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Titre : Séance 1 - La souveraineté alimentaire
Résumé : -

Auteure : Elsa Beaulieu Bastien (Université d'Ottawa)
Le-s co-auteure-s : Dominique Masson (Université d'Ottawa); Anabel Paulos (Université d'Ottawa)
1 - La souveraineté alimentaire comme nouvel enjeu pour le féminisme: le cas de la Marche Mondiale des femmes
Au-delà de l’appel à la reconnaissance du droit des peuples à définir eux-mêmes leurs systèmes de production, de distribution et de consommation de nourriture, la souveraineté alimentaire est un projet politique multidimensionnel et multiforme, qui prend la couleur des actrices et acteurs sociaux qui s'en réclament. Depuis 2006, à sa rencontre internationale de Lima, la Marche mondiale des femmes a inscrit la souveraineté alimentaire à son agenda international. Cette communication vise, d'une part, à capturer la diversité et la fluidité des thématiques qui, dans une variété de coordinations nationales de la MMF, se voient re-signifiées à travers des discours militants et des analyses souvent anticapitalistes et antipatriarcales comme faisant partie des luttes des femmes pour la souveraineté alimentaire. D'autre part, elle vise à éclairer les dynamiques sous-jacentes à l'appropriation et au déploiement géographique inégal, sur le terrain, du projet même de souveraineté alimentaire par les coordinations nationales de la MMF et leurs groupes-membres (rôles de la composition et de la structure de la MMF dans les différents espaces, des alliances, des ressources). Enfin, nous nous intéressons à la façon dont la souveraineté alimentaire commence à émerger, tant dans la littérature universitaire féministe qu’à travers les discours et les pratiques de la MMF, comme un nouvel enjeu pour les femmes et pour le féminisme.
Auteure : Janet Conway (Brock University)
Le-s co-auteure-s : Pascale Dufour (Université de Montréal)
2 - La Marche mondiale des femmes : un « objet » multiforme, multi-situé et multi-thèmes
Cette communication a pour objectif principal de réfléchir aux catégories d’analyse qui guident la sociologie des mouvements sociaux dans leur définition de leur objet de recherche. En partant du cas, à notre avis, exemplaire, de la Marche mondiale des femmes, nous montrerons comment l’action collective transnationale de cet acteur mondial ne peut se résumer à une analyse de réseaux transnationaux, ni de mouvements. Actives à de nombreuses échelles de luttes, dans plus de 60 pays, les militantes de la Marche font vivre un ensemble complexe d’organisations formelles et de réseaux informel, en plus d’exister au niveau international. En partant de l’analyse préliminaire des coordinations nationales de la Marche, mise à jour en 2014 auprès de personnes clefs, nous tenterons d’approcher le phénomène Marche mondiale en mobilisant de manière croisée des outils de la géographie critique et de l’approche cognitive des mouvements sociaux. C’est en effet comme lieu d’appartenance et espace d’action à échelles multiples que la Marche se comprend le mieux. Finalement, nous aborderons, à titre de résultats préliminaires, l’incorporation différenciée de la souveraineté alimentaire au sein des coordinations nationales de la MMF, tant au niveau de la thématique même, que de son articulation (ou non) avec d’autres revendications et de son ancrage concret dans des organisations et des alliances.
Auteure : Elsa Beaulieu Bastien (Université d'Ottawa)
Le-s co-auteure-s : Janet Conway (Brock University)
3 - La généalogie de la souveraineté alimentaire au sein de la Marche mondiale des femmes
Cette communication vise à retracer l’émergence de la souveraineté alimentaire au sein de la Marche mondiale de femmes. Invisible avant 2006, la thématique est adoptée cette année-là lors de la 6e Rencontre internationale de la Marche à Lima. L’année suivante, la Marche se positionne de manière visible dans l’arène internationale en participant à l’organisation du Forum international Nyéléni sur la souveraineté alimentaire, sur l'invitation de La Via Campesina. Cependant, les enjeux concrets que ce thème recouvre sont déjà présents dans la Marche, à surtout à l’échelle locale, principalement au Sud, bien avant Nyéléni. En effet, au-delà de l'alliance politique avec La Via Campesina à différentes échelles, l’histoire de l’incorporation progressive de la souveraineté alimentaire comme priorité politique au sein de la Marche est le résultat de deux mouvements distincts : d’une part des militantes actives à l’échelle internationale proposent ce thème pour ouvrir un espace de visibilité à plusieurs luttes locales jusqu’ici relativement invisibles au sein de la Marche; d’autre part ce sont des militantes aux échelles nationale et locale qui, se reconnaissant dans cette thématique ou souhaitant se solidariser et s’articuler aux luttes d’autres femmes, vont travailler activement à son appropriation dans leur localité ou pays.
Auteure : Alexa Conradi (Fédération des femmes du Québec)
4 - Les actions mondiales de 2015 : mise en contexte
Cette communication vise à présenter les actions mondiales de 2015 de la Marche mondiale des femmes et à mettre en contexte la thématique de 2015 « Corps et Territoires ». D’où vient-elle ? qu’est-ce qu’elle recouvre au sein de la Marche ? Comment se traduit-elle au Québec ? Quels seront les enjeux abordés au cours de ces actions et comment cette thématique structure-t-elle les débats au sein de la coordination nationale ? Plus généralement, jusqu’où ces actions participent-elles à la transformation du féminisme et à la construction de nouvelles solidarités pour le mouvement des femmes au Québec ?