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Titre : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 2 - Penser
Résumé : -

Auteure : Yara El-Ghadban (Université de Montréal)
1 - Relire Arendt avec Collin comme un roman
Collin a découvert Arendt plus tard dans sa carrière et sa pensée. Elle trouve dans sa philosophie inspiration pour repenser le féminisme, et faire la critique d’un féminisme aux accents hégémoniques. La pensée de Arendt, surtout ses théories autour de la violence, de la liberté et de l’action ont été récupérées sous plusieurs angles, mais je soutiens que la fécondité et l’originalité de la lecture féministe que fait Collin d’Arendt provient d’abord du regard d’écrivain que Collin pose sur Arendt la femme, sa vie, sa pensée. Ainsi a-t-elle débusqué les possibilités et les limites de l’idéalisme arendtien surtout les limites de sa conception de l’action, quand elle est inscrite dans la lutte des femmes. Pour Collin l’écrivain, l’idéal de l’écriture, c’est justement la naissance, l’acte de naître, faire naître, inscrire un commencement en se déclinant en mille personnages et entretenir par le biais de la fiction l’altérité qui nous fait humains et rend notre humanité possible à réinventer. Je soutiens que c’est Collin l’écrivain, avant la philosophe du politique qui a comblé un vide dans la pensée d’Arendt : celui de l’esthétique, du genre et de la différence.
Auteure : Julie Daigle (Université d'Ottawa)
2 - : « Moi je ne suis pas féministe ». À l’écoute de la singularité de Simone Weil avec Françoise Collin
Lors d'un colloque organisé à l'École normale supérieure en 1996, Françoise Collin affirmait que la dimension sexuée était complètement absente de l'oeuvre de Simone Weil. Notre intervention a pour ambition de montrer qu'il y aurait, en réalité, une dimension sexuée en filigrane de la philosophie weilienne. Notre pari est que le regard et l'ouverture proposés par Françoise Collin par rapport à la singularité féminine peuvent nous mettre au diapason de la sensibilité féminine inusitée de Simone Weil, malgré sa réticence, voire sa franche opposition, à être associée au féminisme.
Auteure : Marianne Di Croce (Cégep de Saint-Jérôme)
3 - 'Rencontre' avec Françoise Collin : Penser à partir de la tradition philosophique pour mieux la renouveler
Encore aujourd’hui, philosophie et féminisme évoluent plus souvent qu’autrement en parallèle. Alors que la philosophie laisse encore très peu de place aux questions féministes, les études féministes regardent souvent d’un oeil méfiant la tradition philosophique. Il est donc difficile de trouver sa place lorsqu’on est à la fois philosophe et féministe. Or, lire Françoise Collin permet de se sentir enfin « chez soi ». Dans le cadre de cette présentation, j’aimerais montrer en quoi l’oeuvre de Françoise Collin offre un point de rencontre intéressant entre philosophie et féminisme, et en quoi elle constitue un modèle pertinent pour penser autrement la tradition philosophique.