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Titre : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Table ronde 1 : Faire éclater les logiques institutionnelles, une nécessité pour la pédagogie féministe?
Résumé : Ce panel se penchera sur les conditions nécessaires à la mise en application des pédagogies féministes. En effet, travailler avec un modèle alternatif dans différents contextes d’enseignement nécessite souvent une négociation qui force les compromis ou rend impossible l’application des théories et pratiques idéales. Quelles sont les conditions nécessaires ou suffisantes pour le développement ou la mise en application de pratiques pédagogiques féministes? Quelles structures facilitent ou nuisent à l’implantation de contextes d’apprentissage propres à la remise en question des rapports de pouvoir dans le contenu des enseignements comme dans la pratique de ces derniers? Dans ce panel, Joëlle Magar nous parlera des conditions favorables à la transmission d'un savoir dont l'objet est la remise en question des rapports sociaux de sexe. Virginie Blum et Muriel Salle, partant de l’enseignement du genre au sein de l’École Supérieure du Professorat et de l’Éducation de l’Académie de Lyon, discuteront des difficultés et écueils de l’institutionnalisation du concept et des enjeux pédagogiques qu’il soulève entre étudiant.es et enseignantes. Finalement, Farinaz Fassa, à travers une discussion sur la mise en place d’un réseau collectif de mentorat à l’Université de Lausanne au début des années 2000, argumentera que les tensions entre les appels à l’excellence des individus et les besoins d’une reconnaissance institutionnelle des études de genre ont pour effet de faire disparaître la dimension locale (au profit de la coordination au plan national) et ses potentialités de construction d’un commun et de faire s’estomper la dimension liée à une pédagogie féministe dans ce réseau collectif.

Auteure : JOELLE MAGAR-BRAEUNER (Université Paris 8 et UQAM)
1 - Première intervention
A partir d’observations et d’entretiens réalisés dans des établissements scolaires français, ainsi que d’une expérience de formatrice auprès des professionnel.e.s de l’éducation, il s’agira d’identifier les questions que pose à l’institution scolaire la perspective d’une remise en question des rapports sociaux de sexe. Le bouleversement des frontières généré entre le personnel et le professionnel, l’intime et le public, l’émotionnel et le rationnel, déstabilise les acteurs et les actrices de l’école et les conduit à interroger non seulement leurs pratiques professionnelles mais aussi leur parcours personnel. Si, du sein même de l’institution, des oppositions fortes (dont il conviendra de reconnaître les formes) à la remise en cause de l’ordre du genre se font entendre, des marges de manœuvre sont néanmoins possibles. Comment dès lors, et à partir de quelles ressources, favoriser la construction de postures individuelle et collective, susceptibles de renforcer le pouvoir d’agir? Quels sont, à l’échelle d’un établissement, les dispositifs à considérer pour témoigner du postulat de l’égalité? Enfin, de quels outils théoriques peut-on se saisir pour gagner en cohérence et éviter la simple reconfiguration des rapports de domination?
Auteure : Muriel SALLE (Université Lyon 1)
2 - Le genre à l'œuvre dans la formation des enseignant-e-s en France
En France, l’institutionnalisation des problématiques de genre à l’université en général, et plus récemment dans le cadre de la formation des enseignant-e-s du primaire comme du secondaire, a connu des progrès significatifs. Dans le contexte politique récent, qu’il faudra expliciter, le Ministère de l’Education nationale a imposé la formation systématique des enseignant-e-s à ce qu’il est désormais convenu d’appeler la « culture de l’égalité filles/garçons », un syntagme qui méritera également qu’on l’interroge. Bien sûr, la réflexion sur les questions de genre en éducation n’est pas nouvelle. Mais les évolutions récentes de la formation des enseignant-e-s, qui incombe désormais aux Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Education (ESPE), a permis de faire évoluer la prise en compte des questions de genre en éducation. Comment ces problématiques se sont-elles intégrées au curriculum des enseignant-e-s et futur-e-s enseignant-e-s ? Quels leviers peut-on activer pour gagner en efficacité ? Quelles résistances rencontre-t-on ? C’est à l’ensemble de ces questions que l’on tâchera d’apporter des éléments de réponse, à la lumière de notre expérience toute récente de l’année universitaire qui vient de s’écouler.
Auteure : Farinaz Fassa (Université de Lausanne)
3 - Pour pallier la cécité au genre des autorités scolaires
Malgré une volonté affirmée par la Conférence des directeurs de l’instruction publique en 1993, l’éducation à l’égalité entre les sexes reste plus que marginale dans les programmes scolaires. Les enseignant.e.s déclarent pourtant des pratiques actives dans ce domaine, mais elles restent souvent ponctuelles. Sur la base des résultats de la recherche menée dans le cadre du programme national de recherche consacré à l’égalité (Comment l’égalité s’enseigne-t-elle à l'école) , cette communication examinera la situation en Suisse romande. Partant des raisons qui limitent les discussions dans le cadre scolaire sur cette question, elle insistera sur ce qui peut permettre aux enseignant.e.s de sensibiliser leurs élèves à l’égalité entre les sexes