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Titre : Maternité et rapports de pouvoir - Séance 1 - Corps, violences et rapports de pouvoir pendant l'accouchement
Résumé : -

Auteure : Andrée Rivard (Université du Québec à Trois-Rivières)
1 - L'accouchement au Québec : réflexion d'une historienne sur une autorité qui ne fléchit pas (ou si peu)
La médicalisation de l'accouchement s’est intensifiée à une vitesse grand V à partir de la Seconde guerre mondiale avec la généralisation de l’hôpital comme lieu d'accouchement et la gestion active du travail. Les femmes n’ont guère eu le choix quant à un modèle qui semblait faire consensus dans la société. Elles s’y sont prêtées avec plus ou moins bonne grâce, n’ayant de toute façon pas tellement d’alternatives. Contrairement au message répandu, son application à toutes les femmes n’a pas eu que des effets positifs. Ses conséquences délétères sont bien tangibles et elles sont encore probablement sous-évaluées. De nos jours, les femmes ont perdu la mémoire de ce qui avait amené leurs prédécesseures à agir comme elles l’ont fait. Les femmes enceintes se préoccupent guère, pour la plupart, des éventuelles conséquences de leur adhésion au modèle médicalisé de l'accouchement, prenant pour acquis qu’il a fait ses preuves (positives, à l’instar du Progrès) et que les médecins, à qui elles reconnaissent une haute expertise, agissent exclusivement dans leur intérêt. Or, tel n’est pas le cas. Par ailleurs, depuis les années 1970, malgré les avancées engendrées par le féminisme, les politiques en périnatalité et les agissement des gouvernements sont loin de faire la preuve d’une reconnaissance du libre-arbitre des femmes concernant la manière dont elles veulent accoucher. Elles sont encore soumises aux orientations et aux dispositions d’un appareil médico-étatique qui, dans le temps, n’a cédé en rien (ou si peu) de son pouvoir sur leurs corps.
Auteure : Sylvie Lévesque (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Annie Jalbert (UQAM); Manon Bergeron (Université du Québec à Montréal); Lorraine Fontaine (Regroupement Naissance-Renaissance)
2 - Parler un langage commun. Le cas des violences vécues lors de l'accouchement.
Des lectures s’opposent face aux expériences de souffrance, de détresse et de violence vécues par les femmes lors de leur accouchement. D’un côté, des intervenantes féministes à l’écoute des femmes qui expriment des expériences douloureuses suite à leur accouchement invoquent le vocable violence obstétricale, alors que les milieux institutionnels et de la recherche avancent plutôt les termes détresse maternelle, anxiété, dépression postpartum ou état de stress post-traumatique. Un fossé semble séparer ces deux perspectives, appuyées par des idéologies et des épistémologies distinctes, et entre les deux, le dialogue est difficile. À la lumière de ces constats, cette présentation poursuit deux objectifs complémentaires. Le premier est de partager les résultats d’une recension des écrits sur les expériences d’accouchement telles que rapportées par les femmes et les facteurs susceptibles d’influencer leur perception de cet événement. Le second est d’illustrer, à l’aide d’une carte conceptuelle, les différentes significations attribuées aux termes de violence obstétricale, de souffrance et de détresse maternelle, les contextes dans lesquels ils sont utilisés et les liens, les différences et les similitudes entre ces concepts. Destinée aux étudiantes, aux chercheures et aux intervenantes intéressées par les questions liées à la santé reproductive et au mieux—être des femmes, cette présentation découlant d’un partenariat entre les milieux communautaire et académique vise à poursuivre la réflexion autour de l’accouchement, les soins qui y sont prodigués et les philosophies sous-jacentes.
Auteure : Noémie Carrière (Université d'Ottawa)
3 - Contrôle (du corps) des femmes : l'obstétrique comme instrument patriarcal
Cette présentation a pour objectif d’exposer la relation existant entre l’obstétrique occidentale et le système patriarcal. Elle est basée sur une approche académique féministe matérialiste et intersectionnelle ainsi que sur une perspective pratique de doula (accompagnante à la naissance). Il sera démontré en quoi l’obstétrique est à la fois un produit et un vecteur des sociétés patriarcales occidentales, notamment en reliant les mécanismes de contrôle (du corps) des femmes* tels que présentés par des auteures féministes matérialistes (Nicole-Claude Mathieu, Paola Tabet, Colette Guillaumin, Elsa Dorlin, etc.) aux méthodes d’intervention obstétricales. Seront de plus présentées les conséquences potentielles d’une pratique patriarcale de l’obstétrique sur les parturient-es en général et sur les parturient-es marginalisé-es en particulier. * Cette présentation traite de l’accouchement, qui est encore généralement perçu comme étant l’apanage du « féminin » ; cependant, comme nombre d’hommes trans, de personnes queer, butches et non-binaires accouchent elles et eux aussi, illes seront inclus comme sujets. Le mot « femme » sera utilisé car il permet de comprendre les dynamiques initiales sous-tendant le contrôle patriarcal de la reproduction, mais il sera par la suite remplacé par des termes plus inclusifs.
Auteure : Hirsch Olivia (Pontifícia Universidade Católica do Rio de Janeiro)
Le-s co-auteure-s : Sonia Maria Giacomini (Université Catholique Pontificale de Rio de Janeiro-PUC-Rio)
4 - Changements et tensions de l`incorporation des perspectives “feministes” et “humanisées” dans la “Casa de Parto” - centre d'accouchement appartennant au réseau publique de santé à Rio de Janeiro - Brésil
Cette communication présente les résultats de la recherche realisée dans la Casa de Parto de Rio de Janeiro, lieu d'accouchement utilisé par des femmes des couches populaires à Realengo, quartier pauvre à la Zone Ouest de la ville. Les idées autor de l'humanisation de l'accouchement ont été répandues par le gouvernement féderál après avoir été adoptées par des femmes des couches moyennes dans les grandes centres urbains brésiliens. Sous la forte influence des mouvements féministes, les propositions qui configurent “l'humanisation” de la naissance et de l'accouchement proclament le droit de la femme sur son corps – ainsi que des droits associés, comme le droit à la contraception et à l'avortement. Aussi, elles postulent la moindre intervention médicale ou pharmacologique possible. Ainsi que le féminisme, “l'humanisation” révindique l'autonomie de la femme, reconue en tant qu'individu autonome. Une question s'est présenté comme centrale: la primauté dans l'univers de valeurs de ces femmes des couches populares d'une vision relationnelle et hiérarchique du monde, ainsi qu'une faible adhésion aux idées individualistes. Le travail se concentre dans la description et analyse du conflit qui s'établi entre, d'une part, la perspective d' »humanistaion » de l'accouchement du personnel de l'institution médicale et, d'autre part, les valeurs de leur clientèle, jeunes femmes des classes populaires. L'analyse de ces conflicts permet de problématiser les enjeux concernant l'expérience de l'accouchement et la diffusion des idées féministes em mileu populaire à Rio de Janeiro.