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Titre : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 1 - Écrire
Résumé : -

Auteure : isabelle boisclair (Université de Sherbrooke)
1 - Quand créer c’est penser/agir
Dans cette communication je veux réfléchir d’abord à la portée nécessairement engagée de l’écriture et de l’art – ce que soutenait ardemment Collin –, qui est mode de pensée autant que d’expression. Dans un deuxième temps, et sur cette lancée, j’évoquerai l’asymétrie dans les échanges entre féministes, selon les lieux que nous occupons, asymétrie qui prolonge la dichotomie entre raison/passion, et qui reproduit, au cœur des sciences dites humaines, le clivage traditionnel entre sciences « dures » et sciences « molles ». Or si les critiques féministes (littéraires, artistiques, etc.) se servent abondamment des textes des philosophes, sociologues, historiennes, biologistes féministes dans l’élaboration de leurs commentaires visant à se saisir des œuvres, le contraire n’est pas si fréquent. S’il est vrai que les traditions critiques ont favorisé l’usage d’un lexique spécifique parfois rebutant, les critiques féministes des arts et de la littérature utilisent pourtant, la plupart du temps, un appareil plus enclin à instaurer un dialogue avec la pensée féministe plutôt qu’avec la pensée strictement disciplinaire. Les textes littéraires et les œuvres artistiques recourent à des signes qui se situent hors du territoire rationnel pour exprimer autant des affects que des idées, ce qui est précisément à valoriser d’un point de vue féministe. L’art pense, la critique artistique et littéraire aussi. Et la saisie du symbolique est tout aussi nécessaire que celle des faits dans la compréhension du système de sexe/genre.
Auteure : Chloé Leduc-Bélanger (Corédactrice en chef)
2 - Françoise Collin : « J’écris comme on fait le pain »
À partir de la conception de l’écriture et du rôle de l’écrivain que développe Françoise Collin dans l’Anthologie québécoise, mon intervention explorera les implications d’une prise de parole artistique publique pour les femmes, et comment cette prise de parole est encore teintée par les stéréotypes genrés. J’offrirai en exemple ma propre expérience de l’écriture et partagerai les questionnements que la lecture des textes de Collin a déclenchés chez moi. Je m’interrogerai en particulier sur la conciliation entre l’idéal et l’identité, et sur la façon dont la création peut à la fois servir et trahir ceux-ci.
Auteure : Marie-Ève Marchand-Blais (Critique et libraire)
3 - S’écrire comme acte de résilience féministe : Collin et l’écriture
« S'écrire » : écrire à partir de soi, de ce qui nous construit. « Acte » : être en action et poser un geste déterminé qui aura un impact. « Résilience » : exister malgré des normes qui tentent d'imposer des manières d'être et de penser... À la lecture de Collin, c'est cet état éternel de résilience qui me vient en tête, état qui nous oblige à accepter d'où l'on part, d'où l'on écrit. À partir des mots qui défilent devant moi, je réfléchis à cette sempiternelle question : Qu'est-ce qui, les femmes, nous fait écrire? C'est là que je désire aller, sur cette ligne d'action, avec nos passés et nos avenirs. J'aime à croire que c'est cet espace de l'écriture, ce mouvement de la main sur la papier, des mots qui se forment dans nos pensées, qui permet de se re•construire. De maintes façons, les textes de l' Anthologie québécoise (1977-2000) de Françoise Collin, m'auront convaincue de l'importance de s'immiscer dans l'espace hostile de la pensée littéraire.
Auteure : Chantal Saint-Jarre (Cégep de Saint-Laurent)
4 - L’Anthologie québécoise 1977-2000 : entre mémoire, interlocution et transmission
J’essaierai de faire entendre comment la réflexion de Françoise Collin (notamment : les notions de mémoire, d’interlocution et de transmission) a accompagné mon désir de préparer et de donner, dans un département de français/littérature au niveau collégial, un nouveau cours de littérature centré sur le thème de l’écriture au féminin.