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Titre : Violence des représentations > < représentation des violences - Séance 3
Résumé : -

Auteure : Dominique Bourque (Universitué d'Ottawa)
1 - Être visible ou invisible : quelle violence « choisir » ? Autoreprésentations de lesbiennes
Peu de représentations nuancées des lesbiennes existent dans les médias. Les rares images qui circulent, tendent plutôt à les ridiculiser (comédies) ou à les hypersexualiser (pornographie). Or que font les stéréotypes sinon réduire les individus à leur corps pour y situer le sens de leur existence. On a vu comment les femmes, dans l’histoire de l’iconographie occidentale, ont beaucoup été dépeintes sur la base de leur âge « sexuel » : de la jolie princesse à la laide sorcière, en passant par la sainte mère. Partant de l’hypothèse que ce qui se joue sur la scène culturelle avec la vaste invisibilité des lesbiennes en tant que sujets à part entière, tient à leur refus de participer à l’économie sexuelle hégémonique, j’examinerai la mise au jour par des lesbiennes des violences qu’elles affrontent en tant que lesbiennes. Bien que le nombre de telles mises au jour augmente, je limiterai mon corpus à trois œuvres autobiographiques, chacune d’une bédéiste de nationalité distincte. Il s’agit de l’Américaine Allison Bechdel, de la Française Julie Maroh et de la Canadienne d’origine abénaquise Obom (pseudonyme de Diane Obomsawin). Il va sans dire que par delà leur illustration des stratégies d’effacement des lesbiennes, ce qui retiendra mon attention, dans leurs trois récits graphiques, ce seront leurs pratiques de résistance à ces stratégies tout au long d’un parcours qui mène de la prise de conscience d’un mode existentiel alternatif à l’hétérosocialité, au choix de son adoption et inscription dans le monde.
Auteure : Emmanuelle Mélan (Université catholique de Louvain)
2 - Police, sexe et normativité: Le traitement policier des plaintes pour viols et agressions sexuelles.
Notre recherche a pour objectif de comprendre les enjeux de l’accueil par la police des victimes de viols et agressions sexuelles. Il s’agit de se concentrer sur le moment où rentre la victime dans le système pénal au travers du dépôt de plainte, moment précis dans un espace déterminé (le lieu de l’audition) où va se mettre en place un certain nombre d’interactions porteuses de sens et d’interprétations. C’est cette partie que nous souhaitons sonder afin d’identifier les possibles freins ou encouragements à un accueil neutre et adéquat pour ce type de violence rapportée. Dans cette question relative à l’accueil, ce n’est pas l’expérience des victimes qui sera ici observée mais bien les pratiques policières ainsi que les représentations sociales des policier-e-s en matière de violences et de sexualité. Plaçant la problématique qui nous intéresse dans le contexte plus large d’un univers culturel où sexualité et sexualisation des rapports entre individus obligent à repenser la normativité, ce projet de recherche vise à élucider, au moyen d’une démarche ethnographique réflexive, la nature des rapports genrés dans la fonction pénale de l’accueil. Il sera ici présenté une première plongée bibliographique qui nous a permis de saisir l’ampleur de la littérature consacrée de manière très cloisonnée aux trois axes que nous avons déterminés dans la partie consacrée à l’état de l’art et qui visent l’infraction (viol et agressions sexuelles), le cadre institutionnel (la pratique de l’audition au sein d’un corps de police) et le cadre culturel (la culture du viol).
Auteure : Tatiana Sanhueza (étudiante doctorat)
3 - La contribution au débat féministe des études sur les représentations sociales de la violence dans les relations amoureuses. Le cas des adolescents-es chiliens-nes.
À la lumière du débat autour de la distinction existante entre la violence conjugale chez les adultes et la violence dans les relations amoureuses des adolescents-es et la nécessité, bien entendu, de cadres théoriques plus adéquats pour expliquer le phénomène qui nous concerne. Ce travail vise à discuter, à partir des résultats d'une recherche réalisée au Chili sur les représentations sociales de la violence dans les relations amoureuses chez les adolescents-es, la pertinence des explications féministes sur ce type de violence. Le féminisme étant la perspective la plus développée pour expliquer la violence au sein de relations intimes, plusieurs auteurs soulignent la difficulté de celui-ci à éclairer la violence entre les couples d’adolescents, notamment, la violence exercée par les filles envers leur amoureux ainsi que les significations données par des filles et des garçons à cette problématique Tandis que les jeunes et les adolescents mettent l’accent sur les aspects individuels, le féminisme considère les éléments structurels comme centraux pour expliquer les enjeux de la problématique (système patriarcal, rapports sociaux de sexe inégaux). Dans le but de contribuer à enrichir le débat féministe actuel, ayant en considération les changements culturels qui auraient un impact sur l'identité de genre et les rapports sociaux de sexe, nous avons privilégié l’étude des représentations sociales associées à la problématique, car celles-ci amènent à la compréhension de dynamiques et d’interactions collectives tout en apportant un éclairage sur les déterminants des pratiques sociales. Donc, étudier les discours, les images et les attitudes que les adolescents-es élaborent par rapport à la violence dans leurs couples, nous permettra de mettre en lumière les spécificités de leurs significations et de leurs expériences. Ce qui, selon moi, apporterait de nouveaux angles de réflexion sur le féminisme.