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Titre : Violence des représentations > < représentation des violences - Séance 1
Résumé : -

Auteure : Estelle Lebel (Université Laval)
1 - La violence des images
La violence des images ne se résume pas aux images de violence; il en est d’autres qui semblent infliger des blessures psychiques à des populations entières ou à des groupes particuliers. Des représentations en apparence innocentes et qui prétendent jouer du second degré : caricature, détournement, parodie, etc. peuvent aussi être des sources de conflit. Au delà de cette prétention au second degré et selon l’approche historique qui montre la force politique des images depuis les iconoclastes du VIe siècle à aujourd’hui, il importe de saisir les liens entre les représentations visuelles et les pouvoirs politiques - dont les pouvoirs qui relèvent du système patriarcal - car la mise en réserve du pouvoir dans les signes impose son autorité.
Auteure : Caroline Caron (Université du Québec en Outaouais)
2 - Harcèlement sexiste en ligne : un défi et une opportunité pour la recherche féministe
Dans sa sortie publique, en mars 2014, à propos de la séance de clavardage sexiste dont elle a fait l’objet sur la plate-forme Facebook, la présidente de la Fédération des étudiant.e.s de l’Université d’Ottawa a invoqué la réticence des femmes à dénoncer les formes de harcèlement et de sexisme dont elles sont victimes en ligne. Au cours des dernières années, d’autres reportages de presse publiés en Angleterre, aux États-Unis et au Canada ont également rapporté que le sexisme et le harcèlement sexuel dans l’univers du Web 2.0 ont acquis un tel statut de banalité que peu de femmes sont portées à le reconnaître comme tel ou à l’envisager comme un enjeu de la lutte féministe contemporaine. Cette communication cible ce phénomène et le décrit comme un nouvel objet d’étude et d’intervention pertinent aux études féministes. La discussion mettra en évidence la complexité conceptuelle, théorique et méthodologique de cet objet, tout en mettant en valeur l’opportunité d’innovation méthodologique qu’il recèle pour les études féministes. En outre, la chercheure présentera son projet de recherche en cours, qui vise à développer une approche méthodologique féministe adaptée à cet objet et aux expériences subjectives des internautes féminines. La discussion prendra appui sur la riche tradition de travaux féministes sur l’épistémologie et les méthodes de recherche en sciences sociales, ainsi que sur les thèmes du sexisme ordinaire, du harcèlement sexuel en milieu de travail et du harcèlement de rue.
Auteure : Sandrine Ricci (UQAM)
3 - Quand les discours ciblent le corps et la sexualité des femmes : la culture du viol
L’objectif principal du projet doctoral que cette communication vise à soumettre à la discussion est de mettre en lumière le versant idéel de la violence exercée contre les femmes, quand les discours ciblent le corps et la sexualité des femmes, lieux privilégiés de la spoliation et de l’appropriation du « féminin ». On fait particulièrement référence ici à la violence que recèlent des discours, des faits sociaux et des logiques institutionnelles. Cette dimension indirecte de la violence s’avère souvent invisible ou occultée, possiblement du fait que sa production s’inscrit dans des processus fort complexes à cerner, et aussi du fait que la violence est souvent appréhendée avec des approches psychologisantes, individualisantes, dépolitisées, en bref, dématérialisées. Plus spécifiquement, s’intéressant aux éléments idéologiques, structurels et discursifs enchâssés à la problématique des violences sexistes, sexuées et sexuelles, ce projet doctoral propose une analyse critique de la notion de « culture du viol ». Il s’agira d’en cerner les différentes conceptualisations, d’en établir les paramètres, et d’en saisir les enjeux théoriques et stratégiques. On s’intéresse ainsi aux manières dont les théoriciennes féministes mobilisent cette notion, selon leurs affinités intellectuelles et leurs lignes de partage, ainsi qu’au regard de l’articulation des systèmes d’oppressions (sexe, race, classe), de même qu’aux pratiques collectives de résistance féministe face aux discours et aux pratiques qui participent d’une culture du viol.