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Titre : Un monde plus qu'humain : approches féministes en éthique animale et environnementale - Séance 2 - Animaux humains et non-humains: intersections des oppressions
Résumé : -

Auteure : Jonathan Fernandez (aucune)
1 - Spécisme, sexisme et racisme : l’égalité peut-elle s’arrêter aux frontières de l’humanité ?
Cet exposé vise à élargir les réflexions égalitaristes à la catégorie des animaux. Sur la base d'une enquête statistique effectuée dans le cadre d’un mémoire de Licence à l’université de Lausanne en 2009, il tente de faire le pont entre la critique radicale des rapports sociaux issue des analyses des féministes matérialistes et la question de notre rapport aux animaux. Cette recherche a pour but de comprendre si la discrimination sur la base du critère d'espèce, le spécisme, entretient des liens avec des formes de discriminations interhumaines, en l’occurrence le sexisme et le racisme. Les résultats de l'enquête mettent en évidence que le spécisme est une construction sociale, qui fait système, en interaction avec les classes de sexe, de race, dont il partage les fondements idéologiques, notamment la naturalisation des catégories. Ils tendent également à démontrer que le spécisme occupe une place essentielle dans les mécanismes discriminatoires en général et contribue fortement aux divisions sociales qui structurent et hiérarchisent la société dans son ensemble.
Auteure : Christiane Bailey (Université de Montréal)
2 - Critique écoféministe de la suprématie humaine
L'humanisme considère acceptable de mutiler, d'enfermer et de tuer certains individus vulnérables sans leur consentement simplement parce qu'ils n'appartiennent pas à notre groupe biologique. Bien que certaines féministes aient adhéré à cette forme d'humanisme-suprématiste, plusieurs féministes ont développé une théorie et une praxis antispéciste qui tient compte du fait que de nombreux animaux autrement qu'humains sont des individus dotés d'une vie subjective et intersubjective qui leur importe autant que nos vies nous importent à nous. Les approches féministes en éthique animale sont fondées sur le principe selon lequel la simple reconnaissance d'un être comme un individu vulnérable qui se soucie de ce qui lui arrive génère des responsabilités de ne pas lui faire du mal, de respecter sa volonté, mais aussi, dans certaines circonstances, d'en prendre soin (sans tomber dans le paternalisme). Je soutiendrai que la majorité des formes institutionalisées d'exploitation animale sont des privilèges que nous nous sommes injustement arrogés sur les autres animaux par la force, la violence, le droit, la religion et la tradition. Enfermer, mutiler et tuer des individus vulnérables sans leur consentement requiert des justifications fortes qui ne sont pas remplies par la vaste majorité de nos pratiques actuelles (élevages, abattoirs, laboratoires, zoos, cirques, etc.). Nous devons nous opposer à ces violences socialement acceptées en adoptant le véganisme comme pratique de « disempowerment », tout en développant collectivement de nouvelles façons de vivre avec les autres animaux qui soient non seulement plus durables, mais surtout plus justes et respectueuses envers les autres animaux qui partagent la planète avec nous.