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Titre : Pédagogies féministes dans la francophonie : défis et enjeux contemporains - Panel 2 : Les étudiant.e.s nous parlent : comment penser, créer et agir dans la construction des savoirs en études féministes?
Résumé : Quels rôles les étudiant.e.s universitaires en études féministes jouent ils.elles dans la construction des savoirs, des savoir-faire et des savoir-être ? En se donnant la peine d’y réfléchir, nous constatons que ces rôles sont multiples et variés. Par exemple, les étudiant.e.s sont également, en particulier dans le contexte des travaux d’équipe, enseignant.e.s eux.elles-mêmes, dans la mesure où ils.elles sont amené.e.s à s’entraider et à tirer parti des forces de chacun.e. De plus, suivant l’application d’un principe de méthodologie comme de pédagogie féministe, les expériences des étudiant.e.s en classe peuvent s’avérer un puissant vecteur de compréhension, d’acquisition et de co-construction de savoirs, dont bénéficient l’ensemble du groupe-cours tout comme l’enseignante. Les enjeux en présence nous amènent également à aborder la question de la perception de ce qu'est un.e étudiant.e et de l'impact de cette perception sur leur participation aux sphères de savoir. Qui plus est, les étudiant.e.s militant.e.s, oeuvrant dans divers organes féministes et autres, peuvent également représenter au point de carrefour entre la théorie et la pratique. Bref, les étudiant.e.s nous parlent : mais les écoutons-nous toujours ? Qui parle, quand et pourquoi ? Par le biais de communications portant sur le rôle des expériences estudiantines dans l’enseignement de la méthodologie féministe, sur les résultats d’un projet de consultation des étudiant.e.s concernant l’arrimage des contenus des cours en études féministes, de même que sur la perspective de deux étudiantes sur l’intégration des savoirs estudiantins dans les cursus académiques, cet atelier se veut un espace de discussion sur les multiples rôles joués par les étudiant.e.s en études féministes dans la co-construction des connaissances. L’atelier permettra également, en filigrane, de comparer certaines expériences des étudiant.e.s montréalais.e.s et enseignant.e.s en contexte francophone et anglophone.

Auteure : Eve-Marie Lampron (UQAM)
1 - De ‘mon expérience’ à ‘nos savoirs’ dans l’enseignement des méthodologies féministes
Cette communication se veut une réflexion issue d’une expérience concrète et répétée d’enseignement des méthodologies dans une perspective féministe. Elle ciblera plus particulièrement l’apport de la pédagogie interactive (et féministe) dans cette perspective. Cette stratégie d’enseignement, d’une part, est plus que nécessaire afin de susciter l’intérêt des étudiant-e-s et de déconstruire leur perception préalable de la méthodologie, considérée de prime abord comme une matière aride, voire rébarbative. D’autre part, la pédagogie interactive permet de laisser une large place à l’expression des expériences estudiantines, ces expériences étant de plusieurs ordres. Tout d’abord, au niveau des compétences méthodologiques en sciences humaines et sociales, les étudiant-e-s jouent le rôle indirect de co-enseignant-e-s dans le cadre des travaux d’équipe. Ceux-ci et celles-ci ayant des parcours variés, leurs expériences méthodologiques antérieures, lorsque combinées dans le cadre d’un projet de session porteur, les amènent à créer un « tout » cohérent, interdisciplinaire et argumenté. Ensuite, les expériences militantes et/ou interpersonnelles des étudiant-e-s sont plus que pertinentes dans l’apprentissage des méthodologies dans une perspective féministe, et ce, au-delà de l’exemple plus manifeste de l’enseignement de l’épistémologie du positionnement situé (standpoint theory). Divers écueils et stratégies visant à dépasser certains problèmes communément identifiés (monopolisation du temps de parole en classe par une minorité ; valorisation collective de certaines expériences plutôt que d’autres, etc.) seront également explorés. La communication se conclura par une réflexion sur la concordance entre les principes professés et leur application concrète par l’ensemble du groupe-cours, incluant l’enseignante elle-même.
Auteure : Rebecca Beauvais (UQAM)
2 - « Des contenus et des matières féministes : réflexions et pratiques à l’Institut de recherches et d’études féministes
Cette communication fait suite à la communication « Des contenus et des matières féministes » préparée et présentée par Thérèse St-Gelais et moi-même dans le cadre du colloque « Les femmes en sciences humaines : étudier, enseigner, travailler, militer », 20 mars 2014. Quels sont les fondements des apprentissages proposés et comment ceux-ci renouvellent-ils les pratiques, étaient les questions que nous nous étions posées alors. Elles serviront ainsi de point de départ à cette nouvelle présentation. Dans un premier temps, je reviendrai sur les résultats d’une démarche menée dans le cadre des projets d’intégration à l’UQAM, qui visait à réfléchir aux enseignements offerts par l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF) dans le cadre des programmes de certificat et de concentration de premier cycle. Le projet visait principalement à harmoniser les objectifs, les modalités méthodologiques et d’évaluation et à faire une recension des contenus offerts aux étudiant-es et ce, en consultant les étudiants-es à ce sujet par la mise en place de «focus groups». Je pourrai ainsi répondre sommairement aux questions suivantes : qu’est-ce qui se fait en études féministes à l’UQAM ? Et qu’est-ce qu’en pensent certaines étudiants-es ? Dans un deuxième temps, j’aborderai l’expérience spécifique de l’enseignement de l’atelier de synthèse en études féministes. Je dresserai un portrait de cette expérience en questionnant le rapport au savoir en études féministes et entre apprenant-e et enseignant-e. De quoi parle-t-on ? Comment en parle-t-on ? Quels savoirs peuvent être construits dans le cadre d’un atelier synthèse ? Quels sont les rôles de chacun-e ? Comment permettre la diversité des postures et l’interdisciplinarité ?
Auteure : Myriam Zaidi (Concordia University)
3 - Résistance à une pédagogie féministe blanche : femmes racisées et la (dé)construction des savoirs
Dans le cadre de cette communication, nous aborderons le rôle de la subjectivité des femmes racisées dans les études et organisations féministes. En traitant le personnel comme politique, le partage d'expériences de femmes racisées devient une résistance aux savoirs dominants. Sachant que la reconnaissance et la valorisation des expériences des étudiantes racisées sont essentielles dans une société ne cesse de marginaliser les réalités auxquelles font face les femmes racisées, quel espace offrons-nous aux étudiantes racisées? Qui parle, et qui écoute? Pouvons-nous assumer que les espaces dans les études et organisations féministes sont sûrs, ou même prêts à nous entendre? Plusieurs défis se posent aux femmes racisées qui se trouvent souvent dans des milieux dominés par des féministes blanches. Dans ces milieux, lorsque le privilège blanc est contesté par des femmes racisées à travers la divulgation de leurs expériences, ces femmes font face à des inconforts qui se traduisent en frustrations et reproches. Lors de ces ces situations, la subjectivité nous rend vulnérables. Or, plusieurs enseignantes, étudiantes et militantes racisées perçoivent cette vulnérabilité comme force. En tant qu'étudiante militante racisée, je partagerai mon expérience de vulnérabilité dans les milieux féministes dominés par des femmes blanches. Enfin, j'aborderai les implications d'une résistance au privilège et savoirs blancs même lorsqu'elle peut nous mettre dans une position de vulnérabilité.