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Titre : Le mouvement anti-avortement au Québec et au Canada : acteurs, discours et stratégies d’action - Séance 1 - Luttes historiques et contemporaines autour de l'accès à l'avortement
Résumé : -

Auteure : Louise Desmarais (Chercheure indépendante)
2 - Le mouvement anti-avortement au Québec : 40 ans d’échec
Le mouvement anti-avortement québécois est né à l’occasion du débat entourant le projet de loi C-150 (1969) qui visait à légaliser l’avortement pratiqué pour des raisons thérapeutiques. Malgré tous ses efforts, et ce, pendant plus de quarante ans, le mouvement anti-avortement québécois ne réussira pas à empêcher la décriminalisation complète de l’avortement ni les avancées du mouvement en faveur du libre choix. Que ce soit, par exemple pour boycotter la mise sur pied des comités d’avortements thérapeutiques dans les hôpitaux francophones, mobiliser l’opinion publique et multiplier les attaques contre le Dr Morgentaler, faire cesser la pratique des avortements dans les CLSC et les cliniques privées ou encore pour empêcher Chantale Daigle de se faire avorter, chacune de ces tentatives sera un échec. Quelles sont les grandes composantes de ce maillon faible du mouvement anti-choix canadien, son évolution et ses stratégies d’action ? Quelles sont les raisons de son déclin progressif et de ses échecs successifs ? Le mouvement féministe pro-choix a-t-il joué un rôle dans cette défaite et si oui, lequel ?
Auteure : Marilyne Caouette (Université du Québec à Trois-Rivières)
3 - L'avortement en débat : les groupes de pression et l'affaire Daigle contre Tremblay (1989)
Bien que l’avortement au Québec soit libéralisé depuis 1969 et décriminalisé depuis 1988, il demeure une pratique controversée. L’affaire Daigle contre Tremblay est sans doute un des épisodes relatifs au droit à l’avortement ayant le plus marqué la société québécoise. Le 26 juillet 1989, Chantal Daigle se voit interdire le recours à un avortement par la Cour d’appel du Québec. Son ex-conjoint, Jean-Guy Tremblay, avait requis une injonction en ce sens. Daigle tente ensuite de faire changer la décision devant la Cour d’appel, mais de nouveau, le jugement lui interdit d’interrompre sa grossesse. Le 8 août 1989, ce jugement est renversé par une décision unanime de la Cour suprême du Canada. L’historiographie sur l’affaire est peu développée. Quelques auteures l’ont traité brièvement dans leur article ou ouvrage, dont Micheline de Sève (1990), Diane Lamoureux (1993) et Louise Desmarais (1999), se servant du cas pour démontrer la fragilité du droit à l’avortement. Il est essentiel d’étudier en profondeur le cas Daigle contre Tremblay puisqu’il rassemble de nombreux enjeux toujours d’actualité qui peuvent nous éclairer sur la problématique de l’avortement. Cette communication analyse cet épisode capital de l’histoire de l’avortement au Québec et au Canada. Elle présente les résultats préliminaires de mon mémoire de maîtrise dans lequel j’étudie l’affaire Daigle contre Tremblay à travers le discours des groupes de pression qui y sont associés. Ces derniers sont des groupes pro-vie et pro-choix, mais également des groupes masculinistes et féministes. À partir d’une analyse de la presse écrite (Journal de Montréal, La Presse et Le Devoir) et des fonds d’archives des groupes de pression et d’organismes gouvernementaux, cette étude montre la diversité des discours sur l’avortement ayant émergé dans l’espace public québécois à la fin des années 1980.
Auteure : Andréanne Chaumont (Université d'Ottawa)
Le-s co-auteure-s : Angel Foster (University of Ottawa); Julie El-Haddad (University of Ottawa); Kathryn LaRoche (l'Université d'Ottawa)
4 - Définir et documenter les obstacles aux services d’avortement : Volet Francophone de l’Étude canadienne sur l’avortement
L’étude Canadienne de l’avortement a pour but de définir et de documenter les obstacles d’accès à l’avortement vécu par des femmes ayant subi un avortement après 1er janvier 2010. Les participantes du volet francophone de l’étude proviennent des provinces du Québec, de l’Ontario et du Nouveau-Brunswick. Cette présentation se penche sur les résultats obtenus à l’égard des barrières véhiculées à l’obtention des services d’avortement. Ces obstacles s’étalent sur une variété de volet tels les sources de soutien émotionnel, le temps d’attente, la qualité des services médicaux et/ou psychologiques reçus, le manque (ou absence) de ressources professionnelles, de counseling et de suivi médicaux et/ou psychologiques. À titre d’exemple, la majorité des participantes québécoises ont dû attendre plus de 2 semaines avant la procédure. En terme de qualité de soins, fort majoritaires sont celles ayant véhiculés un manque de counseling post-avortement médical. De plus, elles considéraient le médecin traitant distant et orienté sur l’intervention médicale. L’accessibilité en région en plus du nombre d’options disponibles est limitée. En effet, au Québec, la métropole montréalaise détient à elle seule près de 7 cliniques d’avortement privée. Par ailleurs, cette présentation élucidera les perceptions de ces femmes quant à des avenues possibles pour améliorer les services d’avortement actuels au Canada tel la mifepristone présentement en court d’évaluer auprès de Santé Canada. À cet effet, les participantes ont majoritairement une perception positive de cette option potentielle. Enfin, ces participantes recommandent une amélioration des services post-counseling, du temps d’attente et une meilleure accessibilité, surtout en milieu rural.