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Animatrice : Marie-Andrée Bergeron (University of Calgary)
Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 6 - Théâtre d’hier, théâtre de demain
Résumé : -

Auteure : Catherine Cyr (UQAM)
1 - Le féminin : espace d’énonciation et outil d’analyse dramatique
« Le féminin est un post-féminisme » écrit Frédéric Regard dans un essai consacré à Virginia Woolf. Ce « post » ne renie rien, mais érige, à partir de diverses constructions discursives, un nouvel espace d’énonciation. À l’opposé des constructions psychanalytiques fondant le féminin sur le manque, cet espace énonciatif s’affirme à travers deux déterminants : l’excès et l’inassignable. Entendu comme « performativité langagière », le féminin se pose, dans l’écriture de fiction, comme force imageante excessive, dissolvant les frontières entre des territoires discursifs éloignés. À ce mouvement de débordement se rattache, indissociable, l’idée d’une impossible fixité du féminin, d’une fuite en avant permanente qui, à travers les discours et les images qu’il construit, le rendent inassignable. Empruntant à Derrida le néologisme d’im-posture, Regard fait du féminin une opérativité poétique qui « s’érigeant dans le jeu complexe des figures de l’instabilité et de l’impureté invente une différence autre » (p. 83). Dans le cadre de cette communication, je démontrerai comment cette conceptualisation du féminin peut se révéler éclairante pour l’analyse dramatique. À partir d’exemples tirés de pièces récentes de Dominick Parenteau-Lebeuf (La Petite scrap) et Evelyne de la Chenelière (L’Imposture ; Lumières, lumières, lumières), je montrerai en quoi ce « féminin post-féministe », permet d’opérer une saisie composite de la fable dramatique et de ses poétiques d’énonciation.
Auteure : Marie-Claude Garneau (Université du Québec à Montréal)
2 - L’intertextualité dans la dramaturgie féministe : construction d’une « génération symbolique » de femmes à travers l’imaginaire féministe, de Violette Leduc à Jovette Marchessault
Dans le cadre de cette communication, je souhaite partager ma démarche de recherche création, centrée autour de l’écriture d’un texte dramatique qui emprunte aux principes de la réécriture intertextuelle. Mon projet utilise comme point de départ certaines scènes de la pièce de théâtre La terre est trop courte, Violette Leduc (1982) de l’auteure féministe québécoise Jovette Marchessault, pour ouvrir un dialogue théâtral entre ce que Françoise Collin appelle une « génération symbolique de femmes », c’est-à-dire entre Violette Leduc, Jovette Marchessault et moi-même. À travers une nouvelle oeuvre intertextuelle, je propose une posture féministe qui dépasse la notion de « féminin » et qui permet la transmission d’un imaginaire féministe à travers des oeuvres de femmes écrivaines. Au confluent de la théorie et de la pratique, cette recherche création se veut également une réflexion autopoïétique sur l’apport des théories féministes contemporaines dans ma propre écriture dramatique.