Détail ::::::
Animatrice : Michèle Ferrand (CNRS)
Titre : Femmes, féminisme(s) et capitalisme - Séance 3 - Pratiques capitalistes et renégociations des rapports sociaux de sexe
Résumé : Deuxième animatrice : Dominique Tanguay

Auteure : Sophie Brière (Université Laval)
Le-s co-auteure-s : Hélène Lee-Gosselin (Université Laval); Nathalie Rinfrey (École Nationale de l'Administration Publique)
1 - « Impact de la présence des femmes sur la performance des conseils d'administration : pratiques d'organisations issues de différents secteurs de l'économie au Québec
La présentation porte sur une recherche réalisée depuis 2013 sur l’impact de la présence des femmes sur la performance de conseils d'administration d'organisations au Québec. Cette recherche vise à documenter, à travers les pratiques des conseils d’administration et le discours de certains de leurs membres stratégiques, certains éléments liés à l’impact de la présence des femmes sur la performance des conseils d’administration. Nous nous intéressons non seulement à la performance de l'organisation mais aussi à celle du CA et à ses pratiques. Au Québec en 2006, la Loi sur la modernisation des sociétés d’État a été adoptée; elle exigeait que certaines sociétés d'État à vocation économique atteignent la parité sur leur CA en 2011. Cette cible qui a été atteinte et il nous est apparu important d’en explorer les impacts tant pour les organisations parapubliques que pour les sociétés à capital action qui ne sont pas ainsi contraintes légalement. Des entrevues ont été réalisées avec des présidents de CA, des présidents de comité de gouvernance et des membres de CA siégeant sur vingtaine de conseils d'administration d'organisations comptant un pourcentage significatif de femmes sur le conseil. Cette présentation visera à présenter la recherche et ses résultats.
Auteure : Sophie Pochic (CNRS/EHESS/ENS)
2 - L'égalité femmes-hommes en pratiques dans une multinationale : les effets sélectifs du féminisme de marché
Si l’adoption des lois en faveur de l’égalité professionnelle et le rôle des « féministes d’Etat » ont fait l’objet de nombreuses études en France, leur mise en application et le rôle des « féministes du secteur privé » restent encore sous-exploré. A partir d’une monographie sur une multinationale de l’énergie ayant une maison-mère française, cette communication étudie l’évolution d’une politique d’égalité professionnelle depuis sa genèse. Elle montre d’abord comment, dans un contexte particulier de privatisation de cette entreprise publique, une alliance entre une poignée de syndicalistes et de femmes cadres, aidées par des expertes féministes, a permis la négociation d’un accord égalité offensif. Elle analyse ensuite la mise en pratique la rhétorique du « business case de l’égalité », au sens où les mesures managériales, en accord avec la logique néolibérale de profit et de restructurations, minorent les demandes syndicales et visent en priorité les intérêts des femmes cadres « à potentiel ». Cette entreprise, qui s’est construite une réputation de « championne de l’égalité », considère de fait les femmes non-cadres, et a fortiori celles des filiales étrangères, comme des enjeux non-stratégiques de l’égalité, alors même que leurs conditions de travail et de promotion se dégradent. Le « féminisme de marché » modifie donc les pratiques et priorités des politiques d’égalité, focalisées sur le haut des organigrammes, et contribue à la polarisation au sein du groupe des femmes.
Auteure : Isabel Boni (Centre Maurice Halbwachs)
3 - Penser les formes du capitalisme au prisme du genre. Difficultés et pistes théoriques, méthodologiques et empiriques
La communication tire une série d'enseignements théoriques et méthodologiques d’une recherche sur les régimes de genre dans le secteur du conseil en management. Elle prend pour objet les outils, qui permettent d’interroger et déconstruire l¹apparente neutralité de genre de certaines pratiques économiques capitalistes. Y sont analysés les obstacles et les points d’appui (théoriques et méthodologiques) spécifiques pour penser les formes de production du genre qui se jouent dans l’organisation des structures capitalistes et dans la gouvernance économique et financière des firmes. La démarche, ses difficultés et ses clés de succès sont illustrées à partir d’une première série de travaux sur les pratiques d’organisation du capital dans les firmes de conseil. Elle revient sur les méthodes pour recueillir des données sur l’organisation financière des firmes, leurs modes d’accès au capital, leurs principes de partage des profits, et sur les régimes de genre en vigueur, et pour construire un cadre d’analyse à partir de ces données.