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Animatrice : Lori Saint-Martin (Université du Québec à Montréal)
Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 4 - Jeanne Lapointe : héritage et filiation
Résumé : -

Auteure : Mylène Bédard (Université de Montréal)
1 - La relation entre Jeanne Lapointe et Judith Jasmin comme point de départ d’une réflexion sur l’amitié féminine
Dans cette communication, je propose d’analyser l’amitié entre deux pionnières de l’histoire culturelle et littéraire du Québec, soit celle de Jeanne Lapointe et Judith Jasmin. À partir de leur correspondance, des textes qu’elles ont laissés à la postérité et de témoignages, j’étudierai, dans un premier temps, la nature et les conditions de leur relation amicale, née au collège. L’amitié qui se tisse entre ces femmes semble avoir favorisé l’accomplissement de leur trajectoire personnelle, mais également des avancées plus collectives. À titre de premières femmes à imposer leur marque dans des domaines réservés aux hommes, l’université pour l’une et l’information pour l’autre, elles ont joué un rôle de mentor et entraîné d’autres femmes dans leur sillon, montrant ainsi que l’exceptionnalité n’est pas toujours synonyme d’isolement. Dans cette perspective, je me pencherai, dans un second temps, sur les dimensions d’engagement et de responsabilité de l’amitié qui se manifestent, chez ces deux femmes, par le principe de transmission, c’est-à-dire par le désir que « leur travail de transformation passe non pas seulement comme un acquis, mais comme une dynamique à prolonger » (Collin, 2014 : 94). Cette réflexion vise à mesurer l’ampleur de leur héritage et à saisir comment l’amitié entre femmes constitue une modalité particulière de négociation et de résistance par rapport à l’idéologie dominante.
Auteure : Marie-Andrée Beaudet (CRILCQ)
2 - De quelques lettres échangées entre Jeanne Lapointe, Gabrielle Roy et Gaston Miron à la fin des années 1950
Dans cette intervention, il s’agira principalement de mettre en lumière la figure d’intellectuelle engagée, au sens où l’a définie l’affaire Dreyfus, qu’endosse Jeanne Lapointe bien avant sa participation à la Commission Parent. Ses échanges épistolaires avec Gaston Miron autour de la « Déclaration des intellectuels canadiens de langue française », texte accompagnant une pétition en faveur de la démocratisation de l’enseignement et de la gratuité scolaire, ainsi que le refus opposé par Gabrielle Roy à la signature de cette même pétition seront au cœur d’une réflexion sur la pensée et l’influence de Jeanne Lapointe.