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Animatrice : Sylvia Duverger (Paris 8)
Titre : Phénoménologie féministe francophone - Séance phénoménologie et littérature féministes/queer
Résumé : Avec Thamy Ayouch est maître de conférence en psychanalyse, université Charles de Gaulle Lille 3/Paris 7/ Universidade de São Paulo Audrey Lasserre (intervention lue par Sylvia Duverger) Chargée de cours à l’université Paris 3 et membre du Centre de recherches sur les arts et le langage (CRAL) Simone de Beauvoir et Françoise Collin (dont nous parlerons dans la dernière séance) ont en commun d’avoir conjoint les approches féministes et phénoménologiques. Est-ce un hasard si elles ont aussi l’une et l’autre pratiqué l’écriture littéraire et autobiographique ? Les phénoménologues féministes, dans l’espace francophone du moins, semblent se compter sur les doigts d’une main. La critique féministe de la phénoménologie déconstruit la fiction d'un sujet qui se prétend universel et se croit délivré par l’époché de tout présupposé, mais qui, dans les faits, s’avère développer une perspective masculine, blanche, bourgeoise… Dans quelle mesure la littérature féministe, et l’autofiction théorique notamment, ne prendrait-elle pas le relais de la phénoménologie féministe ? Sa plurivocité ne serait-elle pas en mesure de la prémunir contre le risque d’essentialisme et de pseudo-universalisme que comporte la phénoménologie ?

Auteure : Thamy Ayouch (Université Paris 7)
1 - Twelfth Night, institution et passivité : de la littérature à la phénoménologie
Si la performativité désigne à l’origine une pratique discursive, la notion n’en renvoie pas moins, en anglais, au terme performance: représentation théâtrale. Twelfth Night met doublement en scène cette performativité, par la théâtralisation et sa mise en abyme, et par le jeu de travestissement (cross-dressing) dans lequel J. Butler voit une pratique performative potentiellement subversive. Dans le contexte du théâtre de la Renaissance, Twelfth Night désigne la dimension institutionnelle de la sexuation et de la sexualité, advenant toutes deux à la manière d’une reprise par l’institution de passivités inscrites dans le corps. La théâtralisation hyperbolique mise en scène dans Twelfth Night révèle donc le genre, la sexuation et la sexualité comme performativités : institutions venant reprendre des passivités, et en continuer ou en renouveler le sens. Cet outil de l’institution réactivant une passivité, d’une Endstiftung reprenant une Urstiftung, et qui devient elle-même couche de passivité, est au centre de la phénoménologie de Merleau-Ponty, où l’institution remplace la constitution husserlienne. Il permet d’appréhender l’affectivité par delà tout essentialisme naturel, en éclairant sa dimension à la fois construite et inscrite inconsciemment dans le corps. A partir d’une lecture de Twelfth Night, je tenterai de préciser de quelle manière cet entrelacs d’institution et de passivité correspond au surgissement de l’affectivité. L’incarnation de l’institution dans la littérature apparaît alors comme une praxis de la phénoménologie de l’affectivité de Merleau-Ponty. Elle permettra de voir comment l’inconscient vers lequel cette phénoménologie tend n’est autre qu’une version phénoménologique de l’affect tel que l’entend la psychanalyse.
Auteure : Audrey Lasserre (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3)
2 - Cheveux longs, idées courtes » de Michèle Le Doeuff
Relecture de « Cheveux longs, idées courtes », extrait de L'imaginaire philosophique de la philosophe féministe Michèle Le Doeuff
Auteure : Marjolaine Deschênes (EHESS et Fonds Ricoeur)
3 - Discussion avec Marjolaine Deschênes sur littérature et phénoménologie autour de son roman "Fleurs au fusil"
Discussion avec l'auteure