Détail ::::::
Animatrice : Denyse Côté (Université du Québec en Outaouais)
Titre : Femmes, genre, féminismes et territoire - Séance 3 - Intervenir sur les territoires : recherche et politiques publiques
Résumé : -

Auteure : Emmanuel ROUX (UMR PACTE)
1 - Genre et observation des territoires : les catégorisations en questions
Chacun peut constater depuis les années 2000 le déploiement voire la multiplication de dispositifs d’observations consacrés notamment aux questions ou problématiques de genre. Cette diversité d’initiatives fait incontestablement sens et questionne à la fois sur les intentions, les fonctions, les ambitions, les rapports à l’action sous jacents à ces observatoires. Quelles qu’en soient leurs formes (électron, atome ; sphère, macroscope), notre proposition envisage des dimensions analytiques susceptibles de décrypter le sens de l’observation et en particulier ici de l’observation genrée. La première vise à saisir les conceptions et motifs de la nécessité d’observer le genre. La seconde propose une formalisation de la place qu’occupent les observations de genre en France dans le paysage de l’observation territoriale. Cette analyse s’appuie notamment sur les résultats d’une enquête exploratoire conduite en France permettant d’identifier la place des besoins de connaissances genrées exprimés sur et/ou par les territoires depuis une dizaine d’année. Le troisième regard porte sur les façons dont l’objectivation des problématiques genrée s’opère dans les pratiques d’observations et à partir d’indicateurs. Ces éléments permettront ainsi de questionner les changements à l’œuvre à travers les observatoires et aborderont les interrogations suivantes : quelle est l’acceptabilité de la posture féministe chez les acteurs de l’observation ? Quelle place accorder à la construction de l’information territoriale femmes-hommes en France et plus largement en Europe ?
Auteure : Diane-Gabrielle Tremblay (Téluq-Université du Québec)
2 - Politiques temporelles, bureaux des temps et égalité entre les sexes : des initiatives centrées sur l’espace et le temps
C’est en Italie dès la fin des années 1980, que se sont développées les premières politiques temporelles en Europe. Elles ont été portées par des mouvements féministes revendiquant le droit de concilier les divers temps de leur vie, ou temps sociaux, et par des syndicats de salariés. Puis la problématique, d’abord centrée -en Italie- sur les temps de la personne, s’élargissant à l’espace public. Il s’agissait de déterminer comment créer avec les habitants d’un quartier, un « espace-temps» convivial en réhabilitant une place publique. Il s’agissait également d’aborder le problème de la mobilité en co-construisant par exemple un « plan de mobilité» avec les entreprises, la municipalité et les citoyens afin d’améliorer la circulation dans la ville. La dimension « femmes » reste souvent présente à travers la création de garderies ou de meilleures modalités de conciliation travail-famille. Les agences des temps ou « politiques des temps de la ville » ont donc pour objectifs tant l’amélioration de la qualité de vie que l’égalité entre les sexes, les âges, les catégories sociales, la reconstitution du lien social ou encore la requalification urbaine (Boulin, 2003 ; Rochman et Tremblay, 2012). Elles sont fondées sur une approche de la vie quotidienne qui renvoie à de réels problèmes d’organisation individuelle et collective. L’enjeu est notamment de parvenir à concilier et articuler les activités quotidiennes relevant de différentes sphères : celle du travail et celles de la famille, des activités sociales ou de loisirs (Tremblay et al., 2009). Notre communication traitera des origines de ces politiques spatiotemporelles pour ensuite traiter du cas québécois, axé encore davantage sur la conciliation des temps sociaux et fortement sur les femmes.