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Animatrice : Sophie Louargant (UMR PACTE CNRS UNIVERSITE GRENOBLE ALPES)
Titre : Femmes, genre, féminismes et territoire - Séance 2 - Justice sociale, justice spatiale : le droit des femmes à la ville
Résumé : -

Auteure : Sylvie Paré (Université du Québec à Montréal)
1 - Diversité, femmes et territoire : la réorganisation municipale à Montréal
La réorganisation municipale au Québec a grandement affecté les populations du rural à l'urbain dès 2001. Pour la ville de Montréal, le contexte est particulier puisque la diversité de sa population y commande des politiques, programmes ou pratiques d'intégration des immigrant.e.s, nombreux et nombreuses à s'établir dans la ville centre. Cela renvoie à ces mécanismes de gestion de la diversité, anciens ou nouveaux, qu'on a dû harmoniser, en fonction des territoires qui ont été amalgamés. Des élu.e.s, des fonctionnaires municipaux et des représentant.e.s de groupes communautaires ont collaboré à l'étude. Notre communication porte donc sur cette question, en tenant compte particulièrement des politiques et programmes touchant les femmes immigrantes, et ce, à partir d'entrevues en profondeur effectuées dans le cadre de la recherche DiverCité, une recherche menée conjointement avec Caroline Andrew, Winnie Frohn, Anne Latendresse.
Auteure : Marie-Ève Desroches (UQAM)
2 - Transformation des quartiers centraux, mobilisations et évolution du droit à la ville des femmes : étude de cas du quartier Sainte-Marie à Montréal
Les villes constituent des projections et des matérialisations des rapports sociaux (Lefebvre, 1974) notamment parce que les pratiques sociales produisent les frontières définissant à qui appartiennent les lieux et qui en sont exclus (McDowell, 1999). Par ailleurs, l'espace par sa forme, son contenu et ses dynamiques posent les possibilités et les limites de ce que l’on peut y réaliser. Pour Soja (2010) cette dialectique sociospatiale engendre et reproduit différentes injustices, dont celles issues du capitalisme et du patriarcat. En utilisant l’appellation des injustices sociospatiales, nous soutenons que les oppressions vécues individuellement s’inscrivent dans un rapport global où des groupes mouvants et hétérogènes entretiennent des rapports différenciés à leurs milieux de vie (Soja, 2010). Les femmes constituent une structure sérielle (Young, 2007) vivant un ensemble d’injustices ayant des impacts (à degré variable) sur la façon dont elles utilisent, perçoivent et apprécient l’espace. Notre recherche porte sur la stratégie de revitalisation urbaine intégrée (RUI) : dans quelle mesure permet-elle aux Montréalaises d'accéder à un plus grand droit à la ville? En employant une approche méthodologique féministe (Cook et Fonnow, 2007) nous avons réalisé une étude de cas sur une structure de mobilisation qui s’est formée en marge à de la RUI pour favoriser l’élargissement et l’exercice du droit à la ville des femmes soit le Comité d’action locale du Centre d’éducation et d’action des femmes (CÉAF). Dans cette communication, nous nous analysons dans quelle mesure cette mobilisation permet de mettre fin aux blocages à la participation et l’appropriation de l’espace, éléments vitaux à l’expression du droit à la ville.
Auteure : Frédérique Roy Trempe (Université du Québec à Montréal)
3 - L'exercice du droit à la ville des femmes et des hommes et l'influence des aménagements urbains : une étude de cas montréalaise
Le territoire est à la fois le reflet des acteurs qui l’habitent et des rapports sociaux issus de ce processus. Pour Coutras (1996), le territoire urbain est un espace construit par des rapports sociaux de genre qui sont des rapports de pouvoir variant selon les contextes historiques et culturels. Les femmes et les hommes connaissent des réalités différentes en ville (Hainard et Verschuur, 2004). À Montréal, les femmes, en tant que groupe social, dépendent davantage des transports collectifs, possèdent un salaire annuel moyen inférieur, sont majoritairement responsables des familles monoparentales et éprouvent davantage d’insécurité dans les espaces publics que les hommes. Ces indicateurs de la réalité urbaine questionnent l’adéquation de la ville à répondre aux besoins spécifiques des femmes (Coutras, Ibid.). De plus, les femmes en ville subissent une double marginalisation, étant sous-représentées aux instances politiques municipales (Simard, 2005) et presque invisibles en tant qu’actrices de planification et de gestion de l’aménagement urbain (Latendresse, 2006), ces sphères d’intervention étant encore majoritairement investies par des hommes (Andrew, 2000). Cette double marginalisation renforce l’hypothèse qu’il existe un rapport à la ville différencié selon le sexe (Wekerle, 1996) et signifie que le droit à la ville des femmes n’est pas suffisamment assuré (Séguin et Villeneuve, 1987). Nous cherchons donc à savoir dans quelle mesure et de quelles façons l’aménagement urbain influence-t-il l’exercice du droit à la ville des femmes et des hommes? Pour ce faire, nous présenterons une étude de cas portant sur le réaménagement du secteur Laurier-Est à Montréal (arrondissement du Plateau-Mont-Royal).