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Titre : Violence des représentations > < représentation des violences - Séance 2
Résumé : -

Auteure : Chantal Maillé (Institut Simone-De Beauvoir, Université Concordia)
1 - Violence des catégories, les mots qui excluent
Dans notre communication, nous nous intéressons à certaines catégories et amalgames catégoriels utilisés pour désigner et classifier les femmes dans les féminismes de la francophonie. Notre propos portera plus particulièrement sur les termes d'immigrante, de communauté culturelle, et de diversité. Notre analyse entend monter en quoi ces catégories reproduisent l'exclusion et participent au cycle de la violence envers les femmes des groupes minoritaires, alors qu'elles permettent d'effacer l'héritage de la colonisation et la spécificité des routes migratoires dans un monde d'échanges globalisés. Enfin nous entendons livrer une série d'exemples pour illustrer les problèmes d'invisibilité créés par l'utilisation de certaines catégories et d'amalgames catégoriels.
Auteure : Denyse Côté (Université du Québec en Outaouais)
2 - Violence des représentations de la violence : discours néocoloniaux sur Haïti
On peut se réjouir que la violence faite aux femmes fasse désormais partie des politiques d’intervention en situation de catastrophe naturelle ou humanitaire : il s’agit là d’une retombée importante des luttes féministes. Mais une recherche en cours nous porte à dresser un portrait beaucoup plus sombre des effets de ces interventions en Haïti, qui se sont appuyées, règle générale, sur un discours occidental développé en ignorant la réalité haïtienne. Consciemment ou inconsciemment, l’appareil humanitaire semble avoir en effet recyclé d’anciens stéréotypes raciaux et néocoloniaux; il a même dans plusieurs cas structuré son action autour de ces discours. Agences internationales, organisations non gouvernementales (dont des ONG féministes), coopérant/es, expatrié/es, volontouristes et missionnaires n’y ont pas échappé. Un consentement semble avoir été fabriqué pour faire avaler aux populations occidentales la couleuvre de l’impuissance et de l’incompétence des femmes et de la société haïtiennes. Pour ceci, il n’a suffit que de choisir les images et les mots mettant en scène de bonnes victimes, dépendantes de la présence étrangère et gardiennes des bonnes valeurs féminines. La logique de l’intervention étrangère en Haïti s’en est trouvée renforcie et son caractère thérapeutique s’est implanté : on intervient désormais de l’étranger pour assurer le bien des femmes haïtiennes qui ne peuvent ou ne savent s’aider elles-mêmes. Le féminisme occidental à saveur néocoloniale est encore très présent sur le terrain et qui déstructure encore l’action des organisations féministes haïtiennes. Ses ravages sont profonds et seront longs à compenser.
Auteure : Tanya Karagyozova (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3)
3 - Féminisation des inégalités et stéréotypes de genre dans les Balkans
La présente communication vise à analyser l’impact de la transition néolibérale sur la féminisation de la pauvreté au sein des jeunes démocraties des Balkans. Par la violence des représentations et les comportements sociaux qu’elles traduisissent, l’imaginaire occidental fût marqué par la difficulté constante de voir clair dans les règles d’appartenances qui régissent les sociétés balkaniques en proie à l'émigration massive. Néanmoins, une certitude persiste : le genre fonctionne comme un paroxysme du sens donné aux notions de classe, ethnicité, sexualité, nationalité et religion dans les Balkans. Comment interpréter au-delà des statistiques la féminisation de la pauvreté à l’Est de l’Europe? Quelle est la signification socioculturelle de ce phénomène économique ? Outre la hausse du chômage et la perte d’acquis sociaux, les rapports de sexe et pouvoir dans le passé n'opèrent-ils pas toujours sur le destin quotidien des femmes? Qu’est-ce que la perte de visibilité politique des femmes, regrettable constat de la transition pourrait nous renseigner sur le néolibéralisme? Quelle était aussi la responsabilité du régime précédent quant à l’acceptation sociale d’un certain nombre de stéréotypes et hiérarchies? La réalité antinomique entre discours marxiste et pratiques au quotidien semble avoir impacté les politiques socialistes, présentées comme favorables à l’émancipation. D’autre part, la prolifération (consciente ou inconsciente)de comportements lourdement stéréotypés autorise à soulever plusieurs hypothèses. S’agit-il de l’expression d’une acculturation inhérente à la globalisation ou bien d’une réaction de rejet de tout code relevant du système autoritaire d’antan? C’est donc par l’affirmation d’une différence genrée qu’une lutte discrète, mais féroce entre modes de vie sévit aujourd’hui,et dont une nouvelle forme de subordination résulte. Tout en respectant les spécificités ethniques des femmes et le contexte, à la fois historique, social et culturel, nous vous proposons de découvrir les manières, dont la condition féminine pourrait être perçue, vécue ou analysée dans les Balkans.