Détail ::::::
Animatrice : Mylène Bédard (Université de Montréal)
Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 5 - L’indiscipline des études féministes
Résumé : -

Auteure : Louis-Paul Willis (UQAT)
1 - Laura Mulvey, 40 ans plus tard : Repenser le plaisir visuel dans la théorie contemporaine du cinéma
Paru à l’automne 1975, l’article « Visual Pleasure and Narrative Cinema » en demeure un des plus cités et controversés au sein des études cinématographiques. Critiqué à la fois par les détracteurs de l’approche psychanalytique et par les féministes, ce texte continue néanmoins de teinter les réflexions sur la représentation médiatique de la femme, et ce malgré ses assises puisant dans certaines méconceptions ayant marqué la pensée lacanienne du cinéma à l’époque. La communication proposée voudra donc relire la pensée mulveyenne à la lumière d’une psychanalyse contemporaine du cinéma, qui prend en compte les notions de désir, de fantasme, de jouissance et du regard comme objet a. En travaillant avec des discours filmiques contemporains se distanciant de la représentation fantasmatique typique de la féminité (La vie d’Adèle [Kechiche, 2013] ; Shame [McQueen, 2011]), il sera possible de repenser la notion de plaisir visuel pour la réarticuler autour de celle d’une jouissance scopique.
Auteure : Nathanaël Wadbled (Université de Lorraine / UQÀM / Université Paris 8)
2 - Le corps du récit. L’apport d’une géocritique de la sexualité
Depuis les années 2000 s’est largement développée une géocritique attentive aux dimensions spatiales des textes littéraires. Cette communication se propose de montrer ce qu’une telle approche géographique de la littérature apporte au champ des études féministes. Indépendamment de sa pertinence pour analyser un texte ou réciproquement pour construire une géographie, cette approche a des conséquences épistémologiques qui peuvent paraitre centrales dans une perspective féministe. L’insistance sur les significations et les agencements spatiaux plutôt que sur l’articulation chronologique d’une histoire indique une façon de considérer le récit non plus de manière temporelle, mais spatiale. Or la préséance traditionnelle du récit temporel peut être considérée comme l’une des formes de celle de l’identité subjective ou de l’esprit associé au masculin sur le corps auquel est renvoyé le féminin. Cette situation apparait particulièrement lorsque ce récit est celui de la construction de l’identité du narrateur ou d’un personnage. En contestant par l’exemple le fait que la seule manière de se raconter serait psychique, est contesté un ordre symbolique où la différence entre homme et femmes est entre autres spécifiée comme l’attachement du premier à une subjectivité pure et de la seconde à une corporéité ayant besoin de trouver sa signification hors d’elle-même dans la subjectivité du masculin.