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Titre : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 2 - Construction identitaire, représentations et visibilité des lesbiennes
Résumé : -

Auteure : Marie-Dominique Duval (Université de Sherbrooke)
1 - Le couple féminin dans l’espace public en Estrie
Au Québec, les recherches font de plus en plus état des différentes réalités des minorités sexuelles. Cependant, bien que le sujet soit davantage exploré depuis quelques années, les recherches portant exclusivement sur le lesbianisme et la bisexualité sont encore peu nombreuses. De plus, elles se concentrent généralement sur les grands centres urbains de la province; le réalités en région demeurent alors peu connues. Puisque le vécu des lesbiennes et bisexuelles en région comporte plusieurs facettes non explorées dans le milieu académique, je me suis interrogée sur leur vécu en tant que couple. Si, comme plusieurs recherches le démontrent, vivre son homosexualité en région est plus ardu qu’en milieu urbain, qu’en est-­‐il de la relation dans un couple de même sexe, chez les femmes? Ont-­‐elles l’impression de vivre une double discrimination, liée à la fois à leur orientation sexuelle et à leur genre ? Comment se comportent-­‐elles dans l’espace public ? Cette communication portera sur l’étude du vécu social des couples féminins en Estrie, formés de femmes de 18 à 30 ans. Je présenterai l’état actuel de ma recherche, qui s’inscrit dans le cadre de mon projet de maîtrise en communication, ainsi que les résultats recueillis au moment du colloque, grâce à des entretiens semi-­‐dirigés avec des couples féminins. Ceux-­‐ci nous éclaireront sur le vécu des couples féminins lorsqu’ils évoluent dans l’espace public, en Estrie. Ma recherche se base essentiellement sur les performance theories et sur les interpersonal communication theories.
Auteure : Christelle lebreton (Université du Québec à Montréal)
2 - Aménagements identitaires des adolescentes lesbiennes québécoises dans le milieu scolaire.
Cette analyse féministe matérialiste a pour objectif de documenter l’expérience complexe de la sexualité des jeunes lesbiennes québécoises à l’adolescence. Les entretiens ont permis d’identifier les éléments qui concourent à la formation de l’identité sexuelle lesbienne. Lorsqu’elles font face à l’émergence de leurs sentiments et désirs lesbiens, les jeunes femmes sont-­‐elles en mesure de les reconnaître? Quel sens leur donnent-­‐elles? Répondre à ces questions permet de saisir la complexité qui marque l’autoreconnaissance de leur lesbianisme. Cette complexité découle notamment de la non-­‐linéarité du processus de formation de l’identité sexuelle. Nos analyses proposent de comprendre les aménagements identitaires mis en oeuvre par les jeunes lesbiennes en les inscrivant dans l’environnement socioculturel, en lien avec contraintes structurelles hétéropatriarcales. L’adolescence ressort comme un moment crucial de la construction identitaire de ces jeunes femmes, où la consolidation de leur identité de sexe/genre est étroitement reliée à la socialisation à l’hétérosexualité. La présomption de leur propre hétérosexualité, l’invisibilité du lesbianisme et les contraintes entourant l’engagement dans la sexualité des adolescentes renforcent les injonctions à l’hétérosexualité et participent au développement d’un sentiment de déviance chez les jeunes lesbiennes, qui s’accompagne de conséquences négatives sur leur santé physique et psychologique tout au long de l’adolescence.
Auteure : xue yang (south china agricultural university)
3 - Le « traumatisme » lesbien à Canton
Les études sur les lesbiennes occupent une position précaire, voire marginalisée, tant dans les études féministes que dans les études gaies et lesbiennes ou queer. Cette communication explore les significations du « traumatisme » lesbien au sein d’un contexte non occidental. Plus spécifiquement, elle interroge les « désordres mentaux » qui affectent les lesbiennes appartenant à différentes classes sociales à Canton, capitale de la province du Guangdong située dans le sud de la République populaire de Chine. Menée au sein des espaces de rencontres, de contestation et de discipline étatique que sont les bars lesbiens, les rassemblements de lesbiennes et les rapports de la police locale, l’analyse s’inscrit dans le débat actuel concernant l’invisibilité des lesbiennes -­‐ un phénomène qui reste largement sous-­‐terrain dans le contexte chinois, contrairement à la différence de l’homosexualité masculine. Elle montre que les lesbiennes de Canton sont plus susceptibles d’êtres victimes de pauvreté, d’être au chômage et de commettre des actes de suicide dans un contexte où la définition du genre demeure fixe et binaire. L’analyse suggère qu’à Canton, l’invisibilité des lesbiennes s’étiquette en termes de désordre mental, ce qui conduit notamment à une criminalisation de la condition lesbienne. Cette dernière peut dès lors elle-­‐même s’analyser en retour comme un « traumatisme ».