Détail ::::::
Animatrice : Anne-Marie Laroche (Université de Moncton)
Titre : Comment peut-on allier féminismes et STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) ? - Séance 1
Résumé : -

Auteure : Collet Isabelle (Université de Genève)
1 - Femmes et informatique : stratégies d’inclusion
Malgré la présence de dirigeantes à haut niveau dans les entreprises du numérique, les femmes sont toujours sous-représentées dans ce secteur, et le pourcentage d’étudiantes en informatique reste faible : environ 12% dans les écoles d’ingénieurs en France, environ 7% dans les Hautes écoles de Suisse romande. Ce phénomène retient l’attention, non seulement parce qu’il suggère un problème d’égalité entre les sexes dans l’orientation mais aussi parce que les TIC jouent un rôle majeur dans l’innovation et sont aujourd’hui source de développement économique. Or, l’informatique est un univers conçu, programmé, maintenu et paramétré par des hommes à destination d’utilisatrices et utilisateurs. Des recherches ont déjà été menées pour expliquer la faible mixité dans les filières informatiques, en particulier pour la France avec mon travail de Doctorat en 2005. Dans le projet que je mène actuellement avec Chantal Morley de l’Institut Telecom et Management d’Evry, nous nous proposons de travailler non plus sur les obstacles mais sur les leviers d’inclusion. L’étude des expériences dans d’autres pays (USA, Norvège, Australie) nous ont conduites à. travailler sur les différentes dimensions de l’inclusion sociale : • géographique (les lieux), • personnelle (développement d’un sentiment d’auto-efficacité), • relationnelle (se sentir à la place dans le métier) • la dimension du pouvoir et sa redistribution.
Auteure : Ruby Heap (Université d'Ottawa)
2 - Militantisme et pratiques féministes dans les STIM au Canada : Regards historiques sur nos pionnières
Ma participation à la table ronde a pour but de fournir un éclairage historique essentiel sur les rapports entre le féminisme et les STIM au Canada en levant le voile sur un groupe de femmes francophones et anglophones dont la carrière de scientifiques et d’ingénieures a été associée à un engagement féministe dans les années 1960-1980. À ce titre, ces femmes font figures de pionnières autant dans l’histoire des femmes dans les STIM que dans celle du mouvement des femmes et du féminisme au Québec et au Canada anglais. Malheureusement, leur contribution est encore largement méconnue, pour des raisons que j’invoquerai lors de mon intervention. Je tracerai ensuite la trajectoire professionnelle et le parcours féministe de ces femmes afin de montrer comment leur carrière de scientifique ou d’ingénieure a coexisté avec leur militantisme. Je m’attarderai en particulier sur les deux catégories principales de pratiques féministes poursuivies par ces femmes. La première consiste dans le développement en sol canadien d’une critique épistémologique des sciences et de la technologie qui se nourrit des théories féministes, alors que la seconde fait appel à des actions de mobilisation visant à regrouper les scientifiques et ingénieures au sein d’associations de défense et de promotion des femmes dans les STIM. Parmi les pionnières que nous aborderons dans notre intervention se retrouvent les ingénieures Elsie Gregory McGill, Ursula Franklin, Monique Frize et Claire Deschênes, la biologiste Karen Messing, et la chimiste Margaret Benston.
Auteure : Anne Rougée (Comédie des Ondes)
3 - Des femmes et des sciences : de l'oubli à la représentation
C'est ma deuxième table ronde. La première, intitulée « La science ne résume pas le monde » clôturait un colloque sur les technologies de la santé à l'université de Rennes en mars 2012. Seule oratrice de la journée sur 23 participants, je devais ma présence à ma double qualité de scientifique et d'artiste. Co-signataire de 40 publications, 10 brevets, 3 fois jury de Thèse, j'ai quitté l'industrie de l'imagerie médicale par la petite porte en 2002, après 15 années de bons et loyaux services. Aujourd’hui comédienne, autrice de théâtre, directrice de compagnie depuis 10 ans, j'ai réalisé plus de 200 représentations et animé autant de débats avec 8000 élèves environ au total, sur la question de la place des femmes dans les sciences et les mathématiques, et sur l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Ce travail d'éducation à l'égalité filles-garçons auprès des jeunes repose sur 2 pièces où les stéréotypes de genre sur les sciences sont joyeusement déconstruits. • Les Femmes de Génie sont rares ?, une question provocante pour une pièce réjouissante et émouvante en 3 tableaux pour 3 figures historiques de femmes de sciences : Marie Curie, Ada Lovelace et Émilie du Châtelet, évoquées par une comédienne et un comédien à différentes étapes d'un travail de création théâtrale. • Elle est mathophile !, un « seule en scène » comique en chansons sur les joies et les affres de l'apprentissage des maths, largement inspiré de mon propre parcours de l'école à la thèse et au post-doc.
Auteure : louise lafortune (Univ du Québec à Trois-Rivières)
4 - Comment peut-on allier féminismes et STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques)?
Comment féminismes et STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques) peuvent-ils coexister? Le plus souvent lorsqu’il y a une histoire générale des femmes, les femmes scientifiques n’y figurent pas. Pourtant, plusieurs de ces femmes ont franchi des obstacles importants pour réussir dans un domaine des STIM. Plusieurs sont impliquées dans leur milieu pour parler de leur travail et donner le goût aux jeunes de choisir des domaines à fortes composantes scientifiques et mathématiques. Dans les congrès axés sur une perspective féministe, le plus souvent, les femmes œuvrant dans des domaines des STIM sont peu présentes. Au cours de cette communication, trois types d’hypothèses seront discutées. 1) Qu’est-ce qui fait que les femmes des domaines des STIM sont peu présentes dans les histoires générales des femmes? 2) Comment se fait-il que ces femmes sont peu présentes dans les congrès et colloques inscrits dans une perspective féministe? 3) Comment se fait-il que les femmes engagées dans les études sociologiques, économiques et politiques sont peu présentes dans les événements associés aux femmes en STIM?
Auteure : Anne Roy (Université du Québec à Trois-Rivières)
5 - Être féministe en STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques)?
Au 21ème siècle, une question d’actualité doit encore être posée à la population active dans les domaines reliés aux STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), à savoir : qu’est-ce que le féminisme? Dans le Multidictionnaire de la langue française (2007), on définit le féminisme comme étant : « Doctrine qui favorise l’égalité des droits entre les femmes et les hommes ». Bien que plusieurs pas ont été franchis dans la société pour assurer l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, il reste encore plusieurs luttes à mener pour parvenir à une pérennité en matière d’égalité. Dans les domaines reliés aux STIM, les actions féministes à déployer restent entières et complexes pour contribuer au bien-être de la relève féminine. Ces actions féministes doivent avoir des répercussions bénéfiques au niveau de l’éducation des jeunes et apporter des changements favorables sur le plan social à l’égard des femmes en STIM (Roy, Mujawamariya, Lafortune, 2014). Autrement dit, pour assurer une qualité de vie aux présentes et futures générations de femmes en STIM, il importe de continuer à revendiquer une équité de genre pour les femmes oeuvrant dans ces domaines. Il ne faut pas croire que le féminisme est désuet dans la société actuelle. Il reste une mémoire collective à constituer démocratiquement pour assurer une victoire historique en matière d’égalité des sexes. En terminant, on pourrait enfin se demander la question suivante : « Pourquoi pas être féministe en STIM en 2015? ».