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Animatrice : Adrien Rannaud (Université Laval)
Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 2 - Les ambivalences de la maternité
Résumé : -

Auteure : Ariane Gibeau (Université du Québec à Montréal)
1 - Les mères extrêmes et la loi dans le roman québécois des femmes des années 1950
Dans Le Nom de la Mère, Lori Saint-Martin avance qu’avant les années 1980, la littérature québécoise compte peu de récits narrés du point de vue d’un personnage de mère. Plusieurs romans de la décennie 1950 (période souvent évacuée des recherches littéraires féministes) proposent pourtant des figures maternelles complexes et, surtout, focalisatrices. Mère célibataire, mère porteuse, mère avorteuse : ces personnages ont en commun de défier consciemment la loi et de repousser les limites du texte. Je souhaite étudier ces voix de mères « extrêmes » en me penchant sur quelques textes oubliés de l’histoire littéraire (Isabelle de Frêneuse [1950] de Charlotte Savary ; Mademoiselle et son fils [1956] d’Olivette Lamontagne ; Une femme [1957] de Lucile Vallières) et plus particulièrement sur L’Héritier (1951) de Simone Bussières. Il s’agira d’étudier la trame narrative tragique, voire caricaturale de ce dernier roman (une jeune femme célibataire qui meurt de maladie nerveuse après avoir donné naissance à un enfant handicapé dans le cadre d’un pacte abusif et illégal avec un jeune homme qui a refusé de l’épouser et dont elle est toujours éperdument amoureuse…) et de montrer qu’à travers une intrigue invraisemblable, excessive, émergent une violence sourde et une importante colère. Partant, il s’agira d’explorer les manières dont l’expérience de la maternité conduit à un refus « des lois des hommes qui égorgent les femmes » (Lamontagne 1956, 148) et annonce, dans une certaine mesure, les bouleversements qui secoueront la fiction des femmes dans les décennies 1960 et 1970.
Auteure : Marie-Eve Muller (Université Laval)
2 - Refuser la maternité, c’est refuser la féminité : étude des discours sur la nullipare dans La lune dans un HLM et dans Un léger désir de rouge
Les protagonistes de La lune dans un HLM de Marie-Sissi Labrèche et d’Un léger désir de rouge d’Hélène Lépine signalent dans les romans qu’elles ne veulent pas d’enfant. Ces affirmations se font enrober par les trois personnages d’un discours reposant sur leur incapacité à avoir des enfants, liée à leur maladie (mentale pour deux, physique pour une). Malgré leurs prises de parole et leur maladie, elles jouent toutes un certain rôle de mère adoptive auprès d’un membre de leur famille et auprès d’enfants qui ne sont pas les leurs. Qu’est-ce qui fait que ces personnages, dans la logique de leur propre récit, n’arrivent pas à respecter leur désir de rester nullipare, pour reprendre le terme de Jane Sautière ? Par une étude des discours des personnages principaux et des personnages secondaires sur la maternité et la féminité, nous tenterons de comprendre comment les deux concepts sont indissociables dans les univers fictifs et comment les personnages deviennent mères malgré elles.
Auteure : Lori Saint-Martin (Université du Québec à Montréal)
3 - Noms de mères, nom de filles : le rapport mère-fille dans la littérature québécoise du XXIe siècle
Qu’en est-il du rapport mère-fille dans la littérature québécoise immédiatement contemporaine ? Les enjeux sont-ils les mêmes que ceux décrits dans Le Nom de la Mère. Mères, filles et écriture dans la littérature québécoise au féminin, publié en 1999 ? Chaque génération de femmes doit-elle repasser par les mêmes questionnements ou les discours ont-ils évolué au rythme des changements dans la vie des femmes ? Les formes textuelles qui disent cette relation se sont-elles renouvelées, et comment ? Autant de questions qui seront abordées par l’évocation d’oeuvres toutes récentes.