Détail ::::::
Animatrice : Ariane Gibeau (Université du Québec à Montréal)
Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 7 - Intersectionnalité : de la sociologie à l’étude des arts
Résumé : -

Auteure : Joëlle Rouleau (Université de Montréal)
1 - Cinéma québécois et normativité ; une approche intersectionnelle de l'articulation de la représentation des différences à travers une recherche-création
Cette communication réfléchit aux enjeux méthodologiques que pose l’adaptation d’une approche intersectionnelle dans une recherche-création en études cinématographiques. En premier lieu, elle s’intéresse à « comment faire » une étude intersectionnelle cinématographique, notamment en cherchant à sortir des cadres d’analyse généralement mis en place en sociologie (Bilge, 2010). En second lieu, cette communication sera un lieu d’échange sur les questions et problématiques qui ont émergé au courant du projet doctoral de l’auteure. Dans ce contexte, cette dernière s’adonnera à une réflexion sur le concept d’identité, plus spécifiquement par le biais d’une analyse créative de la représentation des différences au cinéma québécois. Au final, nous tenterons de mieux comprendre l’analyse intersectionnelle qui, bien que répondant à certains problèmes de fixité et de généralisation trop souvent mis de l’avant dans les études cinématographiques, génère aussi certains enjeux méthodologiques quant à son application.
Auteure : Tara Chanady (université de montréal)
2 - Une approche intersectionnelle pour théoriser les enjeux des représentations lesbiennes à la télévision populaire anglo-saxonne et québécoise
Cette communication questionne les enjeux identitaires liés à la popularité grandissante des représentations lesbiennes à la télévision grand public. Tout en reconnaissant l’importance que peut avoir cette visibilité, il est important de critiquer la nature de certaines représentations qui s’insèrent dans un cadre hétéronormatif (Butler, 2003) et qui ne représentent pas la diversité sexuelle, sociale et culturelle des communautés lesbiennes. L’approche intersectionnelle devient dans le cadre de ce travail doctoral un outil important pour théoriser les enjeux amenés par la popularisation d’une certaine figure lesbienne auprès d’un grand public. Porter une attention aux problèmes soulevés par une grille de lecture intersectionnelle est nécessaire pour aller au-delà d’une analyse positive de l’augmentation des représentations LGBTQ et questionner comment certaines identités sont produites, consommées et régulées au sein de la culture populaire alors que d’autres se trouvent absentes du petit écran.
Auteure : Joana Joachim (Université de Montréal)
3 - Effacées : représentations de femmes noires en histoire de l’art
La représentation de femmes de race blanche en histoire de l’art est un sujet fortement discuté dans le domaine (Nochlin, 1973 ; Kelly-Gadol, 1977 ; Bourde et Garrad 1982/1992 ; Scott, 1986 ; Gouma-Peterson et Mathews, 1987 ; Battersby 1989 ; Maria Robinson, 2001 ; Bordo, 2003 ; Ioannou and Maria Kyriakidou, 2014). Ce genre de représentations occupe une place centrale dans ce que l’on nomme « le grand art ». Par contre, rares sont les discussions examinant précisément la présence de femmes noires en histoire de l’art et les implications sociohistoriques d’un tel effacement. Je propose d’aborder le sujet de la représentation du corps de la femme noire dans des espaces artistiques – tels que sont les musées et les galeries d’art. J’aborderai cette thématique d’un point de vue féministe intersectionnel et postcolonialiste tout en jetant un regard prospectif sur le sujet à travers l’afrofuturisme.