Détail ::::::
Animatrice :  ()
Titre : Femmes, déplacements et travail: les rapports sociaux de pouvoir au prisme des mobilités des femmes en dehors de leurs foyers - Séance 3 - La marginalité et l’invisibilité des femmes au centre de l’observation des institutions
Résumé : -

Auteure : Oumou Kouyaté (Université Felix Houphouet Boigny)
1 - L’invisibilité médiatique des Ivoiriennes, déplacées internes de guerres lors de conflits socio-politiques de 2002 et 2011.
Les vagues de violences occasionnées par la crise de Septembre 2002, et celle d’après les élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire, ont entrainé un déplacement massif de populations, aussi bien à l’extérieure qu’à l’intérieure du pays. Les populations déplacées internes se sont réinstallées dans les régions moins affectées par les violences. Cette masse de populations déplacées internes comportait 52% de femmes pendant la crise de Septembre de 2002. Cependant, malgré cette importance numérique des femmes dans cette population, les actions de ces dernières sont moins perçues dans les médias. Les raisons de cette invisibilité médiatique des femmes déplacées internes, liées à des facteurs culturels, à la précarité de leur condition et au mode de fonctionnement des médias, constitueront donc la substance de notre intervention.
Auteure : naima regradj (utrpp Université Paris 13)
2 - « Entre genre et race. Déplacement des lignes théoriques dans les prises en charge éducatives des enfants « incasables » en France en rapport avec les professionnelles construites comme « hors normes » ».
Cette intervention s’inscrit dans le champ de la psychologie sociale clinique et porte sur le lien entre « l’errance institutionnelle » des enfants dits « incasables » (ayant mis en « échec » tous dispositifs classiques) placés à l’hôtel et la trajectoire professionnelle des éducatrices intérimaires chargées de les accompagner. La situation analysée concerne l’accompagnement éducatif d’une enfant dit « incasable » en Prise En Charge (PEC) Hôtelière. Agée de 12 ans, mesurant 1m80 pour 85 kilos, elle est française originaire de la Cote d’Ivoire. Histoire complexe, elle a été placée à travers toute la France depuis ses 6 ans, dans différents dispositifs. L’équipe chargée de l’accompagner était constituée de 3 éducatrices spécialisées (Maghrébine, Africaine, et métisse- Italo Antillaise). Le fait que seules des femmes intervenaient dans cette PEC était une volonté d’une précédente réfèrente de l’Aide Sociale à l’Enfance. En partant de cette situation spécifique, je souhaiterai aborder deux constats : 1/ La protection de l’enfance dont la mission est d’assurer la stabilité des enfants, produit de manière paradoxale leur instabilité tout en les catégorisant « d’incasables ». 2/ Pourquoi cette enfant doit-elle être prise en charge par des professionnelles « hors institution », femmes et racisées, elles-mêmes en situation d’altérisation dans la société ? A partir de ces deux points, je prendrais en compte la double mobilité (enfants et professionnelles) pour réfléchir sur la manière dont l’institution produit des formes de marginalisation. Au travers de la problématique de l’intersectionnalité genre/race, je tenterai de questionner le travail social comme lieu de production de marginalité et d’instabilité sociale.