Détail ::::::
Animatrice : Nancy Guberman (Action cancer du sein)
Titre : Santé, féminisme et justice sociale - Séance 2 - Développement, immigration et accès aux services de santé
Résumé : -

Auteure : Jonathan kuntz (Université de Sherbrooke)
1 - Politiques d’ajustement structurel, obligations internationales et accès à la santé : qu’en est-il des droits des femmes?
L’objet de cette présentation est de comprendre les liens qui existent entre les obligations internationales d’un État vis-à-vis d’une institution internationale et les réformes économico-politiques affectant les droits des femmes ainsi que leur santé. L’intégration de plus en plus pressante à la communauté internationale et aux différents systèmes économiques et politiques impose aux États demandeurs d’adopter toute une série de normes et de politiques sous la forme d’ajustement structurel ou de conditions : c’est ainsi que nous pouvons prendre en exemple les conditions d’intégration de l’Union européenne ou de financement du FMI et de la Banque Mondiale. Ces normes peuvent être tant au plan des droits humains et démocratiques, procédure première pour demander l’intégration au sein de l’Union européenne, qu’au plan de l’ouverture du marché économique ou de la gestion des finances publiques comme le demandent les Organisation Internationales Économiques et Financières. Ces ajustements politiques et financiers, qui sont majoritairement inconnus de la population, n’en demeurent pas moins un des principaux vecteurs des impacts de la mondialisation dans les communautés locales et, par le biais de ces vecteurs, les femmes sont souvent les premières atteintes. N’étant que rarement ouvertement ciblées, à cause de leur rôle dans la société et leur maitrise des moyens économiques, elles sont néanmoins les premières à voir leurs conditions sociales sanitaires économiques changer à la suite de ces ententes internationales. Notre présentation porte sur les conséquences des obligations et des politiques européennes, du FMI et du Groupe Banque Mondiale sur les droits et la santé des femmes. Nous terminerons en nous concentrant sur les améliorations envisagées pour une santé des femmes accrue et une réelle effectivité aux normes juridiques les protégeant.
Auteure : Maïmouna Ndoye (AFARD)
2 - Dé-connexions entre savoir féministe et pratique du développement : leçons apprises à partir de l'intégration du genre dans le domaine de la santé au Sénégal
La problématique de l’apport du savoir féministe dans la pratique du développement se pose en des termes différents selon le contexte socio culturel et politique dans lequel on se trouve. Au Sénégal, les attitudes dominantes vis-à-vis du féminisme peinent encore à le positionner comme un champ de savoir utile dans la pratique du développement. Comme dans beaucoup de pays africains, le terme genre a meilleure presse que le féminisme qui, trop souvent, soulève l’épineuse question de la perte d’identité des femmes devant un référentiel occidental importé. Ainsi, le genre est presque devenu un « buzzword » dans un contexte international où sa prise en compte comme approche est devenue incontournable. Mais peut-on dissocier le genre du féminisme ? L’apport du genre sur le terrain peut –il se passer du savoir féministe ? Ma réflexion analyse les implications pratiques des attitudes envers la production féministe sur les tentatives d’intégration du genre dans le domaine de la santé au Sénégal. Elle s’inspire de mon expérience en tant que féministe, travaillant comme conseillère genre dans une ONG, après un long parcours de recherche et d’enseignement sur les questions de genre. De l’académie à l’action, j’ai pu constater entre autres qu’il y a un très faible recours à la production théorique sur le genre, a fortiori lorsqu’elle s’assume féministe. Ce qui réduit le genre à des généralités sur ses concepts, théories et outils de base. Ceci, sans cet engagement militant qui caractérise le féminisme, mais aussi, sans cet effort nécessaire d’analyser les répercussions du genre dans chaque domaine de la vie, y compris la santé. Il est central aujourd’hui, de réfléchir aux contraintes que pose l’articulation entre la réflexion féministe et l’opérationnalisation du genre dans le domaine de la santé au Sénégal et de proposer des solutions.
Auteure : Bilkis Vissandjee (Université de Montréal)
Le-s co-auteure-s : Karine Bates (Université de Montréal); François VIALLA (Université de Montpellier)
3 - Immigration, droit à la justice et d’accès à la santé : perspectives selon les questions de genre et de justice sociale
Bilkis VISSANDJÉE (Université de Montréal) bilkis.vissandjee@umontreal.ca Karine BATES (Université de Montréal) karine.bates@umontreal.ca François VIALLA (Université de Montpellier) f.vialla@gmail.com Jonathan KUNTZ (Université de Sherbrooke) jonathan.kuntz@usherbrooke.ca Donner des soins de qualité à tous et à toutes, se donner les moyens pour le faire, exige des stratégies et des pratiques fondées sur une série d’assises, notamment sur la reconnaissance de l’influence de déterminants multiples pour une condition donnée, sur l’examen des capacités à établir des rapports égalitaires et sur la reconnaissance de la complexité à l’établissement de ces derniers. Une réflexion est proposée sur les défis associés au droit à l’accès à des soins de qualité dans une perspective de justice sociale pour les personnes en situation d’immigration. La discussion portera sur les complexités de prise en compte de l’interaction de diverses influences lorsqu’il s’agit d’arrimer la question de droit, des relations de genre et de justice sociale à celle de l’accès aux services et soins de santé. L’accès à la santé pose des défis similaires à ceux de l’accès à la justice : ils sont souvent tributaires d’une forme d’institutionnalisation imbriquée à des approches trop bureaucratiques, au contraire d’une approche holistique qui viserait à saisir les attentes des femmes et des hommes, dans leur trajectoire différenciée, requérant des soins et des services. La conclusion portera sur les recommandations quant à la reconnaissance de l’accès à des soins de santé, en tant que droit, par la mise en place d’un environnement où un dialogue et une reconnaissance seraient réalisés entre sujets (hommes et femmes) de droit et intervenants du système de santé.