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Titre : S'engager sur le web : Les usages des technologies de l’information et de communication (TIC) dans le mouvement des femmes: pratiques et enjeux - Séance 1 - Pratiques citoyennes médiées par les TIC : analyses féministes du renouvellement de l’engagement social et de la participation politique
Résumé : -

Auteure : Sylvie Jochems (LabCMO-UQAM)
Le-s co-auteure-s : Laurence Lagouarde (Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec (FAFMRQ)); Blanche Paradis (Réseau des tables régionales de groupes de femmes du Québec;)
1 - Soigner ses TIC communautaires: mythes, usages et enjeux des praTIC de groupes de femmes du Québec
Avec: Blanche Paradis, du Réseau des Tables régionales de groupes de femmes du Québec Redoutées, mystifiées, en même temps objets de fascination, les TIC sont devenues incontournables pour les groupes de femmes et familles. Contrairement à la grande partie de la population, ces groupes ont très peu développé les usages des TIC dans leurs pratiques sociales (des « praTIC »). Par ailleurs, les offres de formation à contenus prédéterminés qui leur sont adressées ne répondent pas à leurs besoins d’analyse et de développement de leurs pratiques et services. Le projet « Soigner ses TIC communautaires : mythe, enjeux et usage des technologies de l’information et de la communication (TIC) » est une démarche de formation en quatre temps, qui a eu lieu dans plusieurs régions du Québec, portant sur l’usage des TIC par des groupes de femmes et familles et les enjeux sociaux, économiques, éthiques et politiques qui les entourent. Tout au long du projet, les participantes se sont approprié plusieurs outils de travail collaboratif et elles ont formulé des recommandations sur les usages des TIC dans leurs milieux de pratique. Plusieurs retombées sont maintenant en cours et concernent notamment les questions éthiques de ces usages des TIC en action communautaire chez les groupes de femmes et familles du Québec.
Auteure : valérie DEVILLARD (Université Panthéon-Assas Paris 2)
2 - Quel genre de web ? Vers de nouvelles formes de militantisme féministe. Valérie Devillard, Professeure – IFP/Université Panthéon-Assas, Paris 2
Depuis la fin des années 1990, le débat public sur la prostitution connaît en France, une « intensification spectaculaire » (Mathieu, 2007 ). L’examen par l’Assemblée Nationale, en décembre 2013, d’une proposition de loi « renforçant la lutte contre le ‘système prostitutionnel’ » est ainsi l’aboutissement d’une croisade morale. Ne faisant pas l’unanimité au sein des féministes françaises, cette toute dernière campagne abolitionniste permet d’estimer quelles sont les forces de convergence et surtout de divergence d’évaluer l’existence d’une nouvelle vague militante féministe sur internet. En France, les recherches sur les usages politiques et genrés du web sont relativement peu développées (Jouët, 2011). De surcroît, celles-ci souffrent d’un double biais. Elles abordent les relations entre genre, internet et politique de manière restrictive. De surcroît, ces recherches autour du genre numérique privilégient les usagers jugés « ordinaires » de l’internet au risque de les évaluer à l’aune du modèle normatif des pratiques dominantes et (donc) « masculines » du web. La communication tente de dépasser ces obstacles en se concentrant sur les usages féministes militants du web en France, un champ encore peu exploré malgré l’essor des recherche sur les liens entre féminisme et médias (Blandin et Méadel, 2009). A la croisée d’un questionnement propre à l’activisme sur internet (Granjon, 2001 ; Granjon et Cardon, 2010) et à la sociologie des problèmes publics et des études féministes, il s’agira de se demander si le web transforme l’engagement féministe et si le féminisme transforme le militantisme sur internet.
Auteure : Joelle Palmieri (Laboratoire les Afriques dans le monde)
3 - Société numérique colonialitaire : les TIC analysées selon une posture féministe
L’analyse des usages des technologies de l’information et de la communication (TIC) par les organisations de femmes ou féministes est bien étudiée dans le monde. On entend souvent parler de « fracture numérique de genre », de mouvement « Genre et TIC », éventuellement de cyberféminisme, dans tous les cas de questions d’accès aux infrastructures et de capacités à utiliser les outils de la « société de l’information » par « les » femmes. Cette contribution se propose davantage d’analyser les impacts des usages des TIC sur les dominations avec une approche critique féministe. Le terrain africain mobilisé – l’Afrique du Sud et le Sénégal – force cette option – l’analyse critique – tout autant que l’analyse réflexive parce qu'il oblige à ne pas plaquer des a priori théoriques empruntés à l'Occident ou à d'autres lieux, dont l’Amérique Latine. Nous verrons qu’il est également nécessaire d’engager une analyse institutionnelle afin d'éliminer les effets des institutionnalisations croisées du genre et des TIC sur les actions des organisations. Nous pourrons ainsi redéfinir les concepts tels que la colonialité du pouvoir ou la subalternité dans des contextes mixtes africains et numériques. Nous pourrons ainsi identifier les contours de la société numérique colonialitaire, forme mondialisée, contemporaine, accélérée et excessive du contexte des relations sociales dans lesquelles les actions politiques des organisations se situent. Toutefois, la comparaison, la recherche de similitudes et de singularités internes et externes, permettront d'isoler pourquoi les TIC dépolitisent le réel autant qu'elles peuvent créer des opportunités de transgression des rapports de domination (classe, race, genre). Aussi nous conclurons que rassembler des connaissances et les méthodologies de recherche adaptées afin d’analyser ces opportunités peut dessiner les bases d'une nouvelle épistémologie féministe.
Auteure : Ghada Touir (Chaire sur les usages des technologies et Labcmo)
4 - Les usages engagés du Web social : vers un nouveau
Les développements récents des technologies numériques contribuent à la transformation des pratiques citoyennes de participation et d’action. En raison de leurs particularités, notamment leur capacité d’instaurer un champ de communication plus ouvert et plus « participatif », l’Internet et le Web social renouvellent les formes contemporaines de participation et d’action sociale des citoyennes et des citoyens, par exemple dans le domaine de la résolution de problèmes sociaux et environnementaux (les changements climatiques et le réchauffement de la planète, la biodiversité, etc.). En prolongement de notre expérience de recherche sur l’action civique de participation à la société civile canadienne et québécoise à l’égard des problèmes environnementaux, dans le contexte du Web social, cette communication se veut une réflexion sur le sujet et propose un portrait de la scène québécoise sur l'engagement numérique pour l'environnement. Elle vise ainsi à prendre part aux débats actuels sur les usages des technologies du Web dit « social » ou « participatif » (dont les blogues et sites des réseaux sociaux) et les pratiques citoyennes de participation et d’action en intégrant une dimension jusque-là peu abordée par les recherches, celle du genre. Dans quelle mesure peut-on parler de l’émergence de nouvelles formes d’engagement citoyen sur Internet, en particulier en matière d’environnement, et quel rôle y joue la dimension de genre? À en croire les résultats des sondages pancanadiens et les travaux sur l’engagement au féminin (Murphy, 2010; Lalanne et Lapeyre, 2009; Quéniart & Lamoureux, 2002), les femmes sont plus engagées socialement et politiquement, notamment sur l’environnement, que les hommes. Serait-ce aussi le cas en ligne?