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Titre : Nouvelles perspectives en études féministes : littérature, cinéma, théâtre - Séance 8 - Quand les médias s’en mêlent
Résumé : -

Auteure : Marie-Andrée Bergeron (University of Calgary)
1 - Dialogues entre réformistes et radicales 2.0
Je souhaite ici faire l’analyse de deux textes. Le premier est la lettre publiée sur le blogue jesuisfeministe.com le 9 avril 2014 intitulée « Une réponse radicale au féminisme pop » où apparaissent les noms de 60 signataires. Cette lettre est une réponse à la conception du féminisme que mettrait de l’avant Léa Clermont-Dion dans son livre La revanche des moches (2014) et à travers ses différentes prises de paroles publiques. Les radicales de 2014, c’est le courant duquel elles se réclament, lui reprochent de construire une persona contradictoire entre les valeurs féministes qu’elle défend et sa manière de se présenter et de porter ce discours. Dans une réponse publiée le même jour, cependant, Léa Clermont-Dion s’en défend bien, affirmant dans la foulée que l’étiquette « féministe » lui a été bien plus attribuée qu’elle ne l’a prise elle-même. Cette communication procède d’une hypothèse : à travers les débats qui ont actuellement cours dans le champ médiatique persistent les traits discursifs d’une sous-culture féministe formée bien avant la période à l’étude, soit dès les années 1960. Ces deux textes révèleraient la perpétuation de certaines stratégies rhétoriques que l’on note déjà dans les textes des féministes réformistes des années 1960, et dans ceux des radicales du Front de libération des femmes (1969), notamment. Ainsi, il s’agira de questionner les textes en fonction du maintien de ces stratégies rhétoriques et interdiscursives, dont la présence signale la conscience d’un héritage culturel et politique.
Auteure : Marie-José des Rivières (Université Laval)
Le-s co-auteure-s : Dominique Tanguay (Université Laval)
2 - Recherches féministes. Nouvelles perspectives littéraires
En 1988, naît à l’Université Laval une revue scientifique francophone à visée interdisciplinaire : Recherches féministes. La communication présentera le chemin parcouru par la revue en ce qui a trait à la littérature. Ainsi, dans Représentations (1994), les chercheuses remettaient en cause les stéréotypes et proposaient de nouvelles images littéraires, des contre-représentations proches des aspirations des femmes. Encore, en 2011, Sans livres mais pas sans lettres ouvre un nouveau domaine à l’histoire littéraire des femmes ; on y découvre entre autres des stratégies épistolaires, des paroles dissidentes, le féminisme problématique d’un roman d’amour populaire, la spécificité des attachées de presse. La communication interrogera aussi ces nouvelles perspectives littéraires dans des parutions portant sur l’Humour (2012), les Femmes extrêmes (2014) ou les Pratiques artistiques féministes (2015) ; on y étudie Nelly Arcan, les bédéistes, Hunger Games ou les défis de la clown. L’importante section des comptes rendus, qui diffuse les essais féministes, sera aussi considérée par notre analyse.
Auteure : Adrien Rannaud (Université Laval)
3 - De l’histoire du magazine à l’histoire des femmes au Québec : posture médiatique et modèles féminins dans Jovette et Véro
En 1919, Madeleine (pseudonyme de Anne-Marie Gleason) fondait un des premiers magazines modernes au Québec, La Revue moderne. Sous le couvert d’ambitions politiques et littéraires, la directrice désirait faire de sa revue une actrice de la vie culturelle canadienne-française, mais aussi une accompagnatrice pour les lectrices. Des recherches récentes ont permis de mettre en lumière un entrelacement de la posture féminine médiatique de Madeleine et des enjeux discursifs du magazine. Ainsi, La Revue moderne est associée à une persona et porte dans l’espace médiatique une parole singulière qui tend à modéliser une façon d’être au féminin. Dans la foulée de ces analyses, au croisement des études sur les pratiques de grande consommation et la culture médiatique, de l’histoire littéraire et culturelle, ainsi que des recherches sur le genre (gender), la communication entend poser les premiers jalons d’un projet de recherche sur une histoire du magazine féminin au Québec. Plus particulièrement, nous traiterons des liens entre le magazine et la personnalité médiatico-culturelle à laquelle il est associé. Deux exemples appuieront la démonstration : Jovette, créé en 1942 par l’écrivaine et journaliste Jovette Bernier ; et Véro, fondé par la présentatrice Véronique Cloutier en 2013. Dès le premier numéro, les deux magazines se font les porte-parole d’une image de « la femme moderne » à travers la posture de leur directrice. Constitutives d’une certaine culture médiatique au féminin, ces postures féminines seront abordées à travers le discours éditorial, la signature graphique et la rubricité des premiers numéros de Jovette et Véro.