Détail ::::::
Animatrice :  ()
Titre : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 3 - Militance lesbienne
Résumé : -

Auteure : Tania Lejbowicz (SOS homophobie)
1 - Visibilité des lesbiennes et lesbophobie: un état des lieux de la situation française
SOS homophobie, association française de lutte contre les LGBTphobies, déplore depuis plus de 20 ans le manque de témoignages de lesbophobie. Pour mieux identifier cette violence bien particulière et ainsi mieux lutter contre, nous avons conduit en 2013 une enquête nationale sur la visibilité des lesbiennes et la lesbophobie à laquelle 7 126 femmes ont participé. A travers un questionnaire diffusé principalement sur internet nous avons voulu répondre à deux questions: quelle(s) visibilité(s) ont les lesbiennes aujourd’hui en France ? Comment se manifeste la lesbophobie dans ce pays ? Pour répondre à ces interrogations, nous nous sommes attaché-­‐e-­‐s à quatre types de visibilité : par la parole, par les gestes, par l’engagement associatif et culturel et enfin par le look. Nous verrons notamment que quel que soit le type de visibilité étudié, les répondantes font état d’un contrôle plus ou moins prononcé de leur visibilité. Ce phénomène amène une majeure partie d’entre elles à s’invisibiliser en tant que lesbienne par peur des réactions hostiles. Nous verrons en outre que près de six répondantes sur dix ont vécu au moins un acte lesbophobe au cours des deux années précédant l’enquête. L’espace public est le premier contexte où ces violences se déroulent (45 % des témoignages) devant entre autres la famille (14 %), le travail (11 %) et le milieu scolaire (8 %). Enfin, grâce à la construction d’un score de visibilité, nous expliquerons le lien entre visibilité et lesbophobie que nous avons pu mettre en évidence.
Auteure : Monia Lachheb (Institut supérieur du sport et de l'éducation physique - Tunis)
2 - Le lesbianisme dans le mouvement féministe tunisien. Quelle Posture ?
La nouvelle constitution tunisienne, promulguée le 26 janvier 2014, réserve tout le chapitre II pour les droits et les libertés. L'article 21 mentionne que Les citoyens et les citoyennes, sont gaux en droits et devoirs. Ils sont gaux devant la loi sans discrimination aucune. Dans ce contexte, les luttes des activistes, et, principalement des organisations féministes, pour préserver les acquis de la femme tunisienne ont t d'un grand apport. Cependant, l'homosexualité demeure controversée et tiraillée entre les préceptes de l'islam et les requêtes des droits de l'Homme. L'article 230 du code pénal tunisien, n'évoquant que la sodomie, mentionne qu'elle est passible pour une peine allant jusqu'à trois ans. Plusieurs travaux montrent les tensions et les alliances entre les mouvements féministes et les mouvements LGBT (Collin, 2003 Chauvin, 2005). Certains se sont intéressés la solidarité entre les femmes hétérosexuelles et lesbiennes dans la lutte pour les droits des femmes (Brossard, 2006). D'autres se sont penchés sur le positionnement des lesbiennes dans le mouvement féministe (Chamberland, 2002). La présente contribution s'interroge sur la reconnaissance des droits des lesbiennes et les modes de leur intégration dans le projet du mouvement féministe tunisien. Quel est le regard des féministes sur la question du lesbianisme Quelles sont les apports du mouvement féministe tunisien pour la cause lesbienne Selon une approche socio-anthropologique, l'étude repose sur une enquête par entretiens semi-directifs avec un groupe de femmes engagées et actives dans des associations féministes. L'analyse, de type qualitatif, tente de rendre compte des représentations des féministes relatives au lesbianisme et aux revendications des femmes définies
Auteure : Julie Podmore (John Abbott College)
3 - Le droit à la ville « gouine » : la géographie politique des marches « dyke » à Montréal
En août 2012, Montréal a témoigné ses deux premières marches « dyke ». La première, « la marche des gouines radicales », a été organisée par les jeunes militantes des mouvements populaires, surtout les queers anticapitalistes, les queers radicaux et les « queers of color ». La deuxième, « la marche des femmes LGBT », a été proposée par Fierté Montréal, l’organisme qui présente le défilé de la « gay pride » chaque année. Lancés vingt ans après celles des autres grandes métropoles de l’Amérique du Nord, ces premières marches dykes de Montréal ont soulevé des questions de la politique spatiale LGBTQ en ville et les politiques de genre dans le mouvement de la fierté LGBTQ. L’objectif de cette analyse est de comparer les moyens que ces deux groupes de militantes ont employés en demandant le droit à la ville « dyke ». S’appuyant sur les rapports des médias et l'observation participante, je compare les différentes manières dont ces deux groupes d’activistes ont défini leur propre mouvement, ont réalisé la marche dyke et ont occupé les espaces publics de la ville. La pratique spatiale de chaque marche semble souligner que les politiques lesbiennes montréalaises actuelles sont multiples et qu’elles ont un rapport complexe avec les mouvements et les espaces LGBTQ de la ville.