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Titre : Maternité et rapports de pouvoir - Séance 2 - Normes, représentations et rôles attendus autour de la maternité
Résumé : -

Auteure : Frédou Braun (CEFA asbl)
1 - Care et maternité
Le "care" est une valeur d sert e au profit d une croyance en l individu autonome et performant. Dans une soci t du profit, le "care" reste confin la sph re priv e et affective dans les repr sentations sociales, et donc d valoris e, voire d valorisante. Reconna tre l importance du "care" oblige faire r f rence aux femmes puisqu il leur a t , au fil des si cles, principalement d volu. La "sollicitude" a donc bien un sexe. Comment d s lors transmettre ces acquis essentiels pour la soci t sans enfermer les femmes dans un r le pr d termin tout en revalorisant leurs comp tences L assignation des femmes aux r les de principales pourvoyeuses de soins a un impact sur leur sant . La maternit est une exp rience qui justifie bien souvent cette assignation, d sengageant les hommes des t ches li es au soin des autres, et produisant ainsi parfois des difficult s postpartum, jusqu au "burnout" maternel. Les images du bonheur d tre m re v hicul es par la soci t occultent l isolement, la charge de travail et la souffrance qui en d coulent. Ne faut-il pas tout un village pour lever un enfant Le concept d alloparentalit en souligne l'importance. La soci t assigne la maternit aux femmes, mais le pouvoir du corps m dical les d poss de de leur accouchement. La transmission a t rompue au fil des g n rations. Les femmes ne connaissent pas leur corps, n ont plus confiance en leurs capacit s. Nous souhaitons interroger le "care" en lien avec la maternit , y compris le choix de ne pas devenir m re, et son impact sur la sant des femmes. Nous mettons en place des pratiques collectives citoyennes cr
Auteure : Sylvie Lévesque (UQAM)
Le-s co-auteure-s : Catherine Rousseau (UQAM)
2 - Le corps féminin, la grossesse et l'accouchement. Perceptions et pressions sociales
La maternité biologique s’inscrit dans une évidence corporelle ; porter un enfant et lui donner naissance implique une transformation du corps. Or, il s’avère que peu de femmes devenant mère pour la première fois ont réalisé, avant la grossesse, l’étendue des changements qui s’y produiraient. De même, peu ont réalisé l’ampleur et la puissance des normes et pressions sociales liées au corps de la femme enceinte ou nouvellement mère. Dans le cadre d’un projet qualitatif exploratoire s’intéressant à la transition à la parentalité, 13 nouveaux parents ont été rencontrés individuellement afin de témoigner de leur trajectoire. Cette communication s’intéresse à leurs discours sur le corps - réel et projeté - et aux normes sociales. Les résultats mettent de l’avant leurs perceptions des mécanismes par lesquels la grossesse et/ou l'accouchement influencent l’image corporelle et fait état des difficultés inattendues à concilier les changements corporels avec leur idéal corporel. Sont aussi discutés les processus par lesquels leur image corporelle influence, à son tour, leur santé sexuelle. Enfin, leur discours nous permettent de mieux saisir les différentes manifestations des normes et des pressions sociales liées au corps, à la sexualité et à la maternité durant cette période charnière. Cette présentation vise à poursuivre la réflexion autour de cet enjeu central qu’est le corps comme un objet socialement construit, tant lors de la grossesse qu’en période postpartum.
Auteure : Annick Vallières (Université de Montréal)
3 - L’allaitement maternel au croisement des oppressions multiples: une lecture féministe intersectionnelle
Santé Canada recommande l’allaitement maternel exclusif pendant six mois(Santé Canada,2012). Cette norme de santé publique, qui se fonde sur une série d’études démontrant des bénéfices pour la santé de l’enfant allaité, contribue à la construction sociale et identitaire de la « bonne mère » (Bayard, 2012; Murphy, 2000). Dans cette communication, je présenterai une réflexion critique sur cette norme, en m’intéressant en particulier à ce que j’appelle les 6 contraintes à l’allaitement maternel : les rapports sociaux dans lesquels sont prises les femmes et qui peuvent les empêcher de respecter cette norme. Dans un premier temps, la présentation d’une revue de la littérature identifiera les rapports de pouvoir qui empêchent certaines femmes, malgré leur « bonne volonté », de se conformer aux attentes. Ces contraintes à l’allaitement maternel seront situées dans la dynamique entre le discours institutionnalisé de la « bonne mère » et l’expérience vécue des femmes.Dans un deuxième temps, je présenterai mon projet de thèse qui porte sur l’articulation, dans une perspective féministe intersectionnelle, des rapports sociaux de genre, de classe et de « race » en jeu dans les contraintes à l’allaitement maternel. J’aborderai aussi la démarche méthodologique que je prévois mettre en oeuvre et qui est basée sur la mixité des méthodes, alliant analyses statistiques des données de la plus récente Enquête sur la santé dans les communautés canadiennes et entretiens semi-­‐dirigés. Cette méthode mixte jumelée à un cadre théorique féministe intersectionnel permettra donc une meilleure compréhension des contraintes à l’allaitement maternel.
Auteure : Chantal Bayard (Université d'Ottawa)
4 - Corps, normes et résistance: l'exemple de l'allaitement maternel dans l'espace public
Avec Phyllis Rippeyoung, Université d’Ottawa L’allaitement maternel dans l’espace public est représenté de multiples façons dans les médias. D’une part, l’expérience de femmes ayant été expulsées d’un lieu public parce qu’elles allaitent leur enfant est régulièrement rapportée par ceux-ci. D’autre part, des mères allaitantes sont glorifiées sur la première page de magazines féminins, comme Glamour et Elle Australia, ou encore, comme Mahée Paiement, dans une campagne gouvernementale de promotion de l’allaitement. Enfin, d’autres mères suscitent l’intérêt des médias parce qu’elles se mobilisent, sous la forme de regroupement de types « d’allaite-in » ou encore via les médias sociaux par l’entremise de Brelfies (ego-portrait de mères qui allaitent), pour faire valoir leur droit d’allaiter n'importe où, n'importe quand. À partir d'exemples récents, nous discuterons, dans un premier temps, les similarités et les dissemblances de ces représentations, en nous attardant principalement aux normes sociales relatives au corps. Dans un deuxième temps, nous verrons comment ces représentations sont considérées dans les médias comme des formes de résistance.