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Titre : Découvrir Françoise Collin dans l'Anthologie québécoise - Séance 3 - Agir
Résumé : -

Auteure : Marcelle Dubé (UQAC)
1 - Entre un agir et une pensée plurielle : pérégrinations au cœur de l'œuvre de Françoise Collin
Les écrits et la pensée de Françoise Collin sont entrés dans ma vie, voilà bientôt 20 ans. Inscrite au programme de maîtrise en Intervention sociale à l’UQÀM à l’automne 96, mes intérêts de recherche, portant sur les questions de la pratique démocratique au sein du mouvement des femmes québécois et le devenir sujet dans ces espaces, m’ont conduit à lire plusieurs ouvrages féministes et à découvrir les travaux de Collin. Ma première lecture a été la préface qu’elle signe dans le livre de Diane Lamoureux « Fragments et collages ». J’ai toute de suite aimé les propos de cette auteure. Sa pensée, ses idées, sa plume, tout ce que je lisais me plaisait, me donnait à penser et même faisait écho à des idées plus ou moins précises que je tentais de formuler alors, ou tout simplement validait des hypothèses ou des impressions que j’avais en regard du féminisme et du mouvement qui l’incarnait à ce moment-là. Puis je n’ai cessé de me nourrir de ses écrits, trouvant à chaque fois matière à penser l’époque que nous vivons. Cette communication, fera état du chemin, des temps forts et de quelques questions que ces pérégrinations, au cœur de l'œuvre de Collin, posent encore.
Auteure : Valérie Lefebvre-Faucher (Éditions du remue-ménage)
2 - L'édition féministe en héritage
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Auteure : Chantal Bayard (Université d'Ottawa)
3 - De la maternité biologique à la maternité symbolique : sur la transformation du rapport de transmission intergénérationnelle entre les femmes
Dans « Un héritage sans testament », Collin (1986) s’intéresse à la transmission intergénérationnelle des savoirs entre les femmes et les féministes. Ce passage, de l’une à l’autre, s’effectue dans le cadre d’une relation de réciprocité par laquelle les savoirs sont transmis, reçus, remis en question, rejetés, historicisés, reformulés et acceptés. Ainsi, la transmission est un acte volontaire, nécessitant ouverture et humilité. Dans un premier temps, je présenterai le concept de transmission tel que défini par Collin. Je poursuivrai en discutant la distinction qu’elle opère, dans la transmission des savoirs, entre la maternité biologique et la maternité symbolique. Je terminerai en m’interrogeant sur la pertinence de cette distinction en tentant de répondre à la question suivante : « De la même façon que la maternité symbolique, la maternité biologique peut-elle aspirer à la même réciprocité dans la transmission des savoirs féministes ? »
Auteure : Aurélie Lanctôt (Université McGill)
4 - Françoise Collin : la poursuite d’un rêve de justice
Comme juriste, et comme féministe, comment Françoise Collin nous aide-t-elle à penser la justice ? Comment indexer au vocabulaire juridique les oppressions que le droit libéral choisit d’exclure de son champ d’examen, puisqu’elles se nouent dans l’espace privé des individus ? Les rapports de domination qui s’exercent sur les femmes s’enracinent au plus intime de leur existence et passent sous le radar des considérations des juges et juristes. « Le Droit ne s’occupe pas de ces choses-là », dit-on. Pourtant, pour que les femmes deviennent véritablement « cosujets de la chose commune », le droit se doit de penser l’affranchissement des rapports de domination qui s’exercent sur les femmes dans la sphère privée. Les juristes libéraux peinent à surmonter cet écueil, quoiqu’ils n’hésitent pas à se dire soucieux de l’égalité homme-femme, voire à se réclamer du féminisme. Pourtant, les mots « manquent » au droit pour rendre compte du caractère particulier et problématique du sujet-femme ; qui ne peut être posé de façon indifférenciée du sujet-homme lorsqu’il s’agit de formuler des propositions juridiques. Or, Françoise Collin nous aide à penser l’égalité par la reconnaissance, précisément, du caractère toujours altéré du sujet. Comment cela peut-il se traduire dans les réflexions des juristes ?