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Animatrice : Sylvie Paré (Université du Québec à Montréal)
Titre : Femmes, genre, féminismes et territoire - Séance 1 - Femmes et territoire : nouvelles configurations, anciens paradigmes
Résumé : -

Auteure : Sophie Louargant (UMR PACTE CNRS UNIVERSITE GRENOBLE ALPES)
1 - Genre, territoires, développement : de l’émancipation à l’institutionnalisation des dispositifs d’égalité Femmes- Hommes
Prendre « place » dans les territoires n’est jamais simple, d’autant plus si celui-ci est inégalitaire. En effet, tant dans la catégorisation scientifique que dans la construction des formes, des usages, des politiques publiques, la prise en compte d’une approche féministe, du genre est toujours soumise à controverses. Or, au regard des productions scientifiques, des observations des espaces, les genres se déploient dans l’espace, le temps et le mouvement. Les travaux sur les mobilités présentent la caractéristique de questionner à la fois les liens entre les lieux, les individus et l’accès aux territoires. A partir de ces travaux, une lecture conceptuelle sur le lien entre féminisme, genre et territoire sera proposée pour présenter à la fois les apports des travaux francophones, leur réception dans les communautés scientifiques notamment en France et que pour pointer les angles morts des recherches en cours : quid des rapports entre genre, mobilités, altérités, frontières ? Dans quelle mesure l’invisibilisation des recherches sur le genre et le territoire dans la communauté a permis aux scientifiques majoritairement masculins de produire une pensée androcentrée des territoires? En effet, en excluant les femmes de leur jeu conceptuel, en les reléguant à des sujets de recherches considérés comme mineurs (social, services, proximité, local..), les chercheurs ont participé à produire un conception homogénéisante, fixe du territoire, dans lequel la différence, l’altérité sont pas à l’ordre du jour.
Auteure : Denyse Côté (Université du Québec en Outaouais)
2 - Occupation du territoire et tensions centre-périphérie : quand l’histoire se répète aux dépends des femmes
Le gouvernement québécois a décrété avec fracas à l’automne 2014 la fermeture des principales institutions régionales du Québec, annonçant ainsi la fin de cette décentralisation étapiste qui intégrait une approche de l’égalité (Côté, 1995). Confiée aux maintenant défuntes CRÉ (Conférences régionales des élus), faisant largement appel aux groupes de femmes régionaux, les politiques régionales québécoises sur l’égalité ont été conçues selon un modèle de concertation territoriale. Les retombées de cette approche s’avèrent inégales en matière de droits des femmes. Nous ferons état dans cette communication des mécanismes élaborés par les CRÉ au sein d’Ententes spécifiques en matière d’égalité (2007) des freins qu’elles représentent en matière d’innovation. Les groupes féministes appelés à participer, pourtant porteurs d’expertises et d’une longue tradition d’innovation locale et régionale, se retrouvent a fortiori en position de coopération conflictuelle avec des CRÉ qui secondarisent la défense des droits des femmes au profit d’objectifs institutionnels générés selon des modalités qui leur demeurent inaccessibles. Il s’agit d’un exemple original de la restructuration des liens entre gouvernements et société civile observée dans d’autres champs d’intervention (Côté et Simard, 2010) ainsi que dans d’autres régions du monde (Baron, 2007 ; Ballmer-Cao, 2006 ; Falquet, 2003).
Auteure : caroline Andrew (Université d'Ottawa)
3 - Le droit à la ville, en région
Le concept du droit à la Ville voulait insister sur l’importance pour les femmes, dans toute leur diversité, d’avoir toutes les possibilités d’être sécure et confortable dans leurs communautés. Le mot « ville » a été utilisé pour signifier deux choses : un lieu public et des instances de prise de décisions qui peuvent décider, ou non, les façons d’assurer que la pleine diversité des femmes pourrait avoir des conditions d’être sécure et confortable dans leurs communautés. Donc cette idée, et cette revendication, s’applique tout aussi bien dans les régions. Ce qui va varier, et de là tout l’intérêt de les mettre ensemble, sont les différents éléments de la diversité dont il faut tenir compte – et d’y travailler. La diversité en ville est souvent conçue comme la diversité de la « racialisation » tandis qu’en région d’autres formes de diversité sont soulignées : l’âge, les différents formes de travail (temps plein, temps partiel, télé-travail). Il faut trouver des façons de prendre en compte cette diversité dans les lieux de prise de décisions. Cette présentation abordera la richesse de cet effort de réflexion sur ce qu’il faut faire pour assurer le droit à la ville pour toutes les femmes dans toutes leurs diversités.