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Titre : Identités et luttes lesbiennes dans les espaces sociaux médiatiques et politiques - Séance 4 - Militance lesbienne
Résumé : Suivi à 17h20 de la clôture du colloque par Line Chamberland, professeure de sexologie, titulaire de Chaire de recherche sur l’homophobie, UQAM

Auteure : jacqueline julien (Bagdam Espace lesbien)
1 - F to Lez : le grand dé-­‐genrement, et comment le faire savoir aux filles
Non, les lesbiennes ne sont pas une communauté sexuelle. Mais le corps leur est capital. Pourtant ces lesbiennes qui ne « sont pas des femmes », qui politisent le grand dé-­‐genrement de leurs corps-­‐à-­‐corps, sont menacées d'inconsistance. Pourtant ces lesbiennes pour qui le lesbien ne se borne pas au féminin, sont toujours à ce jour minorées dans leur face-­‐à-­‐face (passionné) – qui passe pour impasse. Sont soupçonnées d’incarner un néo-­‐Arcadisme saphique, vintage forcément, où, sous couvert de lesbien, se réessentialiserait en abyme l’énergie renouvelable, obstinée de la sexuation femme. La riposte des dominants en tous genres a donc été de ringardiser at large ce corps neo-­‐wittiguien, taxé de dépassé voire suspect. Lesbienne = arnaque conceptuelle ? Incise : en régime de domination masculine, où nous sommes, il se trouve que la véritable, effrayante arnaque subie par les femmes, EST le régime dit hétérosexuel. Comment, lesbiennes, pourrions-­‐nous rendre aux filles la conscience de leur braquage en tant que génitalisées de ce régime ? Comment leur donner l’idée de ce corps/à/corps lesbien comme pensée, projet révolutionnaire d’élucidation ? Il aura fallu une obstination. Une pyramide de résistances au marquage. Année.s après année.s. Un groupe d'action à Toulouse en France, Bagdam Espace lesbien, s'y essaie depuis 1989. L'une de ses fondatrices évoque le cursus de cette démarche de dé-­‐marquage : être promotrices de ce grand dérangement lesbien, en OPA de dé-­‐genrement, et au centre-­‐ville, et cela de l'ère du papier à celle du 2.0.
Auteure : LINE CHAMBERLAND (UQAM)
2 - Témoignages de militantes sur les luttes lesbiennes au Québec (1970-­‐ 2014) : regards sur les enjeux passés et actuels
Les luttes lesbiennes au Québec n’ont fait l’objet que de rares travaux historiques. Les sources écrites et orales demeurent peu nombreuses et leur collecte, déficiente. Entre mai 2013 et octobre 2014, 14 récits de militantes de diverses générations, à la fois actrices et témoins de ces luttes, ont été recueillis à l’aide d’entrevues semi-­‐dirigées dans le cadre de la recherche InterReconnaissance, un projet qui vise à cerner l’apport du mouvement communautaire et des luttes sociales à la société québécoise dans divers secteurs touchant des groupes minorisés, dont les minorités sexuelles. Cette communication s’intéresse aux propos concernant les enjeux autour desquelles des lesbiennes se sont mobilisées et se mobilisent encore : isolement et invisibilité sociale, discriminations et craintes de la stigmatisation, obtention de droits relatifs aux couples et aux familles lesboparentales, absence de reconnaissance de leurs réalités et manque de services adaptés, pour ne nommer que les plus présents. L’analyse fait ressortir des lectures différentes des motifs des luttes lesbiennes selon les générations et les ancrages militants. Comme tout récit mémoriel, ces relectures du passé sont filtrés par la mémoire et font appel à des référents contemporains qui en assurent la lisibilité. Elles constituent des traces partielles et partiales, mais néanmoins essentielles, des luttes lesbiennes.