Détail ::::::
Animatrice : Christine Paré (Université de Montréal)
Titre : Recherches féministes en Afrique : Quelles contributions pour la causes des femmes
Résumé : -

Auteure : ROSALIE ADUAYI DIOP (IPDSR/UCAD)
2 - La vulnérabilité des mineures aux IST/SIDA en question
La question du travail du sexe des mineures réside dans son ampleur mal maîtrisée et dans la défaillance de la prise en charge médicale des adolescentes impliquées. D’après l’Organisation Internationale du Travail (2002) 1,8 million d’enfants sont impliqués dans le travail du sexe dans le monde, la plupart a entre 15 et 17 ans et 98 % sont des filles. Au Sénégal, le caractère répressif du phénomène et les localisations géographiques des acteurs rendent extrêmement difficile l’estimation exacte du nombre d’adolescentes impliquées. Aussi, la situation des TSM devient alarmante dans un pays dont la prévalence du VIH/SIDA est de 0, 7 % et qui a su la maintenir 24 ans durant (Gueye, 2012). La pauvreté des familles, la faible scolarisation, l’échec ou l’inefficacité des politiques sociales ainsi que certains facteurs socioculturels sont les principaux déterminants qui favorisent l'évolution du phénomène. Cependant, cette quête de moyens de survie favorise souvent l’adoption de comportements à risque, face aux infections sexuellement transmissibles/ Syndrome d’Immuno-Déficience Acquise (IST/SIDA). Par ailleurs, sur le plan de la recherche, la question du travail des mineures reste un domaine peu étudiée. Elle ne fait pas non plus l’objet de débat public dans les analyses féministes. L’objectif de cette communication est de contribuer à une meilleure connaissance du phénomène du travail du sexe des mineures et de leur vulnérabilité aux IST/SIDA et de leur accès limites aux soins. Pourquoi cette féminisation et juvénilisation du travail de sexe ? Comment les filles font elles face à cette vulnérabilité ?
Auteure : SOUKEINA BOURAOUI (CAWTAR)
3 - Bonne gouvernance et égalité de genre.
La grande majorité des pays de l'Espace Francophone ont inscrit le principe d’égalité entre les hommes et les femmes dans leurs Constitutions et souvent dans leurs législations relatives au travail. Pourtant, les discriminations se trouvent plutôt dans les replis cachés de la vie privée et familiale et se lisent dans les réserves apposées aux Conventions internationales relatives aux droits des femmes et particulièrement celles faites à la CEDAW. Ces résistances et cette réalité se traduisent par d’autres indicateurs et ratios: c’est ainsi que pour les pays arabes francophones par exemple le ratio des femme parlementaires est autour de 11/100 alors que la moyenne mondiale est de 20/100, de même le ratio des femmes dans les postes de décisions dans les hautes sphères du gouvernement et de la diplomatie est autour de 8 /100. Il faudrait à la région 150 ans pour atteindre le taux moyen en matière d’emplois et elle compte le ratio le plus bas des femmes entrepreneurs. Rappelons aussi que dans des pays de la région, les taux de mortalité maternelle restent alarmants et les autres goals de développement du millenium sont loin d’être atteints. Comment expliquer ces distorsions et ces incohérences dont souffrent les femmes et qui mettent en retard de développement nos pays ? Bien évidemment il y a une insuffisance des instruments juridiques et institutionnels qu’il faudra rectifier, mais ils traduisent un déficit dans la bonne gouvernance. Les études féministes et les études genre ont démontré que seule l'adoption de l'approche genre au niveau des politiques publiques et des programmes éducationnels pourraient établir une égalité effective y compris par l'adoption de mesures de discriminations positives. Est-ce que les études sur la condition des femmes particulièrement celles faites dans les pays arabes francophones, tiennent compte de cette approche, que nous renvoie la production scientifique? A travers une étude bibliographique menée au Cawtar, nous essaierons de répondre à Fatou Sow " Les chercheures africaines (les autres aussi) ont le devoir d’analyser les outils de conceptualisation des idées et des pratiques socioculturelles"
Auteure : Bilampoa GNOUMOU THIOMBIANO (Université de Ouagadougou)
4 - Tendances et facteurs des ruptures d’unions conjugales en milieu urbain Ouest Africain
L'urbanisation et les progrès réalisés dans l'éducation au cours des dernières décennies engendrent des changements importants dans les comportements matrimoniaux en Afrique, particulièrement dans les zones urbaines (Van de Walle et Baker, 2004). En effet, les recherches soulignent l'augmentation des unions consensuelles (Legrand et Zourkaleini, 2009) et du célibat féminin (Antoine et Nanitelamio, 1990). Bien que le mariage reste une institution forte en Afrique, les unions conjugales peuvent être fragiles, spécialement en milieu urbain où le contrôle social sur les couples est relativement réduit par rapport au milieu rural. Par conséquent, les recherches sur la séparation de couple et le divorce sont particulièrement pertinentes, mais, pour l’instant, cette question est peu étudiée en Afrique par rapport à d'autres régions. Dans cette communication, nous examinons les tendances et les facteurs de ruptures des unions conjugales dans deux villes d’Afrique de l'Ouest à savoir Ouagadougou (Burkina Faso) et Lomé (Togo). L'estimateur de Kaplan-Meier et le modèle et la régression semi-paramétrique à risques proportionnels de Cox sont utilisés pour analyser les données d’histoires matrimoniales. Ces données proviennent de l’enquête "Activités économiques, partage des ressources et prise en charge des dépenses au sein des ménages urbains (AEMU)" réalisée en 2012 dans le cadre du projet de recherche "Famille, genre et activités en Afrique subsaharienne (FAGEAC)". L’enquête a touché 500 ménages dans chaque ville et respectivement 1152 individus et 1295 individus ont été enquêtés à Ouagadougou et à Lomé.
Auteure : Christine Paré (Université de Montréal)
5 - L’institutionnalisation du genre dans les ONG
Au Mali comme dans beaucoup d'autres pays dits en développement, l'accès des femmes à des postes de décision est limité: leurs choix professionnels sont plus étroites, et leurs revenus inférieurs à ceux des hommes. En outre, ils doivent lutter pour faire la conciliation, famille-travail. Les ONG doivent être des actrices importantes dans l'élimination des discriminations contre les femmes et la promotion de l'égalité des sexes. Dans cette communication, nous allons examiner la place et le rôle des femmes maliennes travaillant dans des ONG. Notre objectif est d'évaluer les résultats et l'efficacité de l'engagement international en faveur de la politique de l'égalité des sexes dans les programmes de développement.