RéQEF)
1 - Les effets de l’antiféminisme sur le mouvement féministe québécois
La recherche féministe francophone s’intéresse de plus en plus à l’antiféminisme (notamment Christine Bard, Francine Descarries, Anne-Marie Devreux, Micheline Dumont et Diane Lamoureux), mais trop peu à ses effets sur les mouvements féministes. Il en va de même pour les spécialistes francophones des mouvements sociaux qui mobilisent peu la littérature sur les contremouvements et ses effets. Cette séance sera l’occasion de pallier à ces impensés de la littérature féministe et sociologique par une présentation de résultats préliminaires de ma recherche doctorale portant précisément sur les effets du contremouvement antiféministe sur le mouvement féministe québécois actuel. En prenant pour études de cas les organisations qui œuvrent contre les violences masculines faites aux femmes, je soumettrai à la discussion non seulement les différents types d’effets documentés (effets externes et internes au mouvement), mais aussi leurs conséquences dans les rapports sociaux de domination. À l’aide de 95 entrevues semi-dirigées auprès de féministes, et inspirées par la théorie du sexage de Colette Guillaumin, nous verrons comment ces différents effets révèlent les objectifs sociopolitiques des antiféministes.
Auteure : Sarah Labarre (UQÀM)
2 - Internet est un homme blanc, hétérosexuel et antiféministe: regard sur les violences machistes véhiculées sur le web
Adolescente, je me suis émancipée d’un milieu oppressant pour les femmes, milieu où le rôle des femmes se limitait à la cuisine, aux « affaires de famille » et au silence. Je me suis intéressée à Thérèse Casgrain, à Angela Davis et à Paola Tabet. J’ai commencé à prendre la parole sur le web, à propos de sujets qui m’indignaient – les inégalités sociales, l’itinérance, les rapports sociaux de sexes – et j’ai rapidement découvert qu’Internet exclus presque systématiquement les femmes. On se fait traiter de frustrée, connasse, féminazie. On apprend à éviter certains fils de discussion, à ne pas porter attention à ceux qui se font de plus en plus insistants, de plus en plus violents, on persiste. Puis vient les « tu as dû te faire violer quand t’étais petite, pour haïr les hommes comme ça ». Ensuite le ciblage, les menaces de viol, de mort. Au final, j’ai arrêté d’écrire, tandis que les machistes et les antiféministes, eux, ne se sont pas découragés. Quelle est la place des femmes sur Internet? Si le sexisme précède l’écran, qu’en est-il des progrès en matière d’égalité, accomplis et à accomplir dans diverses sphères de la société? Le web trahit-il un retard à rattraper en matière d’égalité de droits, de représentation et de respect des femmes? À partir de mon expérience de blogueuse, je traiterai de la cyberviolence, de la liberté d’expression et des possibles solutions permettant de contrer le phénomène.
Auteure : Francis Dupuis-Déri (Université du Québec à Montréal (UQAM)/IREF/RéQEF)
3 - L'antiféminisme dans la vie privée
Une première recherche initiée par L’R des centres de femmes du Québec, menée en partenariat avec le Groupe interdisciplinaire de recherche sur l’antiféminisme (GIRAF) et le Service aux collectivités de l’UQAM, a permis de documenter et d’analyser les effets des attaques antiféministes sur le mouvement féministe au Québec. Il est alors apparu clairement au fil des entrevues réalisées dans le cadre de cette recherche que l’antiféminisme s’exprime aussi dans la «vie privée», soit dans les relations familiales et amicales, entre autres, et que ce phénomène est source de préoccupation, même s’il est fort mal documenté et analysé. Une seconde recherche a donc été initiée au début de l’année 2015 pour documenter et analyser les «rencontres» entre féministes et antiféministes, dans les sphères de la vie privée. Il s’agit de répertorier les formes d’expression de cet antiféminisme, ses effets sur les femmes et leurs réflexions à ce sujet, y compris quant aux manières d’y réagir individuellement et collectivement. La communication permettra de présenter les résultats préliminaires de la première étape de cette recherche, et d’engager une discussion au sujet de l’antiféminisme dans la «vie privée».