Détail ::::::
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Titre : Séance 2 - Femmes rurales et émancipation : des défis de production
Résumé : -

Auteure : CHARLOTTE BELLA MBESSA (ministere de l'education)
Le-s co-auteure-s : herve toussaint ONDOUA (Université de Yaoundé 1)
1 - L'Afrique et la question de l'égalité entre les genres et la répartition de la terre: lecture de quelques extraits des textes africains
L’inégalité foncière entre les genres en Afrique est-elle une réalité? Cette interrogation présuppose que les questions foncières entre les genres en Afrique sont inégales. Pour s’en convaincre, suivons l’analyse que fait la coordinatrice du REFACOF (Réseau des Femmes Africaines des Communautés). Selon sa coordinatrice, « en milieu rural, le foncier est géré par la coutume. La femme quand elle naît, est destinée à aller vivre ailleurs. Elle ne peut utiliser les terres familiales que lorsqu’elle ne se marie pas ». Cette logique est renforcée par une certaine vision africaine. En effet, dans cette vision, la femme africaine n’a pas droit au titre foncier. Les chiffres de l’institut national de la statistique pour l’année 2010 indiquent que les femmes représentent 52 pourcent de 20 millions d’habitants du Cameroun. Quoique les femmes produisent 80 pour cent des besoins alimentaires du Cameroun selon le ministère de l’agriculture et du développement rural, elles possèdent seulement deux pour cent des terres, précisent les statistiques de 2011 du réseau pour l’égalité entre les sexes. Un tel constat nous amené à nous interroger : qu’est-ce-qui explique cette situation inégalitaire entre les hommes et les femmes au sujet de la terre ? Pourquoi l’héritage foncier est-il problématique lorsqu’il s’agit des femmes ?
Auteure : Nadeige Laure Ngo Nlend (Université de Douala)
Le-s co-auteure-s : Rose Angeline Abissi (Université de Douala)
2 - Les organisations de productrices face au défi de l'émancipation foncière de la femme rurale au Cameroun
La présente étude soulève le problème de la cohérence d’une politique publique de professionnalisation des activités agricoles en milieu rural camerounais, déployée en direction des femmes dans un contexte réfractaire à leur accès à la propriété foncière. Des enquêtes, observations et relevés statistiques menés auprès de quatre organisations de productrices en région forestière du Cameroun, ont permis d’ouvrir la réflexion sur des aspects, nouveaux ou anciens de la problématique foncière pouvant être reliés à l’introduction de l’entreprenariat agraire chez les femmes camerounaises. La question s’est posée de savoir si l’entreprenariat agraire féminin était lié au déclenchement de la prise de conscience par la femme de ses droits fonciers et de son engagement à en faire usage. Par ailleurs, le train de mesures foncières en cours de reformulation au sein de l’administration camerounaise a-t-il partie liée avec une certaine pression exercée par les organisations de productrices ? Ou bien, a contrario, peut-on estimer que cette valorisation du travail féminin a accentué la réticence des communautés rurales à leur reconnaître un droit de propriété sur le patrimoine foncier ethnique ? Une telle problématique permettrait par ailleurs de postuler que la diversification des espaces de travail des femmes, favorisée par la création d’organisations de productrices, a provoqué une surenchère des terres cultivables, les mettant ainsi hors de la portée des femmes rurales financièrement démunies.
Auteure : YEDJOUKPAN RAMATA OUATTARA (CENTE SOLIDARITE INVESTIR DANS LES FILLES ET LES FEMMES)
3 - L'accès des femmes à la terre comme gage de sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire
Parler du genre et de l’agriculture requièrent également d’appuyer le développement des cultures vivrières, généralement aux mains des femmes. La recherche agricole s’intéresse encore trop peu à ce type d’exploitation, pourtant à la base de l’alimentation des familles. La présente étude, réalisée dans les régions de Niakaramadougou, Pétonkaha ( Nord) et Affalikro, Djangobo (Est) de la Côte d’Ivoire montre que, quel que soit l’aire ou sociale en Côte d’Ivoire, les femmes ont généralement des difficultés d’accès à la terre pour la réalisation de cultures vivrières et pour l’obtention de revenus durables. Le législateur ivoirien fournit des efforts en matière de protection des droits des femmes en général. Mais diverses raisons, les y empêchent dont le poids des traditions, le manque de moyens financiers et matériels, la dépendance des femmes vis-à-vis de leur mari, un calendrier des tâches surchargé au quotidien, la pénibilité du travail de la terre, l’analphabétisme, la méconnaissance de leurs droits. Cette étude montre que le niveau d’études, le statut social de la femme, sa situation socioprofessionnelle, sont des facteurs déterminants dans la promotion de la femme en matière d’accès à la terre et de sécurité alimentaire. Ainsi, pour un changement des mentalités, des coutumes et attitudes à l’égard des femmes, il est souhaitable de faire de : - Formation/renforcement des capacités - Information - Sensibilisation - Plaidoyer
Auteure : leila rajhi (AFTURD)
Le-s co-auteure-s : salwa kennou (Tunisie)
4 - L'économie sociale et solidaire: facteur de changement et d'émancipation des femmes rurales.
Le système économique mondial ne cesse de se globaliser. Cependant, ce système économique libéral a décelé plusieurs inégalités dont les femmes sont les premières victimes (70% des personnes vivant en extrême pauvreté sont des femmes). En Tunisie, le modèle de développement a engendré des inégalités de genre avec un taux de chômage pour les femmes estimé à 23% en 2013 contre 13.3% chez les hommes. Pour les diplômés universitaires, le chômage touche 23.1% des hommes et 43.5% des femmes. Pour contrarier cette situation, un projet d’économie sociale et solidaire (ESS) a été monté au parc National d’El Feija au gouvernorat de Jendouba de la Tunisie dans un objectif d’autonomisation économique des femmes de ce milieu. Le projet a touché 26 femmes et visait les objectifs spécifiques suivants conformément aux principes de l’ESS Renforcer la confiance en soi et l’esprit solidaire chez les femmes, Organiser les femmes en structures formelles, Développer et renforcer leurs savoir faire techniques pour améliorer la rentabilité et la durabilité de leurs projets. L’évaluation des retombées de ce projet d’ESS sur la cible sont, d’après les premiers résultats, bien encourageants. Ainsi, les activités économiques des femmes ont été améliorées et les objectifs de confiance en soi et d’autonomisation sont relativement atteints. Les femmes ont pu diversifier leurs produits et ont pu chercher des débouchés extérieurs pour leur commercialisation. D’un autre coté, la participation de ces femmes à la vie politique a été améliorée par leurs inscriptions pour les élections. En outre, elles se sont organisées en une structure formelle : création de l’association « Femmes d’El Feija pour le Développement». La réussite de ce projet dans l’empowerment de ces femmes pourrait nous fournir des éclairages sur le potentiel de l’ESS comme initiative permettant d’atteindre des objectifs féministes tels que l’autonomisation des femmes, l’égalité de genre, etc.